‹ Sicle de Louis XIVChapitre 158 sur 447 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

de mousquetaires S hh® centaine de grenadiers, un bataillon des gardes, un du régiment de Picardie, montent de tous côtés sur ce grand ouvrage à couronne. L’ordre était simplement de I s’y loger, et c’était beaucoup: mais qu(‘lques mousquetaires noirs, ayant pénétré par un petit sentier jusqu’au retrancliement intérieur qui était dans cette fortification, ils^ s’en rendent d’abord les maîtres. Dans le même temps les mousquetaires gris y abordent par un autre endroit. Les bataillons des gardes les suivent: on tue et on poursuit les assiégés; les mousquetaires baissent le pont-levis qui joint cet ouvrage aux autres; ils suivent rennemi de retranchement en retranchement, sur le petit bras de l’Escaut et sur le grand. Les gardes s’avancent en foule. Les mousquetaires sont déjà dans la ville, avant que le roi sache que le premier ouvrage attaqué est emporté.

Ce n’était pas encore ce qu’il y eut de plus étrange dans cette action. Il était vraisemblable que de jeunes mousquetaires, emportés par l’ardeur du succès, se jetteraient aveuglément sur les troupes et sur les bourgeois qui venaient à eux dans la rue, r qu’ils y périraient, ou que la ville allait être pillée; mais ces jeunes gens, conduits par un cornette^, nommé Moissac, se mirent en bataille derrière des charrettes ; et, tandis que les troupes qui venaient se formaient sans précipitation, d’autres mousquetaires s’emparaient des maisons voisines, pour protéger par leur feu ceux qui étaient dans la rue ; on donnait des otages de part et d’autre ; le conseil de ville s’assemblait; on députait vers le roi : tout cela se faisait sans qu’il y eût rien de pillé, sans confusion, sans faire de fautes d’aucune espèce. Le roi fit la garnison prisonnière de guerre, et entra dans Valenciennes, étonné d’en être le maître. La singularité de l’action a engagé à entrer dans ce détail.

(9 mars 1678)^ Il eut encore la gloire de prendre Gand en quatre jours, et Ypres en sept (25 mars). Voilà ce qu’il fit par lui-même. Ses succès furent encore plus grands par ses généraux.

(Septembre 1676) Du côté de l’Allemagne, le maréchal duc de Luxembourg laissa d’abord, à la vérité, prendre Philipsbourg

1. Il y avait deux compagnies de mousquetaires créées, Tune en 1622, l’autre en 1662, et composées chacune de deux cent cinquante maitres. Ils combattaient comme les dragons ; mais le plus souvent à cheval, dans les batailles. On les nommait noirs et gris, à cause de la couleur de leurs chevaux ;

car leurs uniformes étaient rouges.

2. Ils est ici inutile, puisque le nom mousquetaires est exprimé au commencement de la phrase.

3. On appelait cornette l’officier qui portait le drapeau ou cornette des compagnies de cavalerie légère.

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