Cet évêque de Mende. — Dans la
Les ambassadeurs, non moins ministres de paix que les ecclésiastiques, ne faisaient nulle difficulté de servir dans les armées des puissances alliées, auprès desquelles ils étaient employés. CluirnacéS envoyé de France en Hollande, y commandait un régiment en 1637, et depuis même, l’ambassadeur d’Estrades fut colonel à leur service
La France n’avait en tout qu’environ quatre-vingt mille hommes eftectifs sur pied La marine, anéantie depuis des siècles, rétablie un peu par le cardinal de Richelieu, fut ruinée sous Mazarin. Louis XllI n’avait qu’environ quarante-cinq millions réels de revenu ordinaire^ ; mais l’argent était à vingt-six livres le marc : ces quarante-cinq millions revenaient à envii’on quatrevingt-cinq millions de notre temps, où la valeur arbitraire du marc d’argent monnayé est poussée jusqu’à quarante-neuf livres et demie, celle de l’argent fin à cinquante-quatre livres dixsept sous : valeur que l’intérêt public et la justice demandent qui ne soit jamais changée.
Le commerce, généralement répandu aujourd’hui, était en très-peu de mains; la police du royaume était entièrement négligée, preuve certaine d’une administration peu heureuse. Le cardinal de Richelieu, occupé de sa propre grandeur attachée à ceile de l’État, avait commencé à rendre la France formidable au dehors, sans avoir encore pu la rendre bien florissante au dedans. Les grands chemins n’étaient ni réparés ni gardés; les brigands les infestaient; les rues de Paris, étroites, mal pavées, et couvertes d’immondices dégoûtantes, étaient remplies de voleurs. On voit, par les registres du Parlement, que le guet de
guerre contre la Rochelle, le clergé fournit son contingent d’hommes de guerre. Outre le cardinal qui la dirigeait, révèque de Maillezais, Henri de Sourdis, l’évêque de Nîmes, frère du comte de Toiras, l’évèque de Mende, aumônier renvoyé de la reine d’Angleterre, et l’abbé de Marsillac, maître de chambre du cardinal, étaient chargés d’en conduire ou d’en surveiller les opérations.
1. Le baron de Charnacé est célèbre comme diplomate ; c’est lui qui a conclu les traités avec Gustave-Adolphe (1629-1631). Richelieu l’envoya à la Haye pour renouveler l’alliance avec les Hollandais contre les Espagnols ; par le traité du 5 avril 1634, Louis XIII s’engageait à lever et à entretenir un régiment dont Charnacé fut nommé colonel, et une compagnie de cavalerie
dont il eut le commandement comme capitaine. Il fut tué au siège de Bréda, le !«'■ septembre 1637.
2. Le comte d’Estrades (1607-1686), diplomate et maréchal de France, se distingua par ses négociations en Hollande, en Angleterre et en Savoie ; en 1646. il obtint des Etats généraux le commandement du corps auxiliaire qui concourut à la prise de Dunkerque.
3. En 1638, les armées françaises comptaient cent quatre-vingt mille hommes, distribués en cent régiments d’infanterie et trois cents cornettes de cavalerie, d’après Richelieu lui-même.
4. Il est très-difûcile d’arriver à une évaluation exacte des impositions à cette époque. D’après M. Gaillet [Administration en France sons Richelieu), les revenus montaient à environ 80 millions ; mais comme la dépense était de