CHAPITRE III
cette ville était réduit alors à quarante-cinq hommes mal payés, et qui même ne servaient pas
Depuis la mort de François II, la France avait été toujours ou déchirée par des guerres civiles, ou troublée par des factions. Jamais le joug n’avait été porté d’une manière paisible et volontaire. Les seigneurs avaient été élevés dans les conspirations : c’était l’art de la cour, comme celui de plaire au souverain l’a été depuis.
Presque toutes les communautés ^ du royaume étaient armées; presque tous les particuliers respiraient la fureur du duel 3. Cette barbarie gothique autorisée autrefois par les rois mêmes et devenue le caractère de la nation, contribuait encore, autant que les guerres civiles et étrangères, à dépeupler le pays. Ce n’est pas trop dire, que dans le cours de vingt années, dont dix avaient été troublées par la guerre, il était mort plus de gentilshommes français de la main des Français mêmes que de celle des ennemis.
On ne dira rien ici de la manière dont les arts et les sciences étaient cultivés; on trouvera cette partie de l’histoire de nos mœurs à sa place.