‹ Sicle de Louis XIVChapitre 187 sur 447 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

dos cuiieniis. Ce fut alors que se doiiiia la bataille de Steinkerque ^ célèbre par l’artifice et par la valeur. Un espion que le général français avait auprès du roi Guillaume est découvert. Ou le force, avant de le faire mourir, d’écrire un faux avis au marécbal de Luxembourg. Sur ce faux avis, Luxembourg prend avec raison des mesures qui le devaient faire battre. Son armée endormie est attaquée à la pointe du jour : une brigade est déjà mise en fuite, et le général le sait à peine. Sans un excès de diligence et de bravoure, tout était perdu.

Ce n’était pas assez d’être grand général pour n’être pas mi:> en déroute; il fallait avoir des troupes aguerries, capables de se rallier, des officiers généraux assez habiles pour rétablir le désordre et qui eussent la bonne volonté de le faire; car un seul officier supérieur qui eût voulu profiter de la confusion pour faire battre son général, le pouvait aisément sans se commettre

Luxembourg était malade, circonstance funeste dans un moment qui demande une activité nouvelle ; (3 auguste 1692) le danger lui rendit ses forces; il fallait des prodiges pour n’être pas vaincu, et il en fit. Changer de terrain, donner un champ de bataille à son armée qui n’en avait point, rétablir la droite tout en désordre, rallier trois fois ses troupes, charger trois fois à la tête de la maison du roi, fut l’ouvrage de moins de deux heures. Il avait dans son armée Philippe, duc d’Orléans, alors duc de Chartres, depuis régent du royaume, petit-fils de France, qui n’avait pas alors quinze ans Il ne pouvait être utile pour un coup décisif; mais c’était beaucoup, pour animer les soldais, qu’un petit-fils de France, encore enfant, chargeant avec la maison du roi, blessé dans le combat, et revenant encore à la charge malgré sa blessure.

Un petit-fils et un petit-neveu du grand Condé servaient tous deux de lieutenants généraux : l’un était Louis de Bourbon, nommé Monsieur le Duc^, l’autre François-Louis, prince de Conti rivaux découragé, d’esprit, d’ambition, de réputation;

1. Steinkerque, bourg du Hainaut, à neuf kilomètres au S.-E. d’Enghien.

Page 1