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\'ase à libations.
un vase à libations, en argent doré, plein de vin de riz, qu’il pose sur la table devant la tablette commémorative.
Un autre mandarin de sixième classe se place alors devant la porte du milieu. Il est porteur d’une planchette jouant le rôle de carte visite, sur laquelle sont inscrits les noms de l’empereur régnant, des impératrices et du prince envoyé pour présider à la cérémonie ; il se met face à l’intérieur du temple et s’agenouille ; le prince fléchit aussi le genou ; un employé du Nei-woii-fou, porteur d’un flambeau allumé, vient se placer près d’eux dans la même posture ; le mandarin lit à haute voix ce qui est écrit sur la planchette, il la dépose sur la table qui est à la porte du temple, se remet à genoux et fait trois fois k'o-t'eou^ puis il se rend à la porte de l’Est,
E’n mandarin du Nei-wou-fou pénètre alors dans le temple avec deux tasses de vin et en fait l’offrande pendant que le prince fait de nouveau trois génuflexions et neuf fois /i’o-/’eo«. Le mandarin qui a apporté la planchette-carte de visite la reprend ensuite et se rend au four à holocaustes, accompagné d’un autre mandarin porteur d’une longue et étroite caisse contenant une pièce de soie. Tablette et pièce de soie sont incinérées, et le prince, ressortant par la porte de l’Ouest du portique, retourne à Pei-pe-ts’ouen avec ses gens et y prend un peu de repos avant de se remettre en route pour Péking.
Le mandarin qui a fait l’offrande du vin rentre dans le temple, fait trois génuflexions et trois fois li'o-t'eou^ puis il reprend la tablette commémorative et la remet dans l’alcôve, recommence trois fois ses prosternements et sort. On ferme les portes du milieu et de l’Ouest, celle de l’Est restant ouverte pour le service.
Les serviteurs portent ensuite au dehors tous les aliments qui ont été offerts aux mânes impériales et en font la distribution aux assistants.
La cérémonie est la même pour les quatre saisons, à cela près que, le vingt-neuvième jour de la douzième lune, on y ajoute l’incinération des fleurs en papier qui sont restées dans le temple toute l’année, et leur remplacement par de nouveaux bouquets.
AXN. G.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
En 1901, la première cérémonie de l’année a été faite, le 16 février, avec l’antorisation dn général ^ oyron. Les princes Chun-lcheng-kiunivang, frère de l’emperenr (1), Liou-kia-pei-lo (2), Yi-moiio-pei-tseu (3), Pouo-tche-kong (4), Tsai-tchouo-kong (5) et divers mandarins y assistaient.
Les tombeaux étant occupés par les Français et le matériel sous Scellés à Péking, le rite a été forcément écourté. Les princes ont fait une cérémonie collective devant la porte de Ta-hong-men; quelques génuflexions et k'o-l'eou ont été exécutés et on a incinéré en plein air le message impérial.
J’ai été invité, ainsi que le capitaine Delclos, à assister à cette cérémonie.
Le 4 avril de la même année, la confiance étant revenue à la suite de ce premier essai, une cérémonie plus complète a en lieu dans chaque
cimetière, mais une partie des olFrandes a été remplacée par des affusions de sable jaune ou rouge, suivant le rang du défunt.
Le matériel en usage pour les sacrifices se compose de vaisselle en or, argent, vermeil, cuivre et étain.
Lors de notre arrivée aux Si-ling, les mandarins chargés de la garde et de l’entretien des tombeaux avaient réussi à emporter et à dissimuler la plus grande partie des objets de valeur confiés à leurs soins. La majorité des bibelots en cloisonné, en jade ou en porcelaine, sont restés introuvables; je ne les ai, d’ailleurs, recherchés cpie bien mollement; quant à la vaisselle plate, ayant eu vent, le ii novembre ipoo, de l’existence, près de la porte Tong-k’eou-tseu-men, de caisses provenant des tombeaux, je m’y suis rendu avec quelques officiers et quelques soldats et, après avoir enfoncé quelques portes qu’on se refusait à m’ouvrir de bonne volonté, et bousculé quelques employés du Nei-wou-fou qui essayaient de s’opposer à mon entrée, j’ai mis la main sur près de 1.200 kilogrammes de vaisselle en argent et argent doré, plus de 6 kilogrammes d’or et près de 3.000 kilogrammes de cuivre que j’ai inventoriés, mis sous scellés et bonne garde et acheminés sur Péking. Ce matériel a été rendu à la Chine à la signature du traité de paix. On en trouvera l’inventaire un peu plus loin (Appendice Ij.
Le service doré était réservé pour les sacrifices aux JIounng-ti\ Houang-heou et Jlouang-kouei-fei ; l’argent servait pour les Kouei-fei et les princes, les autres se contentaient de cuivre et d’étain.
Les objets en jade, en bois précieux, en ivoire, en porcelaine ou en cloisonné ne servaient qu’à l’ornementation habituelle du temple ; c’étaient, pour la plupart, les bibelots favoris des empereurs et des impératrices; ils eussent dû être enfermés dans le cercueil de leur propriétaire ou incinérés au moment des funérailles, mais on les conservait à titre de souvenirs.
Pour les sacrifices de quinzaine, l’empereur ne députe pas d’envoyé extraordinaire. Ce sont les mandarins locaux qui, revêtus de leur robe de cérémonie, président au rite. Le cérémonial est le même qu’aux fêtes de saisons, mais est bien moins important : ainsi, par exemple, au lieu de tuer un bœuf et deux moulons, on n’offre que trois moutons. Au moment de l’offrande du lait, du vin et des fruits, la tablette commémorative n’est même pas sortie de son alcôve.
ANNALES DU MUSEE GUIMET
Aux jours anniversaires de mort, les cérémonies de saisons sont renouvelées pour les Houang-ti et les Ilouang-heou; les autres défunts ne se voient attribuer que la modeste cérémonie de quinzaine, sans toutefois qu’il y ait sacrifice de moutons, mais, pour tous indistinctement, à l’issue de la cérémonie, des lamas récitent des prières devant la porte du monument.
On trouvera plus loin (Appendice II), à titre de curiosité, la liste des anniversaires mortuaires de la dynastie des Ts’ing.
En terminant cette étude sur les tombeaux des Si-ling, qu’il me soit permis d’adresser mes affectueux remerciements au commandant Tellier et au docteur Vergues, dont les photographies ont singulièrement facilité ma tâche et ont, je l'espère, rendu moins fastidieuse cette longue et sèche énumération, et à l’adjudant Naudin, mon tout dévoué collaborateur.
Phénix.
(D'après une sculplure sur Ijois.)
APPENDICES
AI»PEM)1CK I