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Rappelait, c’est-à-dire appelait en second lieu

3. Dans un premier conseil, où assistaient le dauphin, le chancelier de Pontchartrain, le duc de Beauvilliers et de Torcy, le roi semblait pencher pour le maintien du traité de partage. Puis, dans un second conseil, Torcy montra la guerre inévitable, quoi qu’on fît, et se prononça pour l’acceptation du testament; Beauvilliers émit un avis contraire; le chancelier résuma les opinions difierentes sans oser en embrasser aucune. Le Dauphin, sensible à la gloire d’être fils et père de roi, parla sans hésitation en faveur du testament.

Louis XIV, longtemps silencieux, décida.

4. Après trois jours de délibérations secrètes, « le roi, dit M. Mignet, prit sa résolution avec cette grandeur calme qui lui était naturelle. 11 l’annonça en ces termes au duc d’Anjou, en présence

du marquis Castel dos Rios, ambassadeur d’Espagne : « Monsieur, le Roi » d’Espagne vous a fait roi. Les grands » vous demandent, les peuples vous » souhaitent, et moi j’y consens. Son- » gez seulement que vous êtes prince » de France. » 11 le présenta ensuite à sa cour en disant : a Messieurs, voilà le » roi d’Espagne. » Tout était décidé. »

5. a Malgré le mépris où sont en France les prétendus Mémoires de Madame de Maintenons on est pourtant obligé d’avertir les étrangers que tout ce qu’on y dit au sujet de ce testament est faux. L’auteur prétend que, lorsque l’ambassadeur d’Espagne vint apporter à Louis XIV les dernières volontés de Charles II, le roi lui répondit : Je verrai. Certainement le roi ne fit point une réponse si étrange, puisque de l’aveu du marquis de Torcy, l’ambassadeur d’Espagne n’eut audience de Louis XIV qu’après le conseil dans lequel le testament fut accepté.

» Le ministre qu’on avait alors en Espagne s’appelait ^/ecour*, et non pas Bt^lcour. Ce que le roi dit à l’ambassadeur Castel dos Rios, dans les Mémoires de Maintenons n’a jamais été dit que dans ce roman. » (Note de Voltaire.)

SlÈCLt: DE LOUIS XIV.

princesses de Coali avec Madame la Duchesse : « Eli bieu, leur dit il eu souriant, quel parti prendriez-vous ? » Puis sans attendre leur réponse : « Quelque parti que je prenne, ajouta-t-il, je sais bien que je serai blâmé. »

Les actions des rois, tout flattés qu’ils sont, éprouvent toujours tant de critiques, que le roi d’Angleterre lui-même essuya des reproches dans son parlement; et ses ministres furent poursuivis pour avoir fait le traité de partage. Les Anglais qui raisonnent mieux qu’aucun peuple, mais en qui la fureur de l’esprit de parti éteint quelquefois la laison, criaient à la fois et contre Guillaume qui avait fait le traité, et contre Louis XIV qui le rompait.

L’Europe parut d’abord dans l’engourdissement de la surprise et de l’impuissance, quand elle vit la monarchie d’Espagne soumise à la France dont elle avait été trois cents ans la rivale \ Louis XIV semblait le monarque le plus heureux et le plus puissant de la terre. Il se voyait à soixante et deux ans entouré d’une nombreuse postérité ; un de ses petits-fils allait gouverner, sous ses ordres, l’Espagne, l’Amérique, la moitié de l’Italie et ^ les Pays-Bas. L’Empereur n’osait encore que se plaindre.

Le roi Guillaume, à l’àge de cinquante-deux ans, devenu infirme et faible, ne paraissait plus un ennemi dangereux. Il lui j fallait le consentement de son parlement pour faire la guerre; | et Louis avait fait passer de l’argent en Angleterre, avec lequel | il espérait disposer de plusieurs voix de ce parlement. Guillaume ? et la Hollande, n’étant pas assez forts pour se déclarer, écrivirent à Philippe V comme au roi légitime d’Espagne (février 1701). -■

Louis XIV était assuré de l’électeur de Bavière, père du jeune ^

prince qui était mort désigné roi Cet électeur, gouverneur des Pays-Bas au nom du dernier roi Charles II, assurait tout d’un ^

coup à Philippe V la possession de la Flandre, et ouvrait dans f

son électorat le chemin de Vienne aux armées françaises, en cas ‘

que l’Empereur osât faire la guerre. L’électeur de Cologne, frère .

de l’électeur de Bavière, était aussi intimement lié à la France i

que son frère ® ; et ces deux princes semblaient avoir raison, le j

parti de la maison de Bourbon étant alors incomparablement le 1

plus fort. Le duc de Savoie, déjà beau-père du duc de Bourgogne, |

1. « Le dix-huitième siècle, dit Saint- Simon, s’ouvrait ainsi pour la maison de Bourbon par un comble de gloire et de prospérité inouïes. »

2. L’électeur, ennemi de son beaupère, Léopold, qu’il accusait de la mort de son üls, avait l’espérance de rece-

voir la Belgique en gouvernement héréditaire.

3. C’était ce même Clément de Bavière, que l’Empereur avait fait électeur de Cologne, malgré la France; ce qui avait été l’une des causes de la guerre de 1688.

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