‹ Sicle de Louis XIVChapitre 40 sur 447 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Jean de Vert, le maréchal de Giiébriaiit S les princes d’Oraiige, le comte d’Harcourt. Des ministres d’État ne s’étaient pas moins signalés. Le cliancelier Oxenstiern, le comte duc d’Olivîirès, mais surtout le cardinal de Richelieu, avaient attiré sur eux l’attention de l’Europe. Il n’y a aucun siècle qui n’ait eu des hommes d’État et de guerre célèbres : la politique et les armes semblent malheureusement être les deux professions les plus naturelles à l’homme; il faut toujours ou négocier ou se battre. Le plus heureux passe pour le plus grand, et le public attribue souvent au mérite tous les succès de la fortune.

La guerre ne se faisait pas comme nous l’avons vu faire du temps de Louis XIV ; les armées n’étaient pas si nombreuses ; aucun général, depuis le siège de Metz par Charles-Quint ne s’était vu à la tête de cinquante mille hommes ; on assiégeait et on défendait les places avec moins de canons qu’aujourd’hui. L’art des fortifications était encore dans son enfance. Les piques et les arquebuses étaient encore en usage ; on se servait beaucoup de l’épée, devenue inutile aujourd’hui. Il restait encore, des anciennes lois des nations, celle de déclarer la guerre par un héraut. Louis XIII fut le dernier qui observa cette coutume : il envoya un héraut d’armes à Bruxelles déclarer la guerre à l’Espagne en 1635

Vous savez que rien n’était plus commun alors que de voir des prêtres commander des armées : le cardinal infant, le cardinal de Savoie, Richelieu, La Valette, Sourdis, archevêque de Bordeaux, le cardinal Théodore Trivulce, commandant de la cavalerie espagnole, avaient endossé la cuirasse et fait la guerre euxmêmes L Un évêque de Mende avait été souvent intendant d’armées^. Les papes menacèrent quelquefois d’excommunication ces prêtres guerriers.

1. Jean-Baptiste de Eudes, comte de Guébriant, était né en 1602, au château du Plessis-Budes, en Bretagne. 11 s’éleva à tous les grades par son seul mérite.

2. Charles-Quint vint assiéger Metz en 1552, avec soixante-quinze mille hommes et cent quarante canons ; la ville, où commandait François de Guise, résista pendant soixante-cinq jours, et l’empereur dut battre en retraite le 26 décembre. Ce fut le commencement de la gloire et de la popularité des Guises.

3. Au commencement de la période fran ;aise de la guerre de Trente Ans. « Une commission fut donnée au hé-

raut d’armes de France, sous le titre d’Alençon, de se rendre à Bruxelles:

arrivé à la porte de la ville, il se revêtit de sa cotte d’armes violette, parsemée de fleurs de lis en or, avec les armes de France et de Navarre, par devant et par derrière, et fit sonner par un trompette les chamades accoutumées. » Bazin, Hist. de Louis XIII.

4. Le cardinal infant, Ferdinand d’Espagne, frère de Philippe IV, était gouverneur des Pays-Bas. Le cardinal de Savoie, Maurice, était frère du duc de Savoie, Victor-Amédée PL Richelieu, Sourdis et le cardinal la Valette commandèrent les armées françaises.

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