‹ Sicle de Louis XIVChapitre 105 sur 447 · Les anciens rois. — Les rois des anciennes monarchies · texte numérisé non relu

Les anciens rois. — Les rois des anciennes monarchies

2. Maintenant preïewdre se construit plus ordinairement avec un infinitif ou avec la préposition à. Au xvii« siècle, on écrivait comme Voltaire :

Sans prétendre une plus haute gloire.

(Racine, Mithr.j act. I, sc. i.)

L’estime où je vous tiens ne dott point [vous surprendre.

Et de tout l’univers vous la pouvez [prétendre.

(Molière, le Misanthr., act. I, sc. ii.)

3. En eftet, aucun royaume en Europe ne date, comme le royaume de France, du v« siècle, et la race capétienne était la plus ancienne de toutes les familles régnantes. « La maison de France, dit Bossuet [Oraison funèbre de la duchesse d’Orléans), est la plus grande sans comparaison de tout l’univers, et à qui les plus puissantes maisons peuvent bien céder sans envie,

puisqu’elles tâchent de tirer leur gloire de cette source. »

4. « N’est-il pas vrai, ma cousine, disait un jour Louis XIV à Mademoiselle, que ceux de la maison d’Autriche n’étaient que comtes d’Hapsbourg, quand nous étions rois de France?

Puis il ajouta : Si nous étions à nous disputer, le roi d’Espagne et moi, je le ferais bien céder. Que je serais aise s’il voulait se battre avec moi, pour terminer la guerre, tête à tête! 11 n’aurait garde de le faire; de cette race ils ne se battent jamais, p [Mémoires à.Q Mademoiselle de Montpensier.)

5. Avec Charlemagne; mais dans la décadence et le démembrement de l’empire carlovingien, les rois d’Allemagne, devenus rois d’Italie depuis Othon le Grand, firent revivre pour eux ce titre d’empereur romain, et conservèrent sur les rois, au moyen âge, une supériorité honorifique.

drid, la fierté espagnole était bien loin de céder ce rang. Les Anglais et les Suédois, qui n’allèguent aujourd’hui aucun de ces surnoms, reconnaissent le moins qu’ils peuvent cette supériorité.

C’était à Rome que ces prétentions étaient autrefois débattues. La France y avait eu toujours la supériorité quand elle était plus puissante que l’Espagne ; mais, depuis le règne de Cliarles- Quint, l’Espagne n’avait négligé aucune occasion de se donner l’égalité L La dispute restait indécise; un pas de plus ou de moins dans une procession, un fauteuil placé près d’un autel, ou vis-à-vis la chaire d’un prédicateur, étaient des triomphes, et établissaient des titres pour cette prééminence.

(1661). Il arriva qu’à l’entrée d’un ambassadeur de Suède à Londres, le comte d’Estrades, ambassadeur de France, et le baron de Vatteville, ambassadeur d’Espagne, se disputèrent le pas. L’Espagnol, avec plus d’argent et une plus nombreuse suite, avait gagné la population anglaise : il fait d’abord tuer les chevaux des carrosses français ; et bientôt les gens du comte d’Estrades, blessés et dispersés, laissèrent les Espagnols marcher l’épée nue comme en triomphe.

Louis XIV, informé de cette insulte, rappela l’ambassadeur qu’il avait à Madrid, fit sortir de France celui d’Espagne, rompit les conférences qui se tenaient encore en Flandre au sujet des limites et fit dire au roi Philippe IV, son beau-père, que s’il ne reconnaissait la supériorité de la couronne de France et ne réparait cet affront par une satisfaction solennelle, la guerre allait recommencer. Philippe IV ne voulut pas replonger son royaume dans une guerre nouvelle pour la préséance d’un ambassadeur : il envoya le comte de Fuentes déclarer au roi, à Fontainebleau, en présence de tous les ministres étrangers qui étaient en France (26 mars 1662), « que les ministres espagnols ne concourraient plus dorénavant avec ceux de France. » Ce n’en était pas assez pour reconnaître nettement la prééminence du roi; mais c’en était assez pour un aveu authentique de la faiblesse espagnole Cette cour, encore fière, murmura longtemps de son humilia-

1. L’Espagne prétendait à l’égalité ; au traité des Pyrénées, on l’avait observée ; dans d’autres occasions, les ambassadeurs des deux puissances évitaient de se trouver aux cérémonies. Louis déclara qu’il ne voulait pas accepter ce moyen de résoudre la difficulté, et il ordonna au comte d’Estrades de passer de vive force devant le baron de Vatte-

ville ; mais celui-ci prit ses précautions.

2. C’était bien suffisant. Le roi dit alors aux ambassadeurs réunis : <f Au moins. Messieurs, vous êtes témoins que le roi d'Espagne déclare qu’il me cède le pas et le premier rang par tout le monde « Le marquis ne répondit rien, et une médaille fut frappée à cette occasion. ( Mémoires deMontglat).

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