CHAPITRE XXV
princes n’y eurent d’autre part que celle d’avoir eu inutilement pour leurs thèmes quelques endroits de ces auteurs
Celui qui présidait à l’éducation du roi, sous le premier maréchal de Villeroi % son gouverneur, était tel qu’il le fallait, savant et aimable; mais les guerres civiles nuisirent à celte éducation, et le cardinal Mazarin souffrait volontiers qu’on donnât au roi peu de lumières. Lorsqu’il s’attacha à Marie Mancini, il apprit aisément l’italien pour elle, et, dans le temps de son mariage, il s’appliqua à l’espagnol moins heureusement. L’étude, qu’il avait trop négligée avec ses précepteurs au sortir de l’enfance, une timidité qui venait de la crainte de se compromettre, et l’ignorance où le tenait le cardinal Mazarin firent penser à toüte la cour qu’il serait toujours gouverné comme Louis XIII, son père.
Il n’y eut qu’une occasion où ceux qui savent juger de loin prévirent ce qu’il devait être : ce fut lorsqu’en 1655, après l’extinction des guerres civiles, après sa première campagne et son sacre, le Parlement voulut encore s’assembler au sujet de quelques édits Le roi partit de Vincennes, en habit de chasse, suivi de toute sa cour, entra au Parlement en grosses bottes, le fouet à la main, et prononça ces propres mots : « On sait les malheurs qu’ont produits vos assemblées ; j’ordonne qu’on cesse celles qui sont commencées sur mes édits. Monsieur le premier