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Siasset namèh; traité de gouvernement, composé pour le sultan Melik Chah

Le traité de gouvernement, connu sous le nom de Srasset Namèh ou de Sier oul-Moulouk, a été écrit par Nizam oul- Moulk, vizir des sultans Seldjoucides Alp Arslan et Melik Châh, dans des circonstances particulièrement difficiles et

peu de temps avant sa mort tragique.

Les considérations générales intéressantes et les anecdotes historiques qu'il renferme m'ont déterminé à en publier aujourd’hui le texte, malgré le peu de correction de

tous les manuscrits que j'ai eus à ma disposition.

Le mémoire de Nizam oul-Moulk, écrit au courant de la plume, nous donne une idée exacte de la langue parlée en Perse à la fin du xr siècle de notre ère, et sauf quelques expressions tombées en désuétude, elle ne présente que de

légères différences avec le langage actuel.

Je me propose de faire, dans la traduction que je donnerai

de cet ouvrage, toutes les remarques nécessaires pour dis- O “1

siper certaines obscurités du texte, et je tâcherai de rétablir quelque ordre dans le récit des derniers chapitres, consacrés à l’histoire des révoltes des hérésiarques musulmans contre

l'autorité des khalifes Abbassides.

Les feuillets de ces différents chapitres ont été intervertis à dessein dans tous les manuscrits qu'il m'a été donné de consulter. Les principes religieux de certains copistes leur font une loi de ne pas transcrire les faits relatifs au déve-. loppement et aux succès de certaines hérésies, non plus que les faits et gestes des extravagants qui ont voulu se faire passer pour une incarnation de la divinité. Ces copistes, quand ils ne suppriment pas les textes, s'efforcent de les

rendre inintelligibles ”,

J'ai consulté trois manuserits pour cette édition du texte du Srasset Namèh. Le premier a été copié en 690 (1291) et fait partie de mon cabinet. Le second est celui du British Museum : il a été transcrit à Ahmedabâd en 1032 (1623), sur un exemplaire écrit à Ouroumyah en-564 (1168) pour l’'émir Hadjib Alp Djemal Eddin”, Le manuserit dont la

Bibliothèque de Berlin a bien voulu me donner communi-

1. Le qadi Tadj ouddin Abou Nasr Abdoul Wehbab Es-Sobky dit expressément dans son ouvrage intitulé ri) Jus 9 mil ss (Celui qui rend les bienfaits et qui exempte des châtiments divins), dans le chapitre qu’il consacre aux copistes, que ceux-ci doivent se refuser à transcrire tous les ouvrages ou tous les passages pouvant altérer la pureté de la foi,

2. Catalogue of the Persian manuscripts in the British Museum, by Ch. Rieu. Londres, 1881, tome II, pp. 444-446.

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