LES TROIS
Debout ! Rangeons-nous en bataille Et frappons d'estoc et de taille^
(Ils s'élancent vers la caserne ; Sabre-de-bois les couche en joue, ce qui est la manière de consulter les gens dans ce pays là. Convaincus par de si vives raisons, ils s'agenouillent et s'écrient : )
Heur, honneur et gloire cent fois A monseigneur Sabre-de-bois !
ENTREE DE BALLET
Les trois Paillasses, déguisés en matadors, distribuent, en dansant, des coups de sabre à la foule. — Trois soldats avinés apportent à Sabre-de-bois, avec des cérémonies grotesques, sur un grand plateau d'argent, une couronne de verre. — Les trois Étrangers font des sauts de joie. — L'Anglais se frotte les mains.
POLICHINELLE^ toujou/Ts attaché y au public.
Beaux seigneurs et dames douillettes, Jeunes garçons, jeunes fillettes, Public bénévole et galant î Vous voyez qu'en tout bousculant, Brûlant les murs, cassant les vitres.
J'ai travaillé pour ces belîlres,
Eux pour r Autre — et l'Autre, ma foi,
En pourra faire autant pour moi.
Or ceci vous prouve que l'homme
N'est pas content quand on Tassomme ;
Que le Marquis est un goutteux ;
Le Géronte, un ladre piteux ;
La Belle est un dos qui se courbe;
Sabre-de-bois, un maître fourbe ;
Pancrace est un pédant blafard ;
Ignace, un impudent cafard ;
Le reste, un troupeau malhonnête :
Moi, seigneurs, je suis une bêle.
Vous, de braves gens — et l'Auteur,
Votre très-humble serviteur.
Naples, Mai 1852.