CHAPITRE X
succès dans radniiuislralion étaient aussi rapides que ravaienl été scs conquêtes. C’était une chose véritablement admirable de voir les ports de mer, auparavant déserts, ruinés, maintenant entourés d’ouvrages qui faisaient leur ornement et leur défense, couverts de navires et de matelots, et contenant déjà près de soixante grands vaisseaux qu’il pouvait armer en guerre. De nouvelles colonies, protégées par son pavillon, partaient de tous côtés pour l’Amérique, pour les Indes orientales, pour les côtes de l’Afrique C Cependant en France, et sous ses yeux, des é'difices immenses occupaient des milliers d’hommes, avec tous les arts que rarchitecture entraîne après elle -, et dans l’intérieur de sa cour et de sa capitale, des arts plus nobles et plus ingénieux donnaient à la France des plaisirs et une gloire dont les siècles précédents n’avaient pas eu même l’idée. Tous ces détails de la gloire et de la félicité de la nation trouveront leur véritable place dans cette histoire ^ : il ne s’agit ici que des affaires générales et militaires.
Le Portugal donnait en ce temps un spectacle étrange à l’Europe. Don Alfonse, fils indigne de l’heureux don Jean de Bragance, y régnait: il était furieux et imbécile. Sa femme, lille du duc de Nemours, osa concevoir le projet de détrôner son mari et d’épouser son amant. L’abrutissement du mari justifia l’audace de la reine ; et ayant acquis dans le royaume, par son habileté, l’autorité que son mari avait perdue par ses fureurs, elle le fit enfermer (novembre 1667)^.
Cet événement, qui ne fut une révolution que dans la famille royale, et non dans le royaume de Portugal, n’ayant rien changé aux affaires de l’Europe, ne mérite d’attention que par sa singularité.
La France reçut bientôt après un roi qui descendait du trône d’une autre manière. (1668) Jean-Casimir \ roi de Pologne,