‹ Sibérie: notes de voyage et de séjour, 1902-1903Chapitre 30 sur 31 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

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A M. L. Bryner.

N0V8 partîmes de Tiutikha par une belle journée. Un peu au delà de la Tandza^ je pris congé de mes mineurs qui fauchaient à proximité de leur tente, et paraissaient fort heureux toujours de leur séjour dans cette vallée : je doute qu'ils fussent aussi heureux dans leur régiment avec un capitaine russe.

Après avoir passé deux fois la Tiutikha dont Teau était basse, nous fîmes halte près de la rivière pour déjeuner. Un ouvrier russe^ nommé Andréi, et Chia- Ouen-Haï nous suivaient avec les chevaux de bât. Andréi préparait un tour au Ghin^ois. Celui-ci n'avait qu'une veste bleue sur son pantalon bleu, il avait réservé sa chemise russe en cas de besoin et l'avait fixée sur le dos d'un cheval. Andréi, en route, la lai avait escamotée. Le Chinois la cherchait de tous cAtës : nous lui indiquions tantôt la cime des arbres et tantôt la rivière. A la fin, Andréi la lança en Tair, et en levant la tète le Chinois la vit descendre du ciel. 11 eut un geste d'effroi, comme devant un fait myst rieux, puis sourit d'un air entendu^ et alluma sa pip<

Nous dûmes faire halte à la grande phanza poi causer avec un entrepreneur coréen qui voulait fai:

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la route de Tiutikha, et des faucheurs coréens : l'un de ceux-ci, avec des traits réguliers, des pommettes roses et des cheveux à la vierge, rappelait de loin Cleo de Mérode, me dit M. Côs Russes connaissent Paris mieux que nous, de réputation et par photographies.

La nuit ne fut pas gaie : à l'embouchure de la Tiutikha, les moustiques pullulaient sous la tente niôme^ malgré la fumée du feu allumé tout à côté. Aussi nous étions debout à l'aurore. Vers sept heures parut au large le grand vapeur Rossiya que M. B. envo3'ait à notre rencontre; il devait nous conduire à la baie d'Olga où il faisait un chargement de bois. Malgré le vent debout, nous étions à Olga en moins de cinq heures, alors qu'il faut deux jours à cheval par la côte.

.Olga était un pays de connaissance; les Russes savent vraiment faire l'accueil le plus large et le plus cordial. Nous allâmes visiter les mines de fer de Clarkson, à quinze verstes, et ce fut encore une charmante journée, malgré la selle chinoise tout en bois qui m'échut. De la montagne des mines on découvrait d'un côté la baie de Vladimir, et de l'autre, au loin, celle d'Olga.

Le chargement de bois menaçant de durer une huitaine de ours, — il y avait 4,000 pièces dont beaucoup pesaient plus d'une tonne, — nous profitâmes d'une nouvelle occasion que nous procurait encore M. B. Un petit bateau russe, un garde-côtes en bois, i peine plus grand que VAvos, le Storge^ venait surveiller la pèche du poisson le long de la côte. Le capitaine Hoek, un vieil ami de M. B. nous prit i son bord, et ce fut un plaisir de causer anglais avec lui. Il y a trente ou quarante ans qu'il parcourt cette côte dont^ mieux que personne, il connaît les moindres récifs^ Il

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me donna ^d'utiles inrormations sur les minerais, notamment dans Ttle de Sakhaline.

Mais tout a une fin, et nous entrâmes dans le port de Vladivostok par une pluie battante ; le premier spectacle qui me frappa fut une flotte de cuirassés et de croiseurs : deux anglais, Glory et Alacrity; deux français, Bugeaud et Montcalm^ ce dernier avait conduit M. Loubet à Cronstadt; deux italiens, Vettor Pisani et un autre dont je ne vis pas le nom, et dix russes : Pùbieda (la victoire), Askold^ Bogatuir, Betvizane, etc., des noms légendaires. Le spectacle était imposant, mais la pluie ne me permit pas de le contempler longuement. Nous envoyâmes un Chinois chercher deux izvostchiks, et tandis que le jeune B. rentrait chez lui, j'allai d'abord à l'hôtel de Moscou chercher ma valise laissée là depuis près de trois mois et, trouvant cet hôtel encombré de marins, j'allai m'installer au Grand- Hôtel^ où il y avait plus de place.

