Remontrer, faire des remontrances
3. Les Espagnols avaient pris Gravelines et Mardick en 1652, puis Dunkerque le 16 septembre. La désertion du comte de Marsin, dévoué à Condé, avait causé la perte de la Catalogne, et
don Juan d’Autriche, frère de Philippe IV, avait recouvré Barcelone, le 13 octobre 1651. La garnison de Casai, contrainte par un soulèvement des habitants, avait capitulé le 21 octobre
4. Voltaire aurait peut-être mieux placé ces détails sur la paix de Westphalie, avant le commencement de la guerre civile. Les traités furent signés à Munster et à Osnabrück, villes du cercle de Westphalie, le 24 octobre 1648. La France obtenait au moins autant d’avantages que la Suède ; on lui abandonnait la souveraineté des trois évêchés : Metz, Toul et Verdun ; de Pignerol, la clef de l’Italie; Brisach, le landgraviat de haute et basse Alsace, le Sundgau, la préfecture des dix villes impériales; le droit de garnison dans Philipsbourg ; la libre navigation du Rhin, etc. Elle restituait à l’archi-
pour l’avenir la base de tous les traités, un nouvel électorat fut créé pour la maison de Bavière. Les droits de tous les princes et des villes impériales, les privilèges des moindres gentilshommes allemands furent confirmés. Le pouvoir de l’Empereur fut restreint dans des bornes étroites, et les Français, joints aux Suédois, devinrent les législateurs de l’Empire. Cette gloire de la France était due au moins en partie aux armes de la Suède. Gustave-Adolphe avait commencé d’ébranler l’Empire. Ses généraux avaient encore poussé assez loin leurs conquêtes sous le gouvernement de sa fille Christine. Son général Vrangel était prêt d’entrer en Autriche. Le comte de Kœnigsmark était maître de la moitié de la ville de Prague, et assiégeait l’autre, lorsque cette paix fut conclue. Pour accabler ainsi l’Empereur, il n’en coûta guère à la France qu’environ un million par an donné aux Suédois L
Aussi la Suède obtint par ces traités de plus grands avantages que la France ^ ; elle eut la Poméranie, beaucoup de places et de l’argent. Elle força l’Empereur de faire passer entre les mains des luthériens des bénéfices qui appartenaient aux catholiques romains.
L’Espagne n’entra point dans cette paix, et avec assez de raison ; car, voyant la France plongée dans les guerres civiles, le ministère espagnol espéra profiter des divisions de la France. Les troupes allemandes licenciées devinrent aux Espagnols un nouveau secours. L’Empereur depuis la paix de Munster, fit passer en Flandre, en quatre ans de temps, près de trente mille hommes. C’était une violation manifeste des traités.
Les ministres de Madrid eurent, dans le commencemei. i de ces négociations de Westphalie, l’adresse de faire une pal 3. par-
duc Ferdinand les quatre villes forestières, le Brisgau, l’Ortnau, et lui donnait trois millions d’indemnité. — Le duc de Bavière gardait son électorat, avec le haut Palatinat; mais le comte palatin recouvrait le bas Palatinat, et un huitième électorat était créé en sa faveur. — La Diète fait et interprète les lois, résout la guerre, impose des tributs, conclut des alliances, etc. — Les nombreux Etats laïques et ecclésiastiques (plus de trois cent cinquante) font des alliances, pourvu que ce ne soit pas contre l’Empereur et l’Empire. — Tous les alliés de la France reçoivent des avantages ou des indemnités.
1. Les généraux de la Suède, Banner, Torstenson, \^'^angel, Kœnigs-
mark, etc., contribuèrent sar.s doute à abattre les prétentions de l’Autriche ; mais qu’auraient-ils fait sans la France, qui, depuis 1635, supporta le poids de la guerre? Voltaire est bien injuste ou bien léger, lorsqu’’ 1 dit qu’il n’en coûta qu’un million pa’ an, donné aux Suédois par la Fra; ce, qui depuis treize ans prodiguait ses trésors et son sang pour la défense de l’équilibre européen.
2. La Suède eut la Poméranie citérieure, ou à l’ouest de l’Oder, avec Stettin, Rug n, VVollin et les bouches de l'Oder ; V ismar, dans le Mecklembourg; l’arfaevèché de Brême et l’évêché de Verden; enfin cinq millions de reichsthalers, et troix voix à la Diète germanique.