Chapitre sar le premier homme qui a oh«as< avec l'aigle
On prétend que c'est un roi de Mossoul qui le premier i employé les aigles à la chasse, et que c'est de ini qu'a commencé l'usage des aigles pour ce divertissement El Moula* dhed employait aussi les aigles, il était passionné pour ce sport II était aussi amateur de la chasse au guépard. Il tuait lui-même les lions, les chassant tout seul. On n'a jamais vo pins grand cbassear, et il avait une grande cétébriLt
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comme amateur passionné pour les guépards et les aigles doDt il disait : « Ils sont les Uodb des oiseaux de proie. »
Il les dressait lui-mëoie.
Od dit que le premier chasseur qui se soit servi de l'aigle était un individu de Mossoul, chasseur de gazelles au siniet, dans un lieu appelé pays de Faredj, lieu abondant en gibier et en gazelles. Il arriva un jour que ce chasseur prit ua aigle et l'emporta chez lui, il lui mit des entraves. Le chasseur l'ayant oublié, l'aigle lui mangea un de ses chiens de chasse. On assure même que cet aigle dévora un des enfants du chasseur. Ce chasseur conserva cet aigle pendant dix ans, et comme il l'avait dressé k la chasse de la gazelle, il s'en servait pour les prendre. Les aigles sont communs dans le pays de Mossoul, dans le Sindjar et dans le Hauran.
Chapitre sur la manière de porter les otaeanx de proie, et sur leur dressace.
Les hommes expérimentés disent que la main du porteur améliore on g&te les oiseaux de proie et qu'elle est i leur égard, dans le rapport des poids à la balance. Il fa.at que le porteur de Taucon ait des vêlements propres, parfumés avec de bonnes odeurs ; que son naturel soit bon, et qu'il soit habile dans l'art de porter le faucon, qui aime les odeurs du musc (Atar). Le faucon ne doit pas être porté par une personne dont l'haleine est forte, car s'il est porté par quelqn'uu qui sent de la bouche, il perd son ardeur, et s'il est porté deux ou trois jours par un tel porteur, il le reconnaît et le fait. On reconnaît que le porteur a l'haleine forte lorsqu'on s'aperçoit que le faocon détourne constamment sa tête, qu'il devient farouche, et que lorsqu'il saute, il saule en fuyant, et qu'en sautant il donne des coups de bec. Lorsqu'au contnire, le porteur, c'est-à >iire le fauconnier, a une bonne
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eet aut boa, w vmt alors le tam^tm se rapiHvcher aoa bncomiier, lui becqueter la barbe, et aller â lui d qu'il l'appelle, se poser sur son poing ou sur sa télé, ou si ses liras, ou £ur ses épaules. Tels soat les signes pour I faucons et que Dieu soil propice I
Le caractère du fàucoo devient quelquerois dirocile à caui de la mauvaise manière de le porter. C'est la main du &u coDOier qui lest cause de ce mauvais caractère, qui indispos le porteur, le chasseur, et celui qui lance le ^ucoq sut I gibier. Q'est la main du buconnier qui est cause aussi qu'a momeot où ou égorge le gibier, le ^ucon réclame sa proie En eSEst, il y a des foiu»ns qui défendent leur proie pou obtenir un morceau de cbair ou la cuisse du gibier, et qu foDl des difQcultés pour l&cber de leurs serres le gibier pri: à la chasse. Ces faucoua sont ordinairement des faucons aui yeux jaunes, les autres ne se comportent pas ainsi. Le^ hommes d'expérience disent que si le faucon dispute sa proie au ^uconoier, s'il ne se pose pas sur son poing, celui-ci doit le prendre par les pattes et l'enlever de dessus le gibier ; que si le bucon permet qu'on te prenne par les pattes, il ne vent point cependant qu'on le prenne par les serres, que s'il permet qu'on le saisisse et par les pattes et par les serres, il ne consent pas à être pris par les hanches. EnQn, si le faucon oède sur ce dernier point, son ardeur pour la chasse s'éteint, et, de temps en temps, il est pris par la fatigue, et sou fauconnier le supp(»e' malade, mais cette fatigue lui vient de ce que sa passion n'est pas satisfaite, et le faucon s'amollit et tombe quelquefois réellement malade. On attribue donc la douceur du faucon et la beauté de sou tdumage aux soins qu'on lui donne et i la bonne manière dont il est pcfftè.
Le Schelkh Alsa El Âssadi, interrogé sur la manière de porter tous les oiseaux de proie, dit comment le port du faucon est différent de celui des autres oiseaux de proie, et comment la main du porteur de faucon ressemble à uHe balance, en ce sens que la tète du Eaucou doit être près de l'oreUte à» son porteur dont la maia doit âtrft teaue loia ds
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corps de telle sorte que le foucoo ne vienne pas & tnnblrer son épaule, et de teHe manière qu'il paraisse être connue H son cÂtè. Le fauconnier, ajoute-t-il, ne doit jamais négliger 30D faucon, il ne doit pas poser la main à terre pour prendre quelque chose, et s'il prend quelque chose, il ne doit donner cet objet qu'en le tendant par derrière lui ; il ne doit permettre à personne de se mettre à sa gauche^ et il nS' éeik marchera côté de pentoaae sans-étreà la gauche de celui qui marche auprès de lui ; il sera attentif à son faucon afin qn'nn cbiea ne vienne point, derriëre lui, sans qu'il ne .le swie, il ne le fera passer d'une main sur l'autre qu'en lui donnant à manger au moment de la chasse. Il ne le remetbà' ao cbasseur que lorsqu'il sera monté sur son cheval, et ne doit le remettre qu'ainsi. Il y a, pour le fûre, des règles qui. soDt connues. Si le faucon vient à satisfaire ud besoin itatarel, il le mènera auprès de l'eau, dans un endroit choisi. S'il ne va pas i l'eau, il la remuera Jusqu'à ce qu'il la voiot carie faucon aime l'eau et aime k s'y tenir. Si, après avoir ba, il en son et qu'il élève sa patte vers la main, c'est qu'il n'a pas besoin de se baigner, mais, s'il est échauffé, ne t'ap^pioche de lui que lorsqu'il sortira de lui-même de l'^aa. To. lui tendras alors le poing, tu l'emporteras à quelques pas loin de l'eau, et tu l'attacheras à sa cage et tu t'assoleras près de lui jusqu'à ce que tu auras recoanu qu'il s'est séché, qull s'est essuyé les plumes du bec, et qu'il ne se secoue plus, alors prends-le et va où tu voudras.