A Vladivostok, j'appris plusieurs nouvelles très intéressantes, dont la principale était la nomination de l'animal Alexéieff au poste de gouverneur général des provinces orientales et de la Mandchourie. Mais ce poste était élevé au rang d'une vice-royauté. L'amiral était investi du pouvoir suprême et n'avait au-dessus de lui que le tzar lui-même. De la sorte s'opérait une immense simplification dans le gouvernement : toutes les affaires qui auparavant suivaient une filière interminable pour aller à Saint-Pétersbourg, et perdaient plusieurs années pour être réglées, faute de compétence, et grâce aux intrigues, allaient maintenant être réglées sur place. En outre l'amiral était connu pour son. impartialité et allait sans doute réparer le tort causé à Vladivostok par les faveurs faites à Port

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Arthur et à Dalny. D'ailleurs pour Dalny, ces faveurs n'avaient pas produit le résultat attendu; ce port, qui avait coûté plus de trente millions de roubles, ne justifiait pas une telle dépense. Vladivostok allait redevenir franc de douane, et déjà les affaires s'en ressentaient réellement. Ce port est, autant au moins que Port Arthur et Dalny, le débouché naturel des produits de la Mandchourie, et cette riche province doit être pour le moment le facteur principal de la prospérité de la côte sibérienne. La Corée y contribuera de son côté, car les Coréens, de race chinoise^ vivent naturellement en bonne intelligence avec les Chinois, et se soucient peu des Japonais qui voudraient diriger leurs affaires et écouler en Corée le trop-plein de leur population. Le malheur est que le Japonais paratt peu sympathique sur toute la côte asiatique.

Les Chinois ont un important commerce à Vladivostok : il y a de riches marchands chinois : on m'en cite quatre, qui ont épousé des femmes russes. Je croyais le contraire plus fréquent, mais il n'y a presque pas de femmes chinoises vivant ici avec leur famille.

Ce peuple chinois est vraiment intéressant; il est plein d'endurance et de sobriété, en même temps qu'il est intelligent et rusé; il est menteur, mais ce vice est si fréquent, et il y a tant de manières de mentir ! Celle des Chinois n'est peut-être pas la plus habile (i). Je voudrais surtout connaître la religion cbinoise, mais c'est la chose la plu^ difficile du monde, elle a tant d'aspects, et elle est si mal connue des Chinois eux-mêmes t M. B., qui parle et écrit le chinois comme un manda-

(1) Les Russes gouvernent la CSiine, parce qu'ils la comprennent mieux que tout autre; il y a un rapport de race.

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me donne quelques id^es générales snr Çakiami et Confucius.

e Çakia-Houni paratt dériver la conduite des Cbii dans la vie; les deux vérités qu'il prêche sont : ision de l'existence, et la soufTrance que produit éair. De là résulte le renoncement absolu à tout !t de la vie présente et le nirvana, ou anéantisseit qui supprime rillueion et la douleur. Et en effet, IhtDois a perdu l'initiatire et l'actiTité.

fl Confucius proTtennent la morale et les idées reliites : Gonrueius est le continuateur de Bouddha, s il est allé beaucoup plus loin. Bouddha avait :hé la confession comme expiation des fautes de mme. Gonrueius dit que le repentir ne suffit pas; ompensation de la faute envers Dieu ne peut être rte que par un Mre pur de tout mal, donc étranger homme. Or le pardon est nécessaire au monde, e il doit venir un rédempteur, et Confucius Tance comme prochain, déjà de son temps. Si c'est là lement la religion chinoise, il semblerait facile de :order avec le christianisme. La logique de cette gioD est aveuglante, et le vieux Koun-Fou-Tsé est prophète, à plus juste titre que Mahomet.

est fort instructif pour moi de discuter ces ques* s avec M. B. qui est protestant, mais dont l'esprit ouvert à tout ce qu'il 7 a de plus élevé dans la stion rehgieuse. Il ne suffît pas de dire : < Dieu. 1 m nitchevo, et après il n'y a rien », comme nous lit un jour un Russe. Au contraire, du fait de l'exis- ■.e de Dieu, découlent des conséquences infinies^ ou I Dieu m'est fort égal. Il y a dans Tchekof et ■très auteurs russes des personnages qui font effort r être bons, mais c'est l'affaire d'un instant; Tins-.

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tant d'après, ils font pire. C'est qu'en réalité ils ] croient pas : ils s'appuient sur une simple idée phil sophique, celle du rapport entre les lois physiques < monde et les lois morales. Newton avait eu cette idé et personne n'a pu la creuser plus avant, elle ne prou rien.

