‹ Sicle de Louis XIVChapitre 160 sur 447 · Kochersberg est située entre Strasbourg et Saverne · texte numérisé non relu

Kochersberg est située entre Strasbourg et Saverne

3. C’est Fribourg, ville du Brisgaw, près de laquelle s’était donnée la bataille de 1644.

4. La Kintzig, et non Kins, est une petite rivière qui, descendant de la Forêt-Noire, se jette dans le Rhin à la hauteur de Strasbourg.

5. Offenbourg, sur la Kintsig, possède un beau château. C’est une petite ville du grand-duché de Bade.

6. 11 n’y eut en effet qu’un cri dans toute la France : o Turenne n’aurait pas mieux fait! » Dès le commencement, du printemps il avait, dans une belle lettre adressée au roi, déroulé tout le plan de sa campagne. Il mourut à Paris en 1687 ; il eut pour élève Villars, à qui il prédit sa fortune militaire.

7. Deux batailles avaient déjà été livrées près de cet endroit : l’une en 1071, sous Philippe 1®®, qui se fit battre par Robert le Frison; l’autre en 1328,

CllAlMTUK XIII.

sieur (1 1 avril 1077), eu voulant secourir SaiiiL-Omcr. Les maréchaux de Luxembourg et d’IIumières commandaient l’armée sous Monsieur. On prétend qu’une faute du prince d’Orange et un mouvement habile de Luxembourg décidèrent du gain de la bataille. Monsieur chargea avec une valeur et une présence d’esprit qu’on n’attendait pas d’un prince efféminé. Jamais on ne vit un plus grand exemple que le courage n’est point incompatible avec la mollesse. Ce prince, qui s’habillait souvent en femme, qui en avait les inclinations, agit en capitaine et en soldat. Le roi, son frère, parut jaloux de sa gloire. Il parla peu à Monsieur de sa victoire. Il n’alla pas même voir le champ de bataille, quoiqu’il se trouvât tout auprès. Quelques serviteurs de Monsieur, plus pénétrants que les autres, lui prédirent alors qu’il ne commanderait plus d’armée, et ils ne se trompèrent pasL

Tant de villes prises, tant de combats gagnés en Flandre et en Allemagne, n’étaient pas les seuls succès de Louis XIV dans cette guerre. Le comte de Schomberg^ et le maréchal de Navailles^ battaient les Espagnols dans le Lampourdan^, au pied des Pyrénées. On les attaquait jusque dans la Sicile.

La Sicile, depuis le temps des tyrans de Syracuse, sous lesquels au moins elle avait été comptée pour quelque chose dans le monde, a toujours été subjuguée par des étrangers ; asservie successivement aux Romains, aux Vandales, aux Arabes, aux Normands, sous le vasselage des papes, aux Français, aux Allemands, aux Espagnols ; haïssant presque toujours ses maîtres, se révoltant contre eux, sans faire de véritables efforts dignes de

sous Philippe VI, qui battit les Flamands. Cassel est bâtie sur une éminence isolée de 110 mètres de hauteur, d’où l’on aperçoit, dit-on, cent villes ou villages," dans le département du Nord.

1. Le roi affecta beaucoup de joie de la gloire acquise par son frère, comme on peut le voir dans ses lettres ; il sut cacher, mais non étouffer le regret d’avoir vu Monsieur battre le prince d’Orange. O On remarqua, dit le médisant la Fare, qu’étant venu voir Saint-Omer et Monsieur qui y était, il fut fort peu question de cette bataille dans leur conversation ; qu’il n’eut pas la curiosité d’aller voir le lieu du combat, et ne fut apparemment pas trop content de ce que les peuples, sur son chemin, criaient : a Vivent le roi et Monsieur qui » a gagné la bataille ! » Le frère du roi

n’eut plus dès lors de commandement. »

2. ScHOMBERG (Frédéric Armand), élève de Frédéric-Henri, prince d’Ôrange; maréchal en 1675, duc de Mertola en Portugal, gouverneur et généralissime de Prusse, duc et général en Angleterre. Il était protestant zélé, et quitta la France à la révocation de l’édit de Nantes. Tué à la bataille de la Boyne, en 1690. (Voltaire.) — Voir la note 3 de la page 93.

3. Navailles (Philippe de Montaud de Bénac, duc de), maréchal en 1675, commanda en Candie, sous le duc de Beaufort, et après lui; mort en 1684.

(Voltaire.)

4. Le Lampourdan ou plutôt I’Am- POURDAN est l’un des pays les plus fertiles de la Catalogne ; il est arrosé par le Llobregat.

la liberté, et excitaut continuellement des séditions pour changer de chaînes.

Les magistrats de Messine venaient d’allumer une guerre civile contre leurs gouverneurs, et d’appeler la France à leur secours.

Une flotte espagnole bloquait leur port. Ils étaient réduits aux extrémités de la lamine.

D’abord le chevalier de Valbelle vint avec quelques frégates à travers la flotte espagnole. Il apporte à Messine des vivres, des armes et les soldats. Ensuite le duc de Yivonne^ arrive avec sept vaisseaux de guerre de soixante pièces de canon, deux de quatre-vingts, et plusieurs brûlots; il bat la flotte ennemie^

;9 février 1675), et entre victorieux dans Messine.

L’Espagne est obligée d’implorer, pour la défense de la Sicile, les Hollandais, ses anciens ennemis, qu’on regardait toujours comme les maîtres de la mer. Ruyter vient à son secours du fond du Zuyderzée, passe le détroit^, et joint à vingt vaisseaux espagnols vingt-trois grands vaisseaux de guerre.

Alors les Français, qui, joints avec les Anglais, n’avaient pu battre les flottes de Hollande, l’emportèrent seuls sur les Hollandais et les Espagnols réunis. (8 janvier 1676) Le duc de Yivonne, obligé de rester dans Messine pour contenir le peuple déjà mécontent de scs défenseurs^, laissa donner cette bataille par Duquesne, lieutenant général des armées navales, homme aussi singulier que Ruyter, parvenu comme lui au commandement par son seul mérite, mais n’ayant encore jamais commandé d’armée navale, et plus signalé jusqu’à ce moment dans | l’art d’un armateur que dans celui d’un général Mais qui- |

conque a le génie de son art et du commandement passe bien |

1. VivoNNE (Louis-Victor de Rochecliouart, duc de), général des galères, vice-roi de Messine ; maréchal de France en 1675. Mort en 1688. (Voltaire.) C’était le frère de Madame de Montespan ; il eut plus de réputation pour son esprit vif et ses reparties piquantes que pour son habileté comme général et comme administrateur.

2. La Üotte espagnole s’enfuit honteusement, malgré la supériorité du nombre ; on accusa l’amiral la Gueva de s’ètre laissé corrompre par les agents de Louis XIV.

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