Le porteur de la base n'a pas besoin d'avoir les mêmes soias que celui du ^con, et loin de tenir la main loin du corps, il doit la tenu- tout près et la buse appuyée sur lui. S'il lève la main, il doit la lever droit comme si elle avait été créée ainsi. Lorsque la buse s'élance sur le poing, il doit un pen abaisser la main pour adoucir le saut de l'oiseau. Il placera ensuite la main en arrière. Il ne doit tirer le faucon, qne suivant la force du faucon, et non fortement, car cela peut lui nuire, le faucon étant plus faible que les autres : oiseaux de proie, ses reins n'étant pas forts comme celui de. l'épervier et du sakar ; en effet, le faucon a le dos Mble,
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les pattes courtes, les ailes loag^ues et ses yeux ne sont pu jaunes, et od ne doit pas traiter la buseconuoe le rançon.
CluHpItoe mmr 1* mantta » J«At«cher le F*ae«a cb ronte et en liB».
Les bommes d'expérience disent que rien n>8t meilleur pour le faucon que la cage ; mais cette opinion a été astiquée par les Persans. Cependant rien n'é^le la cage. Tout^ fois, dans la ville, el'e ne convient que lorsqu'on les fait se baigner dans l'eau. En route, ou ne doit pas attacher l'éper- Tier, ni le sakar sur un terrain battu, car si on attache tes faucons sur un sol dur, il se casse les plumes de la queue et il s'abime. Dans les maisons il est convenable d'attacber les ftocons an perchoir, qui doit être à une hauteur d'une coudée, et dont il a déjà été question, avec détail, sur la manière d'installer les perdioirs. I.e perchoir s'appelle aussi ehemcha, et, dans l'Irak, on le nomme herdy. Le perchoir a de nombreux avantages dans les maisons, mais nous n'en reparlerons plus pour ne pas répéter des choses sans véritable utilité.
Mohamed Ben Mangali dit qu'il ne faut point faire porter les faucons, ni par un étranger, ni par un homme ivre, car il pourrait, dans son ivresse, crier dans la figure du faucon et lui nuire. Il ne convient pas que le fauconnier boive des liqueurs enivrantes, cela ne convient pas plus aux autres personnes. I^ fou seul est pardonnable, mais lliomme adonné à l'ivresse est coupable. Je prie Dieu de m'en préserver et de ne pas me faire trouver dans sa société II peut en mésarriver, et peut-être peut-il causer la probibition {do giber) dont parlent les livres des anciens, quoique cette pro- Iiibition ne soit pas certaine d'après le scheriat. Il faudrait réfléchir à cette question qui peut être grave. Quand à la
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prohibition provenant de l'étranger, d'après les Ulémas, im doit purifier la bonche en la lavaat, mais quand i. cs-qjÙHk licite, il n'y a là-dessus aucune diiïoiUi.
Un savant m'a raconta qoe taa père étant on jour sorti de chez lui pour acheta va objet qui se vendait dans les boutipes d'épicier, il fui fut répondu que l'on n'avait point cet objet. U alla dans une autre boutique et le marchaDd lui Ht la mine réponse, le troieiëme épicier lui répondit aussi ne pas avoir l'article demandé. Il en fut de même cbez le quatrième. Mon père s'exclama ainsi et dit: Dieu gloriQé, cet objet se trouve et même est sans grande valeur. Comment se Eût-il que je oe le trouve point. Il rentra alors, fit ses ablutions, sortit et redemanda cet objet qu'il trouva dans une des boutiques où il s'était déjà adressé. Il dit alors à l'épicier: tu m'as tantôt dit que tu n'avais point cet objet Le marchand lui répondit alors : peut être que tu n'étais pas en état de pureté. Mon père te reconnut. Cette histoire est curieuse et je demande à Dieu d'être favorable et de pardonner aux savants qui racontent ces histoires.
Chftpitre sur In manïëpe de lancer les maitmn ■UF les aotraohea et les mses A employer ponr les chasBcr.
Chacun sait que l'autrucbe, dès qu'elle voit une personne ou un cavalier, ne cesse de f\iir et se cache, et que sa course est d'une ou deux lieues. Donc dès que le chasseur la voit, il doit découvrir la tête des faucons et les lancer, galoper à leur suite et lâcher un cuien frais. Au moins il doit lancer cinq sakars, l'un pour attaquer la tête et le cou et deux pour le saisir aux cuisses, avec le chien, et au plus, il doit en lancer six, dont trois pour le cou, deux pour les ailes, et un pour la cuisse, de concert avec le chien frais. Peut être que le cbien arrivera dans un lieu désert et qu'il prendra l'une des caisses. Il &ut que le chien ait une longue haleine et
qaIttMt ctbisA de lerriw et de chien d'arref. Ittidjt tUi'tâ^ pittcf-j^râcééent iTons'tfi*Dtf9 t^të' des différâines vx^'l^ dûeo. Lorsque les s^anàtteiguéiitrauttxidie, ils s'ittf^^' à90ttccfti''(raàsatëtëet'Ie cblen arrive £ lenraide, et'c'ï^st ce-qn'fl ya de plus commode pour ]e3 sakars, à moins i^'îts agissent de Idîq. ûcanf & la ruse, pour faire cette châ^ dlË est dès plus faciles.
