‹ Sicle de Louis XIVChapitre 292 sur 447 · Olympe Mancini épousa, en · texte numérisé non relu

Olympe Mancini épousa, en

le prince Eugène de Carignan-Savoie, en faveur de qui Mazarin fit revivre le titre de comte do Soissons.

3. Marie Mancini. — \'’oir plus haut, à la page 78 et à la page 79.

joug qui commençait à lui peser. C’était une anecdote trèsconnue à la cour, qu’il avait dit après la mort du cardinal : « Je ne sais pas ce que j’aurais fait, s’il avait vécu plus longtemps K »

Il s’occupa à lire des livres d’agrément dans ce loisir; il lisait surtout avec la connétable Colonne qui avait de l’esprit ainsi que toutes ses sœurs. Il se plaisait aux vers et aux romans, qui, en peignant la galanterie et la grandeur, flattaient en secret son caractère. Il lisait les tragédies de Corneille, et se formait le goût, qui n’est que la suite d’un sens droit et le sentiment prompt d’un esprit bien fait La conversation de sa mère et des dames de sa cour ne contribua pas peu à lui faire goûter cette fleur d’esprit, et à le former à cette politesse singulière qui commençaient dès lors à caractériser la cour. Anne d’Autriche y avait apporté une certaine galanterie noble et fière, qui tenait du génie espagnol de ces temps-là, et y avait joint les grâces, la douceur et une liberté décente, qui n’étaient qu’en France. Le roi fit plus de progrès dans cette école d’agréments, depuis dixhuit ans jusqu’à vingt, qu’il n’en avait fait dans les sciences sous son précepteur, l’abbé de Beaumont, depuis archevêque de Paris On ne lui avait presque rien appris. Il eût été à désirer qu’au moins on l’eût instruit de l’histoire, et surtout de l’histoire moderne; mais ce qu’on en avait alors était trop mal écrit. Il était triste qu’on n’eût encore réussi que dans les romans inutiles, et que ce qui était nécessaire fût rebutant. On fit imprimer sous son nom une traduction des Commentaires de César^ et une de Florus sous le nom de son frère ; mais ces

1 . « Cette anecdote est accréditée par les Mémoires de La Porte, pages et suivantes. On y voit que le roi avait de l’aversion pour le cardinal ; que ce ministre, son parain et surintendant de son éducation, l’avait très-mal élevé, et qu’il le laissa souvent manquer du nécessaire.» (Note de Voltaire.) Nous avons déjà remarqué que l’opinion des contemporains n est pas conforme à l'assertion de Voltaire. Voyez page 85, note 4.

2. Marie Mancini épousa le connétable Colonna, prince romain, en 1C61, et dut quitter immédiatement la France; c’est donc avant son mariage qu’cile vécut dans la société de Louis XIV.

Page 1