CHAPITRE SDR LA CHASSK DU GUEPARD
Hoyena de le prendre, de l'apprivoiser et de le dreaser avec l'aide de Dieu.
Les hommes du métier disent qu'il faut, si l'on rencontre un guépard, ne pas s'en approcher vivement, mais marcher avec précaution en le suivant de manière qu'il ne puisse se dérober à la vue. On doit le suivre doucement par derrière, si l'on est seul, mais si l'on a un compagnon l'un se placera à la droite, l'autre à la gauche de l'animal, de façon âce que si l'un vient à ne plus le voir, l'autre ne le perde point de vue. On continuera à. marcher ainsi jusqu'à ce que l'on s'aperçoive qu'il se couche et dort. Si l'un des deux chasseurs a vu le guépard s'endormir, il doit s'en approcher jusqu'à ce qu'il se lève, et se remettre à le suivre jusqu'à ce que, fatigué, il se couche une seconde fois. On courra alors sur lui, avec bruit, sans toutefois s'en rapprocher de trop près si l'on comprend que h guépard a encore de la force, et cette dernière fois on marchera sur sa piste en l'importunant et en s'en rapprochant toujours davantage jusqu'à ce qu'il se couche et s'endorme. A ce troisième sommeil, s'il s'étend sur le cûté, le chasseur comprendra que le guépard est arrivé A cette extrême fatigue qui permet de le prendre.
On se hUera alors d'aller à lui, on âtera^un de eea vêtements dont on se couvrira la Dgure, et on avancera en marchant vite, saos bruit, la tête enveloppée de telle sorte que le guépard ne puisse voir votre visage par les interstices du vêtement. Si le sommeil du guépard continue, le cliasseur lui jettera son vêtement, l'en couvrira sans trop le serrer et appuiera fton côté droit sur sou corps de manière h l'empécber de s'asseoir ou de se relever, et il étendra même sa jambe jusqu'à la hanche sur le guépard en le pressant pour qu'il ne puisse faire aucuo mouvement.
Dans cette situation, il s'empressera de passer une corde solide, dont il doit être muni, autour du cou de l'animal en faisant an nœud qui ne doit ni se serrer ni se relâcher, pour que le guépard ne puiâSS débarrasser sa tête. Il liera alors ce licol à un objet près de lui, et s'il n'y en a pas, où il puisse fixer ce lien, il l'attachera au vêtement qu'il a lancé sur la tête du guépard.
Après s'en être ainsi rendu maître, s'il a un compagnon, le chasseur lui ordonnera de lier les quatre pattes, mais les nœuds doivent être f^ts au-dessus du pied, car, ailleurs, ils pourraient froisser quelques muscles des 'jointures et les blesser. Assuré ainsi de la prise du guépard, on plantera un piquet pour y attacher le lien des pattes de devant et un second piquet pour celui des pattes de derrière. Cela fait, on passera la main sous le vêtement, et on saisira la gueule de l'animal que l'on serrera avec une forte courroie. On prendra ses deux pieds de devant, on les enveloppera d'un linge bien attaché en ayant soin que les grifi'es soient dans l'intérieur du linge. — On ne doit pas quitter l'endroit où le guépard a été pris avant de lui avoir présenté un morcean de fromage, et si, en sentant son odeur, il le lèche, on pourra être tranquille sur sou compte. Alors on lui donnera à manger un petit morceau de viande gros comme le pouce, en le lui mettant dans la gueule. Tout le temps que le chasseur lui donnera ainsi à manger il ne doit absolument pas montrer son visage À l'animal, mais il lui découvrira la létc tandis que lui omservera son visage caché et regardera le guépard
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de derrière )e voile. Si alors le gaépard se détourne et Terme les yeux, on verra là un indice favorable.
Od agira ainsi pendant trois joura jusqu'à ce que l'animal se soit habitué à manger, mais s'il est trop craioUr, il se couvrira la fl^re; il faut qu'il y ait autour de lui du monde qui parle.
Si on veut le transporter d'un endroit à un autre, on le placera dans un sac et on le fera porter par deux hommes, et, en arrivant i l'endroit choisi, ou y plantera des pieux pour y attacher les entraves ; oa lui fera nu lit avec des linges et on placera sous sa tôte un coussin fait avec des herbes sèches. Il doit toujours y avoir du monde autour de lui, et le chasseur doit se tenir derrière, la jambe gauche passée sur le cAté du guépard, eu le tenant entre les deux jambes, et avoir en main un morceau de fromage qu'il lui présentera chaque fois qu'il relèvera la tête. Pour lai donoer à manger, il se servira d'un plat avec anneaux en fer disposés autour et avec un ou deux anneaux pour le prendre en y passant les doigts. On placera la viande dans ce plat, on le remuera et on laissera manger, avec lenteur, un morceau de viande.
Lorsqae le guépard sera resté dnq jours dans l'endroit qui aura été choisi, on rel&chera un peu les liens qui le tiennent garrotté et on allongera les entraves des piquets de hçtm qu'il puisse relever la tôte.
Sept jours après, on le débarrassera des liens qui lui attachent les épaules, de sorte qu'il lui soit possible de relever la poitrine.
Dix jours après, on enlèvera le piquet qui retient les deux pattes de devant, on les lui attachera avec des entraves sohdes et on lui rendra la liberté de ses membres ; mais les entraves doivent être courtes et disposées de manière que celle des pattes de derrière ne s'embarrassent pas dans celles des pattes de devant. On peut aussi réunir les entraves des pattes de devant et celles des pattes de derrière par une ficelle, et, si on le veut, on peut aussi mettre deux entraves séparées qui ne l'empêcheront point de se tenir sur ses
Ou ne doit jamais \a laissai- sans fromage et on ne doit plus le Taire manger que debout. On doit lui parler en lui donnant à manger, crier comme si on lui demandait de répondre, et continuer jusqu'à ce qu'il se décide  manger. Une fois qu'il aura maagé, on cessera de crier.
