CHAPITRE XXXIV
immense bibliothèque : le monarque de P^rance gratifia l’astronome de Dantzick d’un présent fort au-dessus de sa porte.
Mercator % dans le Holstein, fut en géométrie le précurseur de Newton; les Bernouilli en Suisse, ont été les dignes disciples de ce grand homme. Leibnitz passa quelque temps pour son rival.
Ce fameux Leibnitz ^ naquit à Leipsick; il mourut en sage à Hanovre, adorant un Dieu comme Newton, sans consulter les hommes. C’était peut-être le savant le plus universel de l’Europe : historien infatigable dans ses recherches, jurisconsulte profond, éclairant l’étude du droit par la philosophie, tout étrangère qu’elle paraît à cette étude ; métaphysicien assez délié pour vouloir réconcilier la théologie avec la métaphysique ; poète latin même, et enfin mathématicien assez bon pour disputer au grand Newton l’invention du calcul de Vinftni, et pour faire douter quelque temps entre Newton et lui
C’était alors le bel âge de la géométrie : les mathématiciens s’envoyaient souvent des défis, c’est-à-dire des problèmes à résoudre, à peu près comme on dit que les anciens rois de l’Égypte et de l’Asie s’envoyaient réciproquement des énigmes à deviner. Les problèmes que se proposaient les géomètres étaient plus difficiles que ces énigmes; il n’y en eut aucun qui demeurât sans solution en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en France. Jamais la correspondance entre les philosophes ne fut plus
1. Mercator (Nicolas), mathématicien et mécanicien allemand, né dans le Holstein en 1620, mort à Paris en 1687. 11 fut l’un des premiers membres de la Société royale de Londres, et fut chargé par Louis XIV de diriger le travail des fontaines de Versailles.
2. Bernouilli, famille suisse, qui a produit plusieurs savants distingués au XVII® et XVIII® siècles. — Bernouilli (Jacques), mathématicien, né à Bâle en 1654, mort en 1705, fut de l’Académie des sciences de Paris, en 1699. — Bernouilli (Jean), son frère (1667-1746), profond géomètre, fut membre associé des Académies de Paris, de Londres, de Berlin et de Saint-Pétersbourg. Son fils aîné, Nicolas (1695-1725), enseigna les mathématiques à Saint-Pétersbourg avec son frère Daniel (1700-1782), professeur de botanique, de physique, d’anatomie et de mathématiques, rival d’Euler, et très-souvent couronné par l’Académie des sciences de Paris, il est le créateur de l’hydrodynamique. Cette illustre famille s’est perpétuée jusqu’à nos jours.