‹ Sicle de Louis XIVChapitre 180 sur 447 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

jamais davantage, et ii’eul en aucun temps autant de guerres à soutenir ù la fois.

Ceux qui blâmaient Louis XIV de s être fait tant d’ennemis l’admiraient d’avoir pris tant de mesures pour s’en défendre, et même pour les prévenir.

Ils n’élaient encore ni entièrement déclarés, ni tous réunis : le prince d’Orange n’était pas encore sorti du ïexel ‘ pour aller chasser le roi son beau-père, et déjà la France avait des armées sur les frontières de la Hollande et sur le Pdiiii^. Le roi avait envoyé en xMlemagne, a la tète d’une armée de cent mille hommes, son fils le Dauphin, qu’on nommait Monseigneur, prince doux dans ses mœurs, modeste dans sa conduite, qui paraissait tenir en tout de sa mère. Il était âgé de vingt-sept ans. C’était pour la première fois qu’on lui confiait un commandement, après s’être bien assuré, par son caractère, qu’il n’en abuserait pas. Le roi lui dit publiquement à son départ (22 septembre 1G88) : (( Mon fils, en vous envoyant commander mes armées, je vous donne les occasions de faire connaître votre mérite : allez le montrer à foute l’Europe afin que, quand je viendrai à mourir, on ne s’aperçoive pas que le roi soit mort. »

Ce prince eut une commission spéciale pour commander, comme s’il eût été simplement l’un des généraux que le roi eût choisi. Son père lui écrivait : « A mon fils le Dauphin, mon lieutenant général, commandant mes armées en Allemagne. »

On avait tout prévu et tout disposé pour que le fils de Louis XIV, contribuant à cette expédition de son nom et de sa présence, ne reçût pas un alTront. Le maréchal de Duras ^ commandait réellement l’armée-, Boul'flers avait un corps de troupes en deçà du Piliin ; le maréchal d’Humières, un autre vers Cologne pour observer les ennemis. Heidelberg, Mayence étaient pris. Le siège de Philipsbourg préalable toujours nécessaire

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