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On enrôle, on enclasse * des matelots qui doivent servir, tantôt sur les vaisseaux marchands, tantôt sur les flottes royales. II s’en trouve bientôt soixante mille d enclassés. r

Des conseils de construction sont établis dans les ports, pour donner aux vaisseaux la forme la plus avantageuse. Cinq arsenaux de marine sont bâtis à Brest, à Rocliefort, à Toulon, à Dunkerque, au Havre de Grâce. Dans Tannée 1672, on a soixante vaisseaux de ligne et quarante frégates. Dans Tannée 1681, il se trouve cent quatre-vingt-dix-huit vaisseaux de guerre ^ en comptant les allèges^; et trente galères sont dans le port de Toulon, ou armées, ou prêtes à Têtre. Onze mille hommes de troupes réglées servent sur les vaisseaux; les galères en ont trois mille. Il y a cent soixante-six mille hommes d’enclassés pour tous les services divers de la marine. On compta, les années suivantes, dans ce service, mille gentilshommes ou enfants de famille, faisant la fonction de soldats sur les vaisseaux, et apprenant dans les ports tout ce qui prépare à Tart de la navigation et à la manœuvre : ce sont les gardes-marines; ils étaient sur mer ce que les cadets étaient sur terre*. On les avait institués en 1672, mais en petit nombre. Ce corps a été Técole d’où sont sortis les meilleurs officiers de vaisseaux.

Il n’y avait point eu encore de maréchaux de France dans le i corps de la marine; et c’est une preuve combien cette partie essentielle des forces de la France avait été négligée. Jean d’Estrées fut le premier maréchal, en 1681 ^ Il paraît qu’une des grandes attentions de Louis XIV était d’animer, dans tous les genres, cette émulation sans laquelle tout languit.

Dans toutes les batailles navales que les flottes françaises livrèrent, l’avantage leur demeura toujours, jusqu’à la journée de la Hogue, en 1692, lorsque le comte de Tourville, suivant les ordres de la cour, attaqua avec quarante-quatre voiles une

1. Après un premier essai, en 1665, on établit le régime des classes dans toute la France, en 1608. G est là l’origine de notre Inscription maritime ; dès 1670, il y avait un effectif de trentesix mille matelots; en 1680, il y en eut soixante mille ; en 1685, près de soixante-dix-huit mille.

2. En 1671, on avait déjà cent quatrevingt-seize bâtiments de guerre. En 1683, la marine militaire compta cent sept vaisseaux de vingt-quatre à cent vingt canons, vingt-cinq frégates légères, trente-deux galères, etc. ; en tout, deux cent soixante-seize bâtiments,

y compris soixante-huit navires en construction.

3. Les allèges sont de petits bâtiments destinés à porter une partie de la charge des grands navires.

4. De 1668 à 1670, on créa une compagnie de deux cents gardes de la marine, dont cent cinquante gentilshommes et cinquante soldats de fortune.

En 1683, il y en eut huit cents, qui suivaient les cours de mathématiques, de géographie, d’hydrographie, et apprenaient la manœuvre des navires.

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