‹ Sicle de Louis XIVChapitre 59 sur 447 · Sous Henri III, le 12 mai 1588, les · texte numérisé non relu

Sous Henri III, le 12 mai 1588, les

que en France qui ait fait une guerre civile sans avoir la religion pour prétexte. Il s’est peint lui-même dans ses Mémoires, écrits avec un air de grandeur, une impétuosité de génie et une inégalité qui sont l’image de sa conduite. G’était un homme qui, du milieu des désordres, prêchait le peuple et s’en faisait idolâtrer. Il respirait la faction et les complots; il avait été, à l’àge de vingt-trois ans, l’âme d’une conspiration contre la vie de Richelieu ; il fut l’auteur des barricades ; il précipita le Parlement dans les cabales, et le peuple dans les séditions Son extrême vanité lui faisait entreprendre des crimes téméraires, afin qu’on en parlât. C’est cette même vanité qui lui a fait répéter tant de fois : « Je suis d’une maison de Florence aussi ancienne que celle des plus grands princes; » lui dont les ancêtres avaient été des marchands, comme tant de ses compatriotes^.

Ce qui paraît surprenant, c’est que le Parlement, entraîné par lui, leva l’étendard contre la cour, avant même d’être appuyé par aucun prince

Cette compagnie, depuis longtemps, était regardée bien différemment par la cour et par le peuple. Si l’on en croyait la voix de tous les ministres et de la cour, le parlement de Paris était une cour de justice faite pour juger les causes des citoyens : il tenait cette prérogative de la seule volonté des rois ; il n’avait sur les autres parlements du royaume d’autre prééminence que celle de l’ancienneté et d’un ressort plus considérable; il n’était la cour des pairs que parce que la cour résidait à Paris ^ ; il n’a-

Parisiens firent la première journée des barricades et tinrent le roi enfermé dans le Louvre, jusqu’à ce qu’il eût pris la fuite.

1. La famille de Retz, dont l’origine n’est pas bien connue, arrivée en France avec Catherine de Médicis, possédait le duché de Retz et l’archevèché de Paris presque à titre héréditaire ; elle était alliée à toute la haute noblesse.

2. Voltaire a mis peu d’ordre dans le récit des événements de cette époque.

Après la journée des Barricades, la reine parut céder ; et, par la célèbre déclaration du 24 octobre, accepta toutes les réformes délibérées dans la chambre du Palais, dite de Saint-Louis.

Mais elle était décidée à ne pas exécuter cette ordonnance qu*elle regardait comme un assassinat contre Vautorité royale [Mémoires de Madame de Mottevilie). Elle quitta furtivement Paris, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649,

prête à commencer la guerre civile contre le Parlement, usurpateur de ses droits.

3. On ne connaît pas d’une manière bien positive les origines de la cour des Pairs, que l’on s’accorde à faire remonter à Philippe Auguste. D’abord composée de douze pairs, vassaux immédiats du roi, représentants de la féodalité laïque et ecclésiastique, elle vit plus tard augmenter le nombre de ses membres, sans que ses attributions fussent jamais clairement déterminées.

Au XVII* siècle, les pairs ne pouvaient être jugés que dans le Parlement de Paris, suffisamment garni de pairs; ils accompagnaient le roi dans les séances solennelles du Parlement, et prenaient place au-dessus des magistrats, a Mais, dit Saint-Simon, le champion si passionné de la pairie, partout où il a plu à nos rois d’assembler les pairs pour y juger des atl’aires majeures ou faire les sanctions les plus importantes,

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