‹ Sicle de Louis XIVChapitre 427 sur 447 · Leibnitz (Godefroy-Guillaume), né · texte numérisé non relu

Leibnitz (Godefroy-Guillaume), né

à Leipzig en 1646, mort à Hanovre en 1716, a été l’un des plus grands philosophes des temps modernes; ses écrits, comme le dit Voltaire, sont aussi variés que nombreux. « Il est peut-être de tous les penseurs celui qui a remué le plus d’idées, et médité le plus profondément sur la mission et la destinée du genre humain. » (F. Hœfer.)

4. Newton et Leibnitz firent l’un et l’autre cette découverte ; on accusa le second de plagiat et ce fut la cause d’une querelle fameuse qui troubla ses dernières années. Voici les conclusions auxquelles sont arrivés, après un examen approfondi, deux juges bien compétents, MM. Biotet Lefort : « Les commissaires auraient dû déclarer que Newton était maître de la méthode des Fluxions avant que Leibnitz fût en possession du calcul différentiel ; ils auraient reconnu hautement que l’invention de Leibnitz était indépendante de celle de Newton et l’avait précédée comme publication. Telle était la conséquence logique des documents mis sous leurs yeux ; il eût été loyal de la proclamer. »

universelle; Leibnitz servait à l’animer. On a vu une république littéraire établie insensiblement dans l’Europe, malgré les guerres et malgré les religions différentes. Toutes les sciences, tous les arts ont reçu ainsi des secours mutuels; les académies ont formé cette république. L’Italie et la Russie ont été unies parles lettres. L’Anglais, l’Allemand, le Français, allaient étudier à Leyde. Le célèbre médecin Boerhaave était consulté à la fois par le pape et par le czar. Ses plus grands élèves ont attiré ainsi les étrangers, et sont devenus en quelque sorte les médecins des nations; les véritables savants dans chaque genre ont resserré les liens de cette grande société des esprits, répandue partout, et partout indépendante. Cette correspondance dure encore; elle est une des consolations des maux que l’ambition et la politique répandent sur la terre.

L’Italie, dans ce siècle, a conservé son ancienne gloire, quoiqu’elle n’ait eu ni de nouveaux Tasse, ni de nouveaux Raphaël : c’est assez de les avoir produits une fois. Les Chiabrera^, et ensuite les Zappi^, les Filicaia^ ont fait voir quelle délicatesse est toujours le partage de cette nation. La Mérope de Malfei^, et les ouvrages dramatiques de Metastasio sont de beaux monuments du siècle.

L’étude de la vraie physique, établie par Galilée, s’est toujours soutenue, malgré les contradictions d’une ancienne philosophie trop consacrée. Les Cassini®, les Viviani'^, les Manfredi®, les Bianchini les Zanotti, et tant d’autres, ont répandu

1. Chiabrera (1552-1637), né à Savone, a été le premier poëte lyrique de son temps; mais ses poèmes épiques sont oubliés.

2. Zappi (1667-1709), né à Imola, avocat et poëte; élégant et correct, Zappi manquait d’inspiration.

3. Vincent de Filigaja, de Florence (1642-1707), remporta sur ses contemporains par la noblesse de la pensée et la vigueur de l’imagination ; ses odes et surtout ses sonnets lui ont mérité une grande réputation ; c’était un poëte religieux et national.

4. Scipion. marquis de Maffei (1675- 1755), de Vérone, fut un littérateur et un archéologue distingué. Sa tragédie deMérope{\l \A) contient de nombreuses beautés de détails ; Voltaire l’a louée à plusieurs reprises et l’a imitée.

5. Métastase (Pierre-Bonaventure), né à Rome en 1698, mort en 1782, est un poëte du xviii® et non du xvii® siècle. Sa gloire, comme poëte dramatique

et lyrique, a été grande au dernier siècle. La Harpe et Schlegel lui donnent les plus grands éloges. Malgré son habileté à mettre son style dramatique en harmonie avec les lois du rhythme musical, on peut lui reprocher la monotonie et la fadeur qui régnent dans tous ses ouvrages.

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