‹ Sicle de Louis XIVChapitre 127 sur 447 · Maëstricht; voir chapitre xi · texte numérisé non relu

Maëstricht; voir chapitre xi

4. Charleroi, place forte sur la Sambre, dans le Hainaut, souvent assiégée par les Français. Voir la note 5 de la page 100.

les autres à la régularité du service ; deux cents gendarmes de la garde, deux cents chevau-légers, cinq cents mousquetaires, tous gentilshommes choisis, parés de leur jeunesse et de leur bonne mine ; douze compagnies de la gendarmerie, depuis augmentées jusqu’au nombre de seize. Les cent-suisses même accompagnaient le roi, et ses régiments des gardes françaises et suisses montaient la garde devant sa maison ou devant sa tente. Ces troupes, pour la plupart couvertes d’or et d’argent, étaient en même temps un objet de terreur et d’admiration pour des peuples chez qui toute espèce de magnificence était inconnue. Une discipline devenue encore plus exacte avait mis dans l’armée un nouvel ordre. Il n’y avait point encore d’inspecteurs de cavalerie et d’infanterie, comme nous en avons vu depuis ; mais deux hommes uniques, chacun dans leur genre, en faisaient les fonctions. Martinet mettait alors l’infanterie sur le pied de discipline où elle est aujourd’hui. Le chevalier de Fourilles faisait la même charge dans la cavalerie. Il y avait un an que Martinet avait mis la baïonnette^ en usage dans quelques régiments. Avant lui on ne s’en servait pas d’une manière constante et uniforme. Ce dernier effort peut-être de ce que l’art militaire a inventé de plus terrible était connu, mais peu pratiqué, parce que les piques prévalaient. Il avaient imaginé des pontons de cuivre, qu’on portait aisément sur des charrettes. Le roi, avec tant d’avantages, sûr de sa fortune et de sa gloire, menait avec lui un historien qui devait écrire ses victoires^ : c'était Pellisson, homme dont il sera parlé dans l’article des beaux-arts, plus capable de bien écrire que de ne pas flatter^.

Ce qui avançait encore la chute des Hollandais, c’est que le marquis de Louvois avait fait acheter chez eux par le comte de Bentheim, secrètement gagné, une grande partie des munitions qui allaient servir à les détruire, et avait ainsi dégarni beaucoup leurs magasins. Il n’est point du tout étonnant que des mar-

1. La baïonnette (baynete, coutelas) ne fut d’abord qu’une sorte de coutelas, qu'on enfonçait dans le canon du fusil, après avoir tiré. Elle ne fut d’un usage, vraiment avantageux et général, que lorsque Vauban, par l’invention de la douille, eut donné la facilité de tirer à la fois et de se servir de la baïonnette.

2. La disproportion était bien grande entre les forces de la France et celles de la Hollande; cependant beaucoup de personnes, se rappelant la longue lutte des Hollandais contre l’Espagne, regardaient cette guerre avec une sorte

de crainte. « Quelle guerre, écrivait madame de Sévigné, la plus cruelle, la plus périlleuse dont on ait jamais ouï parler, depuis le passage de Charles VIII en Italie. On l’a dit au roi. L'Yssel est défendu et bordée de deux cents pièces de canon, de soixante mille hommes de pied, de trois grosses villes, d’une large rivière qui est encore au devant. » On voit l’exagération et l’ignorance des contemporains.

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