CHAPITRE VI
ÉTAT DE LA FRANCE JUSQu’a LA MORT DU CARDINAL MAZARIN, EN 1661.
Pendant que l’état avait été ainsi déchiré au dedans, il avait été attaqué et affaibli au dehors. Tout le fruit des batailles de Rocroi, de Lens et de Nordlingen fut perdu. (1651) La place importante de Dunkerque fut reprise par les Espagnols ; ils chassèrent les Français de Barcelone; ils reprirent Casai en Italie Cependant, malgré les tumultes d’une guerre civile et le poids d’une guerre étrangère, le cardinal Mazarin avait été assez habile et assez heureux pour conclure cette célèbre paix de Westphalie par laquelle l’Empereur et l’Empire vendirent au roi et à la couronne de France la souveraineté de l’Alsace pour trois millions de livres payables à l’archiduc, c’est-à-dire pour environ six millions d’aujourd’hui (1648). Par ce traité^, devenu
1. Le 22 octobre 1652, le roi, en grand appareil, se rendit au Parlement, interdit à ses officiers des cours souveraines d’accepter des fonctions dans les maisons des princes ; enfin leur défendit « de prendre aucune connaissance des affaires générales de son Etat et de la direction de ses finances; ni de rien ordonner ni entreprendre, pour raison de ce, contre ceux à qui il en avait confié l’administration, sous peine de désobéissance. » Voir au chapitre XXV la fameuse séance, où le jeune roi défendit au Parlement de s’assembler sans sa permission.