CHAPITRE XVII
ment, est au rang des mensonges politiques et des erreurs populaires. Mais le roi d’Espagne, en choisissant pour son héritier le petit-fils d’un roi si longtemps son ennemi, pensait toujours aux suites que l’idée d’un équilibre général devait entraîner. Le duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, n’était appelé à la succession d’Espagne que parce qu’il ne devait pas espérer celle de France ^ ; et le même testament qui, au défaut des puînés du sang de Louis XIV, rappelait ^ l’archiduc Charles, depuis l’empereur Charles VI, portait expressément que l’Empire et l’Espagne ne seraient jamais réunis sous un même souverain.
Louis XIV pouvait s’en tenir encore au traité de partage, qui était un gain pour la France. Il pouvait accepter le testament, qui était un avantage pour sa maison. Il est certain que la matière fut mise en délil3ération dans un conseil extraordinaire Le chancelier de Pontchartrain et le duc de Beauvilliers furent d’avis de s’en tenir au traité ; ils voyaient les dangers d’une nouvelle guerre à soutenir^. Louis les voyait aussi; mais il était accoutumé à ne les pas craindre. Il accepta le testament (11 novembre 1700) ® ; et rencontrant, au sortir du conseil, les
1. Le duc d’Anjou, Philippe, second fils de Monseigneur, né le 16 décembre 1683, mourut le 9 juillet 1746. — A défaut du duc d’Anjou, Charles appelait au trône le duc de Berri, l’archiduc Charles, et à défaut de l’archiduc, le duc de Savoie.