A quoi bon discuter et se fâcher sur ces question: Je comparais volontiers le sentiment religieux au se timent musical ou au sens mathématique. L'ab&en de l'un ou de l'autre est une infériorité. De mfime qu serait ridicule de persécuter les musiciens pour lei musique, il est ridicule de persécuter les gens religiei pour leur religion. Il y a des provinces russes, me c H. B. où les paysans sont musiciens dans l'&me n'ont aucun sens pratique. Cela ne veut pas dire qi ces deux sens soient contradictoires. Il y a eu d lavants musiciens depuis Pythagore. Mais je rappel à H. B. que les Arabes, qui ont manifesté leur sei artistique par leurs monuments, n'ont guère posséi plus que les paysans russes dont il me parlait, l'espi scientifique : ils ont réduit les équations en véritab easse-tétes ou en logogriphes. Leur légende al gébriqi a été récemment démolie avec talent par M. Mari Quant aux Chinois, s'ils ont le sens religieux, ils n paraissent dépourvus de tout autre, ils ne cultive que les hiéroglyphes.

M. B. me conduisit avec son âls à sa maison de car pagne, à Sedimi, en face de Vladivostok, de l'aut c6té du golfe d'Amour, dans un petit paradis terrestr Sa nombreuse famille est seule à jouir, avec celle i son beau-frère, M. I., d'un immense espace libre, sai autres voisins que quelques Coréens, à douze verst de distance. C'est une solitude à la Robinson Cruso

et combien faite poar plaire i des enfants et à des jeunes gens. M. I... entretient dans cette région j 450 chevaux et a installé un champ de courses. Ses fils, qui ont fini leur éducation aux États-Unis^ partagent avec lui la directioa de sa ferme et l'élevage de ses chevaux; ils en ont de magnifiques.

Nous nous réunissions dans la villa que Mme B. nous ouvrait si gracieusement^ et ce n'est point indiscret de dire que je crus y retrouver la vie de famille. Les enfants, garçons et filles, couraient pieds-nus à travers champs et sur le sable de la grève, au grand air toute la journée, et c'était un plaisir de les en voir jouir : ils avaient des rochers, des vergers, des cavernes, des fourrés^ et la mer, avec une petite île à faible distance : idéal difficile à réaliser ailleurs. Le soir^ nous faisions de la musique franco-russe.

Les Russes sont avant tout sensibles à la mélodie et au chant populaire : leurs opéras favoris sont construits sur des thèmes populaires ou d'inspiration populaire. Mais je n'ai pas trouvé dans leur musique cette sensation particulière due à des recherches harmoniques que donne la musique moderne, en France, ou bien chez Grieg, et que Wagner produit avec tant d'intensité, par exemple dans la scène de mort de la Valkyrie, ou bien par ses effets chromatiques de Tristan, effets que le glissement serait presque nécessaire pour bien rendre. Les Russes ne sont pas très enthousiastes de Wagner; pourtant j'ai remarqué qu'eux aussi sont subjugués par certains passages, mais ils veulent, avant tout^ leur musique. En France^ Camille l laigue a si bien parlé des compositeurs russes qixf n'aurai pas l'audace de les juger après lui. Chez M. on fit aussi de la musique de danse.

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n y à une danse russe qui est peut-être la plus curieuse et la plus caractéristique. Elle est très diffi* cile, et exige une souplesse de cirque; ce serait un cancan avec beaucoup plus de caractère. On l'appelle la Kazatchok, danse des cosaques, ou la Prisiadka, parce qu'elle se danse presque dans la position assise. Elle consiste à lancer successivement la jambe droite et la jambe gauche en avant en restant accroupi le plus bas possible, et se balançant comme un roseau agité par le vent, et en cadence. On conviendra qu'il faut des muscles solides et une série d'exercices pour y arriver : le lecteur peut essayer. Les hommes seuls dansent ainsi; les femmes se contentent de les admirer en exprimant, par des gestes cadencés et gracieux^ suivant leurs moyens, le plaisir qu'elles éprouvent : le spectacle est curieux et ne manque pas de cachet, surtout si ce sont des cosaques qui frappent le sol de leurs talons ferrés en faisant sonner leurs éperons d'argent. Cette danse produit alors un entraînement contagieux : bon gré, mal gré, on s'y laisse entraîner. Cet exercice est autrement viril que raflreux cake-walk américain qui a l'air vulgaire, si ce n'est pire.

Je regrettais de partir, malgré la durée déjà longue de mon voyage; mais j'emmenais quelqu'un de cette famille si hospitalière : le jeune B. rentrait avec moi à Moscou par le transsibérien.

Durant ce voyage de retour, je prêtai plus d'attention à ce qui se passait dans le train qu'aux paysages sibériens. De ceux-ci, je remarquai surtout les teintes )uges et jaunes de l'automne^ et l'aspect précurseur e l'hiver que prenaient les forêts de bouleaux jaunis ; de mélèzes sans aiguilles. Le train était vraiment osmopolite : des Français, des Allemands, des Belges,

des Américains, des Anglais; enfin un général japonais entièrement chauve, mais très gai. Les treize jours qui séparent Vladivostok de Moscou passèrent sans une minute d'ennui; les quelques réclamations des voyageurs plaintifs eurent aussi leur côté comique.