Les hommes d'expérience' disent qu'il est nécesrairt' 'que ceM' qni- chasse Tàutnichte' doit savoîir'que celle-ci courf' d'ttiltaiït'plas ^pldemeot que lé vent lui est favorable, ét'qûe sa course et- pràsuccélérée par un vent foti, et qu'en cous^ quence il faut s'effcrcer d'avoir le vent en sa feveuteflë rendite contraire' iiffiqu'â ce qne i'oo s'en rende mattrt. L*autmchè est, panni les animaux sauvages, le pins pràâinpt à fitlr.
On- ta chasse aussi avec un morceau de toile noire qne l'on attache près de son gîte. Du moment que l'autnictie' s'est' fàotiliarisée avec ce morceau de cbifToa noir le chasseur revêt un habillement tout noir et se met au lieu'et pla!cé dU chiffon noir. L'autruche ne s'effarouche plus et il la chasse. Le diiffoo noir doit être solidement attaché sur un morceau de bois un peu moins élevé que la taille d'un homme, et fiché enterré:
Motrammeaben Mangali ajoute qu'il est bon de mettre àiftonr de ces bois les choses que l'autruche amasse et'ûme à manger, et que, dans ce cas, on doit lancer sur elle les jaucons et'le chien- On chasse l'autruche en été parce qu'alors elle est iiflÏLiblie, que ses plumes tombent et que sa chiair est plus grasse et plus abondante, et que l'homme à pied peut l'aieindre et la prendre.
On a expérimenté que le fer avalé par l'àutruehe et rendu avec ses eicréments sert à faire des couteaux et des sabres que la rouille n'attaque plus et qui sont incomparables ; ses os, lorsqu'on les mange, sont un poison qui engendre là phthisie. Si de sa peau on fait un poisson que l'on place dans un bocal avec du Vinaigre, le lendemain ce poisson nagera.
Le pauvre Mohammed ben Hangali — que Dieu lui par-
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donne ses erreurs — dit : < Je ne veux point terminer ce Uvresansdireun mot sur l'aigle, sur le hida, sur le vautour appelé Rakbam(l), etsans parler des vertus spécifiques qui leur sont attachées, car ces oiseaux sont de l'espèce des oiseaux de proie.
Les hommes d'expérience disent que le hida pond deux œuls et que, s'il pond trois œufs, il en sort trois petits, qui mordent après trois jours. Le hida ne chasse point, mais il ravit par ruse; de sun naturel, il s'arrête dans le vot, et cette particularité n'appartient qu'à lui seul.
Ëben Ouahchia dit que les corbeaux et les hida se transforment les uns dans les autres, que le corbeau devient hida et le hida corbeau. On dit que le hida est le meilleur des oiseaux de proie pour ses voisins et que, dût-il mourir de &im, il ne dévorerait point les petits de ses voisins.
On raconte que le tûâa était un des oiseaux de chasse de l'Bnvoyé de Dieu Salomon, Qls de Daoud (que le salut soit sur eux deux), et qu'il se refuse à être apprivoisé et à être la propriété des autres, parce qu'il a eu pour maître relui après lequel on ne peut en reconnaître d'autre. Si le >iida était un oiseau avec lequel on put chasser, 11 n'y en aurait poiat de meilleur. Par instinct il ne saisit que du côté droit, et ou ne peut lui échapper que du câté gauche, ce qui a fait dire de lui qu'il est indomptable. Cet oiseau n'est qu'os, nerf, peau et plume et n'a point de chair.
VerhK ipéei^ques du hida. — Le Cel du hida, desséché et réduit en poudre, quand il est répandu dans un endroit oïl se trouvent des vipères, les vipères meurent. Si ou frotte.de tette même poudre la piqûre d'un scorpion, la douleur cesse. Il en est de même de la piqûre de la guùpe. Son sang, mélangé avec du vinaigre et employé en lotions et en frictions sur l'éléphantiasis el la lèpre, guérit. Si on fait rdlir le cœur d'un hida et qu'on le fasse manger à un jeune enfant, il deviendra courageux et aura le cœur ferme Si, dans une chambre éclairée par des flambeaux et où se trouve une so-
jl) Picargae.
ciété, on fait brûler un bout d'ùte de bida, il en résalten une telle obscurité que l'dn ne pourra plus se voir. Si le bida est cruciDé dans une maison, les serpents et les scorpions n'y resteront poiol. Eben-el-Zoohi assure que le Bel du bida, réduit en poudre et placé dans un panier rempli de serpents, tuera tous les serpents qui se trouvent dans ce panier.
Le flel du hida que l'on a saigné d'après la loi, que l'on prend et que l'on fait dessécber k l'ombre et que l'on scelle dans une gourde de telle sorte qu'il soit loin de toute impureté légale, guérira, même employé à la distance de trois nulles, la piqûre de la vipère, du scorpion et de tous les animaux venimeux. La personne qui s'en servira l'emploiera délayé dans de l'eau douce, en frottant l'endroit piqué et en frictionnant son œil du côté opposé â celui qui est blessé, en faisant aspirer par le nez cette poussière délayée dans de l'eau à une personne mordue par un cbien enragé, cette personne n'aura pas la rage, avec la permission de Dieu. Avm cette môme poudre, on noircit les paupières des personnes qui ont des taies dans les yeux.