La dixième nuit on doit le contraindre à rester éveillé, et ainsi on obtient plus facilement sa soumission.
Il faut faire cela, toute une ouit, une sur deux. Lorsque le guépard mange, il n'y a pas de mal à diminuer sa nourriture, et même à le faire jeûner jusqu'à ce qu'il dorme, par là on surmontera sa sauvagerie. Jamais on ne doit se présenter à lui de face, mais il faut l'aborder par câté, en étendant vers lui la main droite qui tient le fromage et en levant la main gaucbe, comme si on voulait lui gratter la tôte. On doit aussi le regarder fixement.
Si te guépard se précipite avec avidité sur le plat qui contient sa nourriture, il faut te lui retirer en arrière d'un pas environ et le regarder dans les yeux, remuer ensuite le plat et lui parler comme si on lui demandait de répondre. En faisant cela, il faudra s'éloigner des personnes présenles, et c'est UQ commencement et tout commencement est difficile.
Sacbes-le, le guépard est un animal féroce, sauvage, qui le regarde comme son ennemi, on ne le prend que par la bonté et par des détours. Saches aussi que son dressage ressemble à celui du faucon.
Si le guépard est rassuré et qu'il marche derrière la nourriture, sans crainte, alors, pendant trois Jours, on lui donne à mangur eu se tenant droit de telle manière qu'il soit obligé de manger la poitrine liaute et la léle relevée pour arriver au plat. Si le guépard est encore craintif, il ne regardera pas an visage son dompteur.
On fait, ensuite, un banc d'une coudée et demie de haut sur lequel on met la couverture et le vêtement du guépard et l'homme qui doit lui donner à manger se place derrière ce banc auquel il attache le vase qui contient la nourriture avec un fil au licol de l'animal et le met sur le banc. Il le remue alors, tire à lui le licol avec la main pour que le' gué-
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pard qui enteDd le bruit des anneaux monte sur le banc. L'homme alors doit lui retirer le manger et ne le loi donner que petit à petit et bouchée à boucbée.
Le second jour, il augmentera la hauteurdn bancd'unedemie coudée, afin qu'il soit haut de deux coudées. Le troisième jour et le quatrième, il fera de mémejusqu'à ce qu'il atteigne ïtne hauteur de trois coudées. Il le fera mangerainsi pendant six jours, jusqu'à ce que le guépard vienne sans résister au licol et sans se défendre. Le septième jour it prendra nu cheval bas sur ses jambes, qu'il attachera; il placera sur son dos un coussin, comme il doit savoir le faire, et couvrira la tête du guépard de sorte que celui-ci ne puisse Voir le cheval. Gela ^t le chasseur montera sur le cheval, prendra, de sa main le licol, mettra le vase de la nourriture sur le coussin derrière lui, le remuera de manière que le guépard entende le bruit des anneaux du vase, tirera le licol de sa main droite, sans appel, jusqu'à ce que le guépard monte sur le dos du cheval. Il prendra alors les entraves des pieds de devant et de derrière et les séparera de manière à ce que ces entraves soient disposées comme on le fait pour les chevaux. Il actionnera alors le cheval et le fera marcher, mais il aura besoin de deus personnel : l'une placée à la queue du guépard et l'autre devant le cheval pour le faire marcher. Pendant ce temps, le guépard mangera et on lui laissera vider le vase à nourriture. Lorsque celui-ci aura été vidé on fera faire quelques pas au cheval, et on donnera encore à manger au guépard.
Le troisième jour de cet exercice, le dresseur montera à cheval et parcourra avec lui, après avoir donné à son gn^ pard une ou deux bouchées, la moitié d'un tour d'hippodrome; et dans le cas ou il s'arrêterait et où il refuserait la nourriture, il ^udrait continuer de marche. Il faudra persister jusqu'à ce qu'il monte en croupe, alors il marchera pendant une demi-lieue, et ensuite il lui donnera à manger. Lorsque le dresseur le verra rassuré il le mettra à terre et éloignera ceux qui l'ont aidé pour le rendre content et satia- ^. Il fera de même le lendemain et les suivants jusqu'au
Joiir oà il aura âloigné les tiomines qui Taidaient, s laissera le guépard seul et il s'en étoigaera d'une ci de pas eî l'appellera jusqu'à ce qu'il le fasse monter dos du cheval; en Dnissaot la promeDade il lui doD manger, et il continuera à foire cela jusqu'à ce que pard ne soit plus préoccupé par le désir de manger qu'à ce qu'il puisse avoir confiance en lui et être cei lui faire faire ce qu'il désire.
Il l'exercera ainsi et un jour il tâchera de lui fïiire r trer une jeune gazelle, et si le guépard la chasse, il ii par devant, il lui parlera jusqu'au moment où il saisir les pieds de la gazelle. Alors il montera à cbe ie dos du guépard et égorgera la gazelle sans exciter pard à la lui disputer, de la manière que cela est fait personnes qui savent.
Mohammed-EI-Mangali, que Dieu lui pardonne, d faut que le Guépardier (le dresseur de guépard) conaa pays qui produisent les guépards, car chaque pays ] une race différente de ces animaux dont les instincts point les mêmes et il ajoute que cela est indispensable a pardier et que les personnes instruites ne doivent p plus ignorer ces détails.