Sans se commettre. — Sans s’exposer
3. Le duc de Chartres, né au mois d’août 1674, avait alors dix-huit ans.
4. Louis de Bourbon, nommé Monsieur le Duc, était fils de Henri-Jules, nommé communément Monsieur le Prince; il fut père de celui qui fut premier ministre sous Louis XV ; mort
en 1710. (Voltaire.) C’étaient les protestants qui avaient coutume d’appeler le prince de Condé, leur chef, Monsieur le Prince. Louis XIV, sur les réclamations de son frère, décida que ce titre cesserait d’exister, et le petit-fils du grand Condé ne fut plus appelé que Monsieur le Duc.
5. François-Louis, prince de Condé, né à Paris en 1664, était fils du premier prince de Conti et d'Anne-Marie
Monsieur le Duc, d’un naturel plus austère, ayant peut-être des qualités plus solides, et le prince de Conti de plus brillantes. Appelés tous deux par la voix publique au commandement des armées, ils désiraient passionnément cette gloire; mais ils n’y parvinrent jamais, parce que Louis, qui connaissait leur ambition comme leur mérite, se souvenait toujours que le prince de Condé lui avait fait la guerre.
Le prince de Conti fut le premier qui rétablit le désordre, ralliant des brigades, en faisant avancer d’autres; Monsieur le Duc faisant la même manœuvre, sans avoir besoin d’émulation. Le duc de Vendôme petit-fils de Henri IV, était aussi lieutenant général dans cette armée. Il servait depuis l’àge de douze ans; et, quoiqu’il en eût alors quarante, il n’avait pas encore commandé en chef. Son frère, le grand prieur, était auprès de lui.
Il fallut que tous ces princes se missent à la tête de la maison du roi, avec le duc de Choiseul, pour chasser un corps d’Anglais qui gardait un poste avantageux, dont le succès de la bataille dépendait. La maison du roi et les Anglais étaient les meilleures troupes qui fussent dans le monde. Le carnage fut grand. Les Français, encouragés par cette foule de princes et de jeunes seigneurs qui combattaient autour du général, l’emportèrent enfin. Le régiment de Champagne- défit les gardes anglaises du roi Guillaume; et, quand les Anglais furent vaincus, il fallut que le reste cédât.
Bouffers, depuis maréchal de France, accourait dans ce moment même de quelques lieues du champ de bataille avec des dragons, et acheva la victoire
Le roi Guillaume, ayant perdu environ sept mille hommes, se retira avec autant d’ordre qu’il avait attaqué; et toujours vaincu, mais toujours à craindre, il tint encore la campagne.
Martinozzi, nièce de Mazarin. D abord prince de la Roche-sur-Yon, puis prince de Conti, à la mort de son frère aîné, en 1683 ; il était chéri de son oncle, le grand Condé; avant de mourir, celuici obtint du roi qu’il mît fin à la disgrâce de son neveu ; il s’était distingué à Fleurus, et mourut en 1709. Saint- Simon en a fait un charmant portrait.
1 . Le duc de Vendôme ( Louis-Joseph), fils du duc de Vendôme-Mercœur et de Laure Mancini, nièce de Mazarin, était neveu du duc de Beaufort, et arrièrepetit-fils de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées; il était né en 1651. — Phi-
lippe de Vendôme, grand prieur de France, eut les vices sans avoir les qualités de. son frère aîné.
2. On sait que les régiments portaient souvent alors le nom de différentes provinces.
3. Voltaire a raconté avec le plus vif intérêt les principaux incidents de cette victoire, qui fut véritablement populaire; il aurait pu ajouter que l’infanterie se distingua surtout dans cette journée, et que dès lors on supprima l’incommode mousquet à mèche pour le remplacer par le mousquet à pierre ou fusil.