On raconte qu'une femelle de hida se plaignit de son mâle à Salomon, Dis de David (qu3 sur eux deux soit le salut), en lui disant : Prophète, mon mÂle ne m'approche point. Le mâle dit au prophète : Elle en a menti. Le Prophète lui dit alors: Certes, tu as dû la trahir. Le mâle avoua, et, depnis lors, lorsqu'il couvre sa femelle, il crie.
Clutpltra de l'Aigle, des propriété» de son corps et de son osraotére.
Sache, — que Dieu te conserve, — que l'aigle n'a pas de serres, mais plutôt des ongles aigus ressemblant aux serres, car les serres saisissent comoae celles du faucon, du bazi, tandis que l'aigle élreint comme le coq. — Des hommes expérimentés prétendent que le regard du mâle suHit pour féconder la femelle, ce regard passionné tient lieu d'accoa-
plement et la femelle y troore une grande vo'upté. L'aigle ne couve pas, la femelle dépose ses œufs dans des aires élevés eiposéa au soleil, et la chaleur du soleil suffit à l'éclosiou. On accuse l'aigle de manque d'instinct, d'intelligence, de prndence et on lui accorde une puissance de vue qui lui permet de découvrir une charogne à une distance de quatre cents farsangs, il en est de même de son odorat qui est subtil, mais les parfums le tue ; son vol est le plus puissant des vols, et ses ailes sont les plus vigoureuses : ou dit qu'en une seule journée il peut franchir l'espace qui sépare rOrieot de rOccideat. Tous les oiseaux redoutent l'aigle, et aucun n'ose l'affronter. Il est vorace, et lorsqu'il s'abat sur an cadavre il se repait au point de ne plus pouvoir prendre son essor; il bondit jusqu'à ce qu'il prenne l'air pour s'enlever. Si oD le rencontre dans cet état, l'homme le plus chétif peut CD avoir raison avec un simple bâton.
La femelle de l'aigle redoute pour ses œufs la voracité du scarabée noir, et son instinct la porte à entourer le nid avec ies feuilles de platanes qui éloignent ces insectes. Gomme la colombe, lorsqu'elle perd sou mile, elle a un chagrin tel qu'elle se prive à& manger, garde le Did, et souvent le chagrin la tue.
L'aigle a une longue existence, on prétend qu'il vit mille ans.
La couleur de l'aigle est noir foncé ou gris cendré. L'oiseau qni s'appelle el-Belekh (le superbe) chasse tous les oiseaux et ne s'approche jamais des cadavres, ni des charognes : après le Belekh, l'aigle est le plus intelligent des oiseaux.
Propriétés des diverses parties de l'aigle. — Si ou forme avec son fiel et de l'eau fraîche un collyre dont on s'enduit les yeux sept fois, ce sera un remède efficace contre la cataracte avec l'aide de Dieu. — Sa cervelle mélangée avec du goudron pur et de l'huile, se prise, soulage le lépreux, et empêche les sourcils de tomber — avec l'aide de Dieu. — Si on prend par partie égale de sa cervelle e 4e son fiel une quantité d'un danei/ (environ 3 carats 1/3), qu'on les fasse
fondre avec trois carats de goudron et quatre carats de bitume OD eu Tait un remède contre l'hypocondrie.
Si OD introduit le Qel dans l'œil, on arrête la larme; sa graisse foodue et coulée tiède dans l'oreille combat la surdité ; sa chair cuite avec des feuilles de Vourès (?) ,du sel, du cumin blanc et du miel que l'on conserve dans un pot, est ud remède contre les piqûres d'insectes et d'animaux venimeux. C'est uo remède merveilleux. Son cœur lié au bras rend l'homme imposant. Son œil posé sur l'omoplate préserve des mauvais génies.
t Pjgmirguet de ses propriétés, de «oa
lies Arabes l'appellent eJ-Xitouft'. L'ardeur qu'elle met à défendre son nid est proverbiale ; on dit : < Plus difficile à atteindre que les œufs d'el-Anoitk' ». La pigargue n'aime à habiter que les montagnes escarpées et arides. La femelle est très Qdèle au mftie ; die ne pond qu'un œuf. sa ponte n'est pas la conséquence d'un accouplcmeot, mais d'un becqueté^ ment ; elle défend éuergiquement ses œufs et ses petits.
Ses plumes brûlées dans une maison en chassent les insectes. Son crâne guérit des maux de tête si on le suspend sur la personne qui ssuffre. Son fuie, enve'oppé dans une peau d'agneau posée sur un lépreux, le guérit s'il plait à Dieu.
L'auteur donne des détails sans intérêt et une dissertation grammaticale et êtïmologique sur le nom de chaque plume des ailes, et quelques détails enfantins sur les focéties du
De I* ehMee mttx filets et anx pié^a.
Nous portons i la connaissance des oreilles nobles ce que dit 1« maître Âissa-et-Assadi, que Dieu aie son Ame :
On chasse la gazelle et le lièvre avec les fliets et tous antres pièges cûDDus, Pour la chasse à la gazelle, le filet doit être bit en chanvre-, chaque panneau doit avoir cent ou deux cents mailles et même plus; on les tend sur les pâturages et les lieux de passage où il 7 a de Tberbe pour qu'ils soient dissimult^s ; s'il n'y a pas d'herbe, od recouvre les mailles d'une légère couche de terre ; on le maintient par des pierres posées à distance de trois brasses les unes des autres, et on serre le filet lorsque la gazelle s'y enchevêtre. Le poids de ces pierres, pour ne pas alourdir le filet, ne doit pas dépasser cinq Tothol d'Egypte, le filet doit avoir à peu près le môme poids : plus le filet est lourd, moins l'on ajoute de pierres.
