‹ Sicle de Louis XIVChapitre 185 sur 447 · La contrescarpe. — Voir la note 1 de la page 10b · texte numérisé non relu

La contrescarpe. — Voir la note 1 de la page 10b

3. Victor-Amédée II succéda à son père, Charles-Emmanuel II, en 1675; c’est lui qui sera reconnu comme roi de Sicile d’abord, au traité d’Utrecht, en 1713, puis roi de Sardaigne. 11 abdiqua en 1730 et mourut en 1732.

4. L’abbaye de Staffarde est près de Saluces, chef-lieu de l’ancien marquisat de Saluces, cédé par Henri IV au duc de Savoie, en 1601.

CHAPITUE XVI.

(liés ; celle des alliés, conimaiidéc par le duc diî Savoie, eu eut quatre mille Après cette bataille, toute la Savoie, excepté i\]on(mélian, fut soumise au roi. (1691) Catiuat juisse dans le Piémont, force les lignes des ennemis retranchés près de Suse, prend Suse, Villefranclie, Montalban, Nice réputée imprenable, Veillane, Carmagnole, et revient enfin à Montmélian, dont il se rend maître par un siège opiniâtre.

Après tant de succès, le ministère diminua l’armée qu’il commandait, et le duc de Savoie augmenta la sienne. Catinat, moins fort que l’ennemi vaincu, fut longtemps sur la défensive ^ *, mais enfin, ayant reçu des renforts, il descendit des Alpes vers la Marsaiile et là il gagna une seconde bataille rangée (4 octobre 1693) d’autant plus glorieuse que le prince Eugène de Savoie était un des généraux ennemis

(30 juin 1690) A l’autre bout de la France, vers les Pays-Bas, le maréchal de Luxembourg gagnait la bataille de Fleurus ^ ; et, de l’aveu de tous les officiers, celte victoire était due à la supériorité de génie que le général français avait sur le prince de

1. Le prince Eugène de Savoie-Soissons empêcha la déroute complète de son cousin, le duc de Savoie. Non seulement Louis XIV félicita Catinat de sa victoire : « Elle n’augmente point l’estime que j’avais pour vous; mais elle me fait connaître que je ne me suis point trompé lorsque je vous ai donné le commandement de mon armée. »

Madame de Mainlenonlui écrivit aussi; « Vous n’avez pas de peine à croire que j'ai une grande joie de l’avantage des armes du roi en Italie ; mais vous me feriez une grande injustice, si vous doutiez que je ne sentisse ce qui vous regarde... Vous rendez un grand service à l'Etat, vous donnez au roi une marque très-essentielle de votre reconnaissance , et vous augmentez votre gloire par ce qu’il y a de plus éclatant.... »

2. En 1692, comme Voltaire le dit plus loin, le duc de Savoie envahit le Dauphiné, prit Embrun fl9 août), brûla Gap, mais fut forcé à la retraite par les bonnes dispositions de Catinat et le soulèvement des patriotiques populations du pays. En 1693, Catinat bloquait Casai ; nommé maréchal (27 mars), il protégea Pignerol, puis, ayant reçu des renforts, il descendit dans le Piémont avec 40,000 hommes.

3. La Marsaiile est une petite ville entre les deux ruisseaux de la Cisola

et du Sangone, à 15 kilomètres N.-E.

de Mondovi, dans le Piémont. — La lutte fut acharnée ; une charge de l’infanterie, à la baïonnette, décida la victoire ; beaucoup de réfugiés français y combattirent avec acharnement, et le duc de Leinster, ûls de Schomberg, y fut tué.

4. Lorsque Catinat fut nommé maréchal, Madame de Maintenon lui écrivit une lettre de félicitations; Catinat chargea son frère d’aller porter sa réponse à Versailles ; on y lit ces mots: «Quels remercîments puis-je vous faire, d’avoir bien voulu me faire cet honneur? Une telle grâce, une telle bonté de votre part épuise tout ce que l’on pourrait vous dire. »

5. Fleurus est une ville du Hainaut, sur la Sambre, à 11 kilomètres N.-E.

de Charleroi. La victoire fut inutile ; on enleva, sans motifs bien sérieux, à Luxembourg une partie de son armée, pour l’envoyer sur le Rhin. On dirait qu’il y a quelque ironie dans cette réponse du maréchal à Louvois : « Je ne saurais regretter le départ des troupes dès qu’il est nécessaire pour le service du roi qu’elles soient ailleurs. Si sa Majesté jugeait que je lui fusse utile dans les redoutes de Dinant, j’irais avec plaisir y servir aux ordres de M. de Guiscard. »

SlCt^LE DE LOUIS XlV. — COUR.

Waldeck, alors général de l’armée des alliés. Huit mille prisonniers, six mille morts, deux cents drapeaux ou étendards, le canon, les bagages, la fuite des ennemis, furent les marques de la victoire.

Le roi Guillaume, victorieux de son beau-père, venait de repasser la mer. Ce génie fécond en ressources tirait plus d’avantage d’une défaite de son parti que souvent les Français n’en tiraient de leurs victoires. Il lui fallait employer les intrigues, les négociations, pour avoir des troupes et de l’argent, contre un roi qui n’avait qu’à dire je veux. Cependant, après la défaite de Fleurus, il vint opposer au maréchal de Luxembourg une armée aussi forte que la française.

Elles étaient composées chacune d’environ quatre-vingt mille hommes f9 avril 1691) ; mais Mous était déjà investi par le maréchal de Luxembourg^, et le roi Guillaume ne croyait pas les troupes françaises sorties de leurs quartiers. Louis XIV vint au siège. Il entra dans la ville au bout de neuf jours de tranchée ouverte, en présence de l'armée ennemie. Aussitôt il reprit le chemin de Versailles, et il laissa Luxembourg disputer le terrain pendant toute la campagne, qui finit par le combat de Leuze - (19 septembre 1691), action très-singulière, où vingt-huit escadrons de la maison du roi et de la gendarmerie défirent soixante-quinze escadrons de l’armée ennemie.

Le roi reparut encore au siège de Namur, la plus forte place des Pays-Bas, par sa siluation au confluent de la Sambre et de la Meuse, et par une citadelle bâtie sur des rochers. Il prit la ville en huit jours (juin 1692), et les châteaux en vingt-deux, pendant que le duc de Luxembourg empêchait le roi Guillaume de passer la Méhaigne ^ à la tête de quatre-vingt mille hommes, et devenir faire lever le siège Louis retourna encore à Versailles après cette conquête, et Luxembourg tint encore tête à toutes les forces

1. C’était Boufflers, qui avait investi Mons dès le 15 mars; le roi arriva au camp avec Luxembourg le 21 ; la tranchée fut ouverte le 24; le gouverneur capitula le 8 avril, et sortit le 10 avec la garnison. Vauban avait dirigé le siège : « Le roi a donné ce matin à Vauban cent mille livres, et l’a prié à diner, honneur dont il a été plus touché que de l’argent. 11 n’avait jamais eu l’honneur de manger avec le roi. »

(Journal de Dangeau, 9 avril 1691.)

2. Leuze, petite ville du Hainaut occidental, sur la route de Mons à Lille.

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