‹ Sicle de Louis XIVChapitre 316 sur 447 · Costar (Pierre), né en 1603, mort · texte numérisé non relu

Costar (Pierre), né en 1603, mort

en 1660, fut l’un des érudits, l’un des beaux-esprits de son temps; pauvre d’idées, recherché dans son style, il se fit, par vanité, l’admirateur des Balzan, des Voiture, des Chapelain. Sa Défense des œuvres de Voiture esi l’ouvrage qui lui fit le plus de réputation.

3. Les pensions aux gens de lettres français et étrangers, et les académies, coûtèrent, de 1663 à 1690, 1.707.148 livre-, mais sans compter les gratifications souvent considérables dont parle Voltaire.

ment la générosité du souverain. Il récompensait dans Beriserade le petit mérite qu’il avait eu dans ses ballets.

Plusieurs écrivains ont attribué uniquement à Colbert cetle protection donnée aux arts, et cette magnificence de Louis XIV mais il n’eut d’autre mérite en cela que de seconder la magnanimité et le goût de son maître. Ce ministre, qui avait un trèsgrand génie pour les finances, le commerce, la navigation, la police générale, n’avait pas dans l’esprit ce goût et cette élévation du roi ; il s’y prêtait avec zèle, et était loin de lui inspirer ce que la nature donne.

On ne voit pas , après cela, sur quel fondement quelques écrivains ont reproché l’avarice à ce monarque. Un prince qui a des domaines absolument séparés des revenus de l’État peut être avare comme un particulier; mais un roi de France, qui n’est réellement que le dispensateur de l’argent de ses sujets, ne peut guère être atteint de ce vice. L’attention et la volonté de récompenser peuvent lui manquer ; mais c’est ce qu’on ne peut reprocher à Louis XIV

Dans le même temps qu’il commençait à encourager les talents par tant de bienfaits, l’usage que le comte de Bussy ^ fit des siens fut rigoureusement puni. On le mit à la Bastille en 1665. Les Amours des Gaules furent le prétexte de sa prison. La véritable cause était cette chanson où le roi était trop compromis, et dont alors on renouvela le souvenir pour perdre Bussy, à qui on l’imputait.

Ses ouvrages n’étaient pas assez bons pour compenser le mal qu’ils lui firent*. Il parlait purement sa langue ; il avait du mé-

1. Colbert, qui fut de l’Académie française en 1667, lui donna toute espèce d’encouragements; il établit les jetons de présence et la publicité des séances de réception. Un grand seigneur, membre de l’Académie, s’étant fait apporter un fauteuil, Colbert en envoya trente neuf autres. C’est là l’origine des quarante fauteuils.

2. Telles étaient les idées de Louis XiV; il les a plusieurs fois exprimées : « Les rois sont seigneurs absolus, et ont naturellement la disposition pleine et libre de tous les biens qui sont possédés, aussi bien par les gens d’Eglise que par les séculiers, pour en user en tout temps comme de sages économes, c’est-à-dire suivant le b^esoin général de leur Etat. » Et dans un autre passage de ses Mémoires : « Les deniers qui sont dans notre cassette, ceux qui

demeurent entre les mains de nos trésoriers, et ceux que nous laissons dans le commerce de nos peuples doivent être par nous également ménagés. »

3. Le comte de Bussy- Rabutin (1618- 1693), colonel à dix-huit ans et de bonne heure lieutenant général ; brave, mais fanfaron ; spirituel, mais caustique, fut exilé dans ses terres, après un séjour d’un an à la Bastille. Son Histoire amoureuse des Gaules est une satire imitée du Satyricon de Pétrone ; il composa dans sa retraite des Mémoires d’un style vif et léger, et sept volumes de Lettres^ qui sont loin de valoir celles de sa cousine, de Sévigné.

4. Ainsi il écrivit V Histoire abrégée de Louis le Grand, qui n’est qu’un panégyrique outré du roi; mais il se dédommageait de ces éloges publics par des épigrammes.

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