On doit souvent changer de place pour ne pas effaroucher les gazelles.
L'auteur donne la description d'un piège qui n'est autre que notre trébuchet; il se perd dans des détails minutieux qui en rendent la description obscure et qui n'offrent aucune particularité intéressante.
Quand le chasseur prend une gazelle, poursuit BH Hangali, il peut la saigner et mélanger son sang avec le chyle ; il répand ce mélange dans le but d'attirer d'autres gazelles vers le piège ; l'on prétend, en effet, que l'odeur de ce mélange surexcite l'animal et le rend aveugle de fUreur comme UD taureau. C'est une bonne ruse.
On dit aussi que le crottin attire également les gazelles vers le piège, leur habitude étant de les flairer.
On fait un piège avec une faucille qui doit couper les pieds des gazelles lorsqu'elles se heurtent au fil qui la fait se mouvoir. Ce fil doit être plus mince que celui des autres pièges.
Ces modes blessent la gazelle, tandis que le filet permet de la prendre vivante.
Le poète a dit :
( Je me lève avant l'heure de la prière, — mes paupières ont dit adieu au doux sommeil. — le vois mon gibier arriver se secouant et se dibattant, — les ailes s'agitent et les plumes se heurtent »
CliasB« du llèTPC *D pt6c«.
Si tu veux prendre ie lièvre au fllet, surtout quand l'herbe est âèche, mélange l'orge avec la paille et éparpille-le à l'eadroit où tu veux chasser pour qu'il preune l'habitude d'y venir. Ne ménage ni l'orge ni tes pois-chiches
Lorsque ie lièvre a pris l'habitude de fréquenter l'endroit choisi, cache le fllet sous la paille. Les mailles du DIet doivent être d'une grandeur qui ne permette pas au lièvre de passer sa télé, attendu que, lorsque la tête passe, tout le corpa peut suivre.
Vous renversez le fllet lorsque les lièvres sont dessus el vous avez eu soin d'eu bien User les piquets pour éviter que la corde ne se détende.
Le Qlet doit être très-large, de manière à laisser une de ses parties traîner sur le sol ; plus ce Ûlet est peu tendu, moins le gibier peut s'échapper.
Le piège pour le lièvre est pareil à celui avec lequel on prend les perdrix et le francoUn, sauf que pour ce dernier la corde est plus forie.
Les historiens disent que le premier qui a chassé la gazelle avec un Qlet est El-Montawekel, calife abbasside; d'autres disent que c'est El-Mouttassem.
EI-Mestendjed-BillaU avait un fllet.
Cet instrument de chasse ne convient qu'aux rois, car un filet représente vingt charges et plus de bétcs de somme et c'est très-coûteux.
El Mestendjed-Billah chassait avec ce filet dans un domaine appelé El-Ahmaria, ainsi dénommé à cause de la grande quantité de gazelles fauves qui y vivaient. Ce filet se dresse contre des poteaux comme les parois d'une tente et forme un angle aigu.
La chasse â la gazelle se fait aussi au moyeu d'un fllet gigantesque divisé en deux ailes formant angle.
Ces deux ailes doivent s'écarter l'une de l'autre à mesure qu'elles s'éloignent de l'angle aigu et s'étendre à perte de Tue. La gazelle harcelée par les cavaliers et poussée vers le
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filel ne troare pas d'autre issue que l'espace laissé ouvert entre les deux ailes du filet , une Tois engagée, on ordoune à ceux qui tiennent les deux bouts du filet de se rapprocher, Les deux bouts du filet doivent être teaus par deux hommes moDtés sur des mulets. Lorsque les deux extrémités du filet se rencontrent, on enfonce les piquets derrière ces panneaux et on les maintient debout : c'est alors que les chasseurs et les spectateurs y pénètrent et saillissent le gibier.
C'est une chasse princière ; elle a été inventée dans l'Iran. On dit que le premier qui a eu l'idëe de chasser ainsi fut un roi : ce prince courait avec ses officiers de chasse un troupeau de gazelles, lorsque ce troupeau se trouva engagé dans un ravin qui se terminait en cul-de-sacau fond duquel se trouvait une fosse profonde; les gazeiles serrées de près s'y précipitèrent les unes après les autres et ce spectacle donna au roi l'idée de faire des fosses et des chemins artificiels pour cette chasse.
Uofaamed-beD-Mangali dit : ces filets et ces moyens sont presque impossible de nos jours, je u'enai mentionné l'usage que pour que mon ouvrage soit complet, Dieu seul est le malb« absolu.
Chmpltpe traitent la chasse des bétes nnlBibles, fanves et autres
On dit que celui qui désire se débarrasser des bétes fauves et nuisibles doit dresser deux arcs tendus à l'entrée d'un ravin au fond duquel on attache solidement l'appas et mettre des flèches dans les arcs ; ces flèches doivent être disposées dans des rainures en bois a£a qu'elles portent droit dans la direction voulue ; on doit Hxer la corde de l'arc â une détente avec une ficelle qui va de l'une à l'autre, de sorte que les deux flèches puissent partir en même temps ; faire passer ensuite la ficelle devant l'entrée du ravin où on doit élever uae barrière à la hauteur du poitrail de la béte qui eu se
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et&at sur la proie fixée au fond entraîne la ficelle et Mt partir les flèches qui doiveat l'atteindre, si Dieu le vent. A'ous mentionnons cet expédient, et les ruses de la cba^ie sont bien nombreuses.