A Moscou, le jeune B. me fit visiter en détail l'église du Sauveur, la plus riche de Moscou, que je n'avais pu visiter l'an dernier. Comme il parlait français^ il put me traduire en détail toutes les explications russes du bedeau. C'est ainsi que je pus voir la partie réservée à l'officiant, d'une richesse extraordinaire. Mais B. me fit une réflexion bien franche de la part d'un orthodoxe : ces églises ne sont pas faites pour prier, il n'y a ni bancs ni chaises, la foule entassée s'y heurte et s'y presse sans recueillement. Par contre^ la musique est magnifique, il n'y a pas d'orgue, on a su conserver le chant grégorien telles que le réclamaient saint Thomas et saint Augustin sans l'accompagnement d'aucun instrument. Dans la galerie intérieure de l'église, il y a de magnifiques fresques dues à Yerestchaguine, Markoff, Sémiradsky, etc. L'une d'elles représente saint Alexandre Nevsky recevant trois cardinaux romains et refusant l'ofire du pape de se joindre à l'Église romaine. La pose est fière, le geste m'a paru orgueilleux; je ne pus m'empêcher de dire tout haut : c Ce n'est pas la seule fois que les papes ont tenté un rapprochement, et le beau rôle n'est peut-être pas du côté de celui qui refuse; la religion n'est pas de la politique. » Mais de pareils traits sont expressifs des divergences qui séparent les deux Églises, et creusent entre elles un fossé bien plus profond que ta fameuse procession du Père et du Fils.

Nous visitâmes aussi le musée de peinture de Mos-

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COU, la galerie Tretiakof, où sont exposés plus de 1,500 tableaux russes modernes. Certains donnent vraiment l'impression du grand art, avec des effets de réalisme intense. Tels Ivan le Terrible et son fils tué par lui, dont l'effet violent vaut surtout par l'expression dramatique des deux figures. L'auteur,. Répine, est peut-être le premier peintre russe. Lui, Verestcha* guine, Sourikofy Semiradsky sont représentés par des centaines de tableaux. Ce musée donne vraiment une impression extrêmement avantageuse de l'art russe. Il y a une quantité de portraits magnifiques, dont plusieurs de Tolstoï, et ceux de tous les littérateurs et compositeurs actuellement en vue. La tête de Moussorgsky, inculte et sauvage, me parut davantage celle d'un anarchiste que celle d'un paisible musicien. Mais on peut être musicien sans être paisible, disait le jeune B. Et Moussorgsky a traité des sujets terribles avec des effets musicaux réalistes. Les socialistes n'ont pas tous les figures cruelles qu'on s'imagine : en voyant le portrait d'un de ceux-là, à la tête enfantine^ je me demandais si vraiment le socialisme n'est pas un état passager de l'esprit, vers la vingtième année, où il semble qu'on serait disposé à se sacrifier pour le bonheur d'autrui, parce qu'on a le cœur tout débordant. Plus jeunes, les gamins se battent pour des bagatelles; plus tard, c'est la lutte âpre de la vie, ceux qui cèdent sont battus. Le socialiste est un idéaliste dont le royaume n'est pas de ce monde. La vie humaine a besoin plutôt de courage^ et l'homme le plus humble, s'il n'est pas jaloux, peut être aussi heureux que le plus riche; le bonheur, on le crée en soi et autour de soi. Un Chinois pourrait en donner de frappantes leçons.

Je regrettai de partir pour Berlin sans retourner à Saint-Pétersbourg où j'avais passé huit jours agréables i mon départ pour la Sibérie : les musées, l'Ermitage surtout, et les environs; le golfe de Finlande, Cronstadt, Peterhof sont magnifiques. Nous avions inauguré le nouveau pont Troïtzky sur la Neva, construit par une compagnie française, et qui ouvre une colossale perpective. Le jeune B. vint m'accompagner à la gare de Varsovie. L'an dernier, j'étais parti sans regrets, en indifférent. Cette fois, je crois avoir laissé des amis en Russie, et je reviendrai dans ce vaste empire^ connaissant mieux les hommes et leur langue^ plus à l'aise et pouvant être plus utile. Les alliances franco-russe, comme les alliances franco-yankee, ou franco-boer m'ont paru produire les plus beaux résultats. Un vieux proverbe disait : Pierre qui roule n'amasse pas mousse. Mais les pierres qui roulent brisent les pierres moussues que l'humidité décompose, et le temps n'est plus oi!i l'on pouvait vivoter tranquillement dans un petit trou; il faut, au contraire, tourner autour du monde, deveuu petit, pour se retremper au milieu des races auxquelles l'avenir semble réservé.

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