‹ Sicle de Louis XIVChapitre 161 sur 447 · Le détroit de Gibraltar · texte numérisé non relu

Le détroit de Gibraltar

4. Vivonne, brave, spirituel, mais paresseux, insouciant jusqu’à rester quatre mois sans écrire au roi, avait mécontenté et blessé les populations dans leurs intérêts et dans leurs habitudes.

5. Duquesne (Abraham), né à Dieppe en 1610, mort en 1688, était fils d’un J capitaine de vaisseau; de 1635 à 1643, f il servit avec courage sur les flottes de f Sourdis et de Brézé dans la Méditerra- f née; il était capitaine de vaisseau depuis 1638. Quelque te. T ns vice-amiral " des Suédois, qui combattaient les Danois, il revint en France en 1646, et ne cessa depuis lors de rendre les plus grands services. 11 fut nommé lieutenant général en 1667. Il avait beaucoup j contribué à l’organisation de la marine sous Colbert ; mais Voltaire a tort de dire qu’il s’était plus signalé dans J l’art de l’armateur que dans celui d’un général; car il n’avait cessé de combattre depuis son enfance, et s’était par- ^ ticulièrement distingué dans la guerre À, contre la Hollande. w

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vile et sans cllorl du petit au ^raiid. Duquesne se montra ^raiid général de mer contre Rnyter. C’était lelre que de remporter sur ce Hollandais un faible avantage C 11 livra encore une seconde bal aille navale aux deux flottes ennemies près d’Agouste (12 mars 1676). Ruyter, blessé dans cette bataille, y termina sa glorieuse vie'^ C’est un des hommes dont la mémoire est encore dans la plus grande vénération en Hollande. Il avait commencé par être valet et mousse de vaisseau ; il n’en fut que plus respectable. Le nom des princes de Nassau n’est pas au-dessus du sien. Le conseil d’Espagne lui donna le titre et les patentes de duc, dignité étrangère et frivole pour un républicain. Ces patentes ne vinrent qu’après sa mort. Les enfants de Ruyter, dignes de leur père, refusèrent ce titre, si brigué dans nos monarcliies, mais qui n’est pas préférable au nom de bon citoyen.

Louis XIV eut assez de grandeur d’âme pour être affligé de sa mort. On lui représenta qu’il était défait d’un ennemi dangereux. H répondit « qu’on ne pouvait s’empêcher d’être sensible à la mort d’un grand homme »

Duquesne, le Ruyter de la France, attaqua une troisième fois les deux flottes après la mort du général hollandais. H leur coula à fond, brûla et prit plusieurs vaisseaux. Le maréchal duc de Vivonne avait le commandement en chef dans cette bataille; mais ce n’en fut pas moins Duquesne qui remporta la victoire V L’Europe était étonnée que la France fût devenue en si peu de temps aussi redoutable sur mer que sur terre. Il est vrai que ces armements et ces batailles gagnées ne servirent qu’à répandre l’alarme dans tous les États Le roi d’Angleterre, ayant corn-

1. La première bataille se livra (8 janvier 1676) dans les eaux de Stromboli, où Ruyter attendait le brave Duquesne.

Dans son rapport aux Etats-Généraux, l’amiral hollandais était plein d’admiration pour Duquesne et ses Français.

2. Après avoir habilement fait le tour de la Sicile, Duquesne livra une seconde bataille, le 22 avril, en vue de l’Etna, d’où le nom de bataille du Mont-Gibel, à égale distance de Gatane et d’Agosta. Il fut victorieux, et Ruyter, blessé à mort dans le combat, expira à bord de son vaisseau, mutilé comme lui, le 29 avril. Il servait depuis cinquante-huit ans, et s’était trouvé à plus de quarante combats.

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