Cluftpitre qui traite des Indices et présK^es de boa ancare ponr choisir les bounes journées de chasse*
L'auteur dit : on sait grAce à Dieu, que les indices de bons et mauvais présages n'est point une chose admise ni permise dans notre religion, mais ce sont des fables ayant existé chez les anciens, j'ai voulu simplement les mentionner afin que mon ouvrage soit complet.
On disait que les sens doivent nous indiquer certains présages ; la vne, t'ome. c'est-à-dire quand on volt certaines choses ou que l'on entend certains cris en se mettant en marche pour ta chasse ; la vue de certains corps célestes an premier coup d'œil qu'on jette sur le ciel, la première personne que l'on rencontre, les bêtes ou les oiseaux près desquels on passe, doivent indiquer le succès ou le manque de chance dans l'entreprise, et ce sont les meilleures indications.
Ainsi il [allait, d'après les anciens, regarder en se mettant en chasse le firmament et le sol, si on voit un astre paraissant s'avancer vers soi et que l'on voit ensuite une personne ou un animal se dirigeant v«*s la gauche, cela indique la bredouille, tandis qu'au contraire si on voyait apparaître une étoile lorsqu'on avance, cela indique l'existence d'aboodant gibier, mais duquel on tirera peu de pront, en revanche si l'étoile est déjà fixée au firmament cela indi<pie que le gibier pris sera abondant.
Iles indices de la nelfe
. Lorsqu'on voit la neige tomber tantôt devant soi, tantiU derrière, surtout quand elle tombe du cOté du nord cela indique l'existeuce du gibier.
Présac^ tiré de la vae des T*atoiir«
Lorsqu'on voit, ea s'approcbaDt du gibier, un vautour Allant ou tombant du côté gancbcet qu'il se rctouroe ensuite à droite, cela indique l'existeace du gibier, et lorqu'on voit nu raotour venir vers le chasseur, c'est un présage de la bdiiléde la chasse ; toute la variété d'oiseaux de proie peut servir de présage de la méiue manière.
Présace tiré des eorbeaax sriH
Lorsqu'on voit, en s'approchant du gibier, un corbeau gris tombera sa gauche, cela iodiquc qu'on prendra du gibier, mais qu'il ue sera pas abondant; toute la variété de corbeaux présente les mêmes iadice^.
Indtoea de«« chiens
Quand on (encontre, en s'approchant du gibier, un cbien passer à gauche, ct^Ia ludique qu'on prendra beaucoup de gibier et qu'on sera fort satisfiiit de sa journée ; les chiens roDi sont de meilleure augure.
Ppé8«c« tiré des renards
Ou dit que si ou voit, en s'approchant «lu gibier, un renard venant à soi ou fuyaot devant en jetant des cris, surtout s'il passait i gauche, ou bien si on rencontrait deux reoards lournaat leurs têtes du cdté du chasse..r ou fuyant à droite OQ (k gauche eu lixant leurs yeux sur les chiens de chasse, toQt cela indique la rareté du gibier et l'insuccès de la partie de chasse.
Dieu seul est le savant hi&illible.
■,Gt)Ogle
Pré««ce* Urém de la vne des (azelles blanche*
Un dit que lorsqu'on voit, ea s'approchaot du gibier, Hoe gazelle btanzhe venant à soi ou fuyant devant soi,ou bien venant de cdié, ou blottie à droite, et qui prend ensuite la fuite du côté gauche, et que si l'on voit également deux gazelles arrêtées montrant leurs tëles à droite, tout cela indique une bonne chasse et d'abondant gibier.
Si l'on voit aussi une gazelle venant ou se cachant à droite, cela est également un bon signe.
Voici ce que les anciens s'accordaient à croire, en basant cette croyance sur la pratique. Dieu seul est infaillible.
Des noms qni portent bonhenp
On dit que beaucoup de gens préfèrent ce genre d'indice à tout autre ; un grand nombre de chasseurs tirent de bons ou de mauvais augures des noms qu'ils entendent citer en partant pour la chasse, surtout les chasseurs k courre. Si c'est un nom agréable et dont la signification est favorable, comme par exemple Salah, pacifique; Moufleb, prospère, Sââdah, féticilé; Mansour, victorieux; Moubarek, béni, etc., etc., etc.
Un poËte a dit à ce sujet les vers suivants :
Le bon augure dépend souvent des noms favorables
Et le mauvais augure des oiseaux est inévitable; Si tu vois les bons indices l'arriver rapidement, » Sois SÛT que le bonheur viendra à toi infailliblement.
On rapporte que le prophète — que les bénédictions de Dieu soient sur lui, — a dit :
« Tirez vos bons augures des noms (fal) et non des oiseaux (taïrah).»
Il a dit aussi :
« Le fal, bon augtu^, dépend de la prononciation. >
.,Gt)t)gle
ït dans une autre circonstance il a dit : c Évitez ceux qui ont des iaflrniités. > Il a dit aussi :
• Choisissez de beaux noms à vos enfants. » Khaled-ben-Saffoine, rapportant l'anecdote suivante, dit: ( J'ai accompagné, un jour, Âbou-el-Abbas-Bssafiah (fon-
■ dateur de la dynastie des Abba^sides) à la chasse. Ce € prince aimait beaucoup à chasser avec les bétes dressées â « cet exercice; les veneurs venaient, justement la veilledece
• jour-là, de se plaindre du peu de capacité et du mauvais
• vouloir de ces bétes. Cela n'empôciia point Ëssaflah d'or-
< donner qu'on se préparât à la chasse pour le lendemain, t mais il voJut y aller presque seul et il me dit :
• — Khaled, donne desordres qu'on nous laisse seuls et que
• personne ne nous suive. Je serais honteux de voir mes bétes « de chasse bouder à la besogne.
*■ Je renvoyai une grande partie de la suite du prince et
■ nous ne gardâmes que les hommes que le Calife avait
• choisi lui-mËme. Après avoir marché pendant quelque
< temps, Ëssaifab me dit :
« — Je fais vœu de donner aux pauvres telle somme si J'ai
• le bonheur de faire une bonne jonrnôe de chasse aujour- « d'hni.
• Puis il choisit parmi ses bétes celtes qu'il jugea les
• meilleures, en laissant les autres au camp. Au bout d'un « moment il entendit un bédouin appeler une jeune fille: 0
• Félicité, Félicité (sâadahj l Alors j'ai cru voir la figure
• d'Ëssafi'ah s'épanouir comme s'il venait de quitter une
• prison ; il s'est retourné alors vers moi et me dit: < — 0 Khaled 1
I Prince des croyants, répondis-je î
■ — Je suis content, me dit il, d'avoir eniendu ce nom, je « crois qu'il va nous porter bonheur et que nos bêles chas- « seront toutes bien aujourd'hui.
I Puis il ordonna à un page d'aller au camp faire venir 1 toutes les bétes de chasse, en lui rccommandaut de ne pas
• ea laisser une seule. »
— Priice des croyanta, dis-je au Calife, quelle étenoaote idée I Voua vous plaigniez de vos bêles de chasse et de ce qu'elles boudeot à la besogne, et le nom que vous veoei d'entendre vous fait subitement changer de résolution et TOUS remplit d'espoir, de sorte que vous croyez au sncccès de la journée î... — Oui, me répondit-il, et tu verras si j'ai raisou.
Lorsque le reste des bétes dressées à lâchasse arriva, l'on se mit en cbasse ; la journée fut ai bonne que le Calife en était ravi; il m'a juré qu'il avait vu, parmi ses bétes, quelques-uoes, qui n'avaient jamais chassé, prendre du gibier, et cela m'a beaucoup étoDDé.
Un autre jour, en se rendant À la chasse, Abou-el-Abbas Essaffah a rencontré bd jeune bédouin dont la Qgure et l'air Joyeux l'ool frappé. Le Calife lui demanda comment il s'appelait. — Sidi, répondit le jeune homme, je m'appelle Massaoud (Fortuné). — Indique-nous, lui dit le Calife, un bon endroit pour la chasse. Il nous en indiqua un. Nous avons fait ce jour-IÂ une chasse abondante, et, de retoui au camp, le Calife lui fit donner un joli présent qui, certes, a fait sa fortune.
Ud autre Jour Aboul-el-Abbas, sortant pour aller k la chasse, entendit deux fois qu'on appeait : Ohé I SaïJ (heureux), puis une autre vols bientôt après cria : Ohé Cl<aki (malheureux) ! le Calife a dit : « Notre journée commencera bien et finira mal, » et ce fut ainsi qu'il l'avait dit, car nous nous sommes f ligués beaucoup vers la fin de la journëeet Dous n'avons plus rien pris ni nous ai les bétes.
Ayssa-el-Ass^i (que Dieu aie son âme) raconte l'anecdote suivante, qu'il avait, dit-il, entendu raconter par l'un de ses amis à Bagdad : < Je me ?uis une fois rendu k la chasse avec un camarade positiviste qui me raillait et riait de mes aaperstitions, ce qui me vexait t>eaucoup, et je subissais ses railleries non sans une colère mal contenue. Après avoir fait une partie du chemin, nous rencontrâmes un homme, borgne de l'œil droit, boiteux de la jambe gauche, et loucbe de l'œil sain ; en le regardant, je p&lij. — Qu'en dis-tu, me demanda ce dernier pour me narguer? — Patience, répondii-
.,Gt)t)gle
je, jamais je d'û vu chose pareille. — Marchons, me dit alors mon camarade, et assez de sottes idées. Nous ooiis sommes remis en route, l'on fit lever une byëne; dos valets se mireat à la puursuivre, quand, tout à coup, l'un d'eu fit lue chute si malheureuse qu'on le relevamort.— RetoumouB, je t'en prie, dis-je à mon ami.
— Je te conjure, au nom de Dieu, marche et laisse-moi tranquille, répondit-il.
< C'était la plus malheureuse journée de chasse qui me H^t jamais arrivée, elle a Uni par une antre chute que mon uni lui-même a faite. Il a eu un bras et une jambe cassés ; nous avoQs eu toutes les peines du monde à lui Taire reprendre ses sens.
On tire aussi des indices des mots qu'on entend, tels que poursuivre, coureur, etc.j etc (I), et aussi des poésies qu'ils entendent déclamer ou chanter, par exemple comme ces vers:
■ Hou sabre se faisait va fourreau de leurs cols ; ma lance I était toujours enfoncée dans leurs poitrines. •
Ou tiien ces autres vers :
> Non, je jure par celui devant lequel se courbent tous > les fronts que je n'ai jamais vu la moindre partie de ce « que ses vêtements couvrent.
■ Je n'ai jamais osé m'approcher de sa bouctie.
■ Il n'y eut entre nous que des regards et des paroles teu- I dres échangés. •
Chantre traitant d«a moyens féloicner !•• Mtes nnialbl«a des plantations «t des vlcnes
On appelle bêus nuisibles toutes celles qui font des ravages dans les champs, les vergers et les potagers : les san-
(i) Cela peut aigoifier courir poiu rien, pounniTre Mn> attcapari (Ablc (tu trê^tettur.)
■.,Goog\e
giiers, les hyèoes, les loups, les renards, les chacals, les gazelles, les lièvres, etc., sont des bétes nuisibles.
Celui qui veut efl'rayer ces bâtes et les ëtoiguer de sa propriëlé prendra un grand pot de terre, le dâfoucera, le couvrira d'une peau romme uq tambour, et fera au milieu de cette peau une piqûre dans laquelle il fera passer une mèche de crins de cbeval ; il aura soin de la choisir la plus lon^e possible et il attachera solidement cette mècbe par les deoi extrémités à une corde. Après avoir préparé ainsi cet instrument il faut le cacher pendant le jour afin qu'on n'eo* tende pas le bruit qu'il peut fai^ : il viendra à minuit et le matin avant l'aube, et après avoir appuyé ses deux genoox sur le pot, il se mettra à tirer et à retirer la corde à travers te pot, il recommencera cela pendant trois nuits consécutives et pas davantage. Le bruit que cet instrument fait ressemble au rugissement du lion k s'y méprendre, et cela effraye tes bêles et leur fait quitter la contrée ; l'habitude de manier cette machine apprend à imiter les cris de bétes fauves. On finira par savoir lui donner toutes les inflexioos. Il ne faut pas répéter l'opération très-souvent, ni prodigaer le bruit de cet instrument ni en user pendant le jour car il perdrait toute son utilité ; le secret est absolument indispensable dans cette ruse.
Du reste, le secret et la discrétion sont bons à garder dans toutes nos actions. Salomon a dit : > Fiez-vous pour votre secret à un seul ami sur mille. »
Un poète dit : < Si votre poitrine se trouve trop étnRte « pour contenir votre propre secret, celle du confident k qui c vous le livrez est naturellement plus étroite encore. > ■ La méfiance est la mère de la prudence. >
Le prophète, que les bénédictions et les saluts de Dieu soient sur lui, a dit : « Les hommes ressemblent aux monta- « res, il y en a un de bon sur mille, t II veiit dire par là que la vertu est chose rare.
• Revenons à notre sujet :
Hoym de oluwsep les oorbeftDz des cluunpa
Od prend une poule entièrement ooire, on rattache à une ficelle longue de 200 piques (130 mètres environ), on laisse la poule au milieu des moissons et oo tire cette Scelle pour la foire crier. On aura soin de choisir une poule criarde pour ebayerles corbeaux.
Moyen de chasser les SMoterelles
Les liommes pieux disent que celui qui a le malheur de voir son champ, son verger ou sa vigne envahis par les sauterelles n'a qu'à se mettre au milieu de ce champ et de crier i tue-tète : « Les sauterelles sont l'armée de Dieu, il l'envoie < tantôt comme une grâce et tantôt comme une vengeance >
Et puis dire ensuite: «Armée obéissante à Dieu, je te
■ conjure par son saint-livre (le Coran), par celui qui a mis f eu ftiite les conjurés (Mahomet), par celui qui fait sortir
■ par sa toute puissance la graine de la terre, et enfin Je te « coQJure par le nom de Dieu clément et miséricordieux, de t quitter ma terre I ■
Les sauterelles s'en vont par une sorte d'inspiration divine.
Un poète a fait des vers où il trouve que la sauterelle est un être qui a la marche élégante d'une jeune mariée, la tête intelligente du cheval, la gueule du lion, la poitrine d'un guerrier, le dos du lézard.
Hanldre de chasser les taupes et les rats dea champs cultivés.
On délaie le Bel de bœuf dans l'eau et on y trempe la graine ; cela empêche ces animaux de la toucher.
Pour mettre les poules à l'abri de tout danger venant des chats sauvages on atta(^ sous tenrs ailes de la rfle, cela les
empêche, par ta puissance de Dieu, d'être la proie de ces carnassiers ; on obtieut le même résultat en passant l'eaa exprimée de cette plante sur leurs ailes et leur tète.
Manière de chasser lee nUs ordiBalres.
Les hommes de la science disent : on prend de rargyrite pnlvérisée qu'on mélange avec la Tarine de khecbar, puis on en fait des boulettes ou pilules qu'on donne aux rats ; cela les empoisoQDe.
Si on met dans les trous des souris les cendres du bois de chêne, elles se dévorent entre elles par l'effet de l'odear de ces cendres.
Hantëre d'éloipieF les foannis.
Les savants disent que, si l'on prend du fenouil pilé et qu'on en mette dan» les fourmilières après avoir écrit les paroles que nous allons citer, sur des cartes qu'on suspend dans les coins de la muisou, cela fait partir les fourmis.
Voici ce qu'où doit écrire : « Au nom de Dieu clément et miséricordieux, si vous croyez en Dieu et dans le jour du jugement dernier, si vous croyez dans la sourat (chapitre de l'Âlcuran) de Jassine el tuut ce qu'elle renferme, je vous conjure an nom de Dieu et au nom de notre Prophète Mo~ hamed et au nom du vétre Salomon et de tout ce qui leur a été révélé, de quitter nos habitations. ■
Fréeastioas pour se garmaiiAr da in*! caasé par les fi
I.a plus faible des créatures de Dieu, auteur de cet ouvrage, Mobamed-ben-MeDgali, que Dieu traite avec bienveillance ; j'ai voulu compléter mou ouvrage en y ajoutant
des notes inditiuaiit les précautions à prendre pour se garantir caatre les animaux nuisibles, car 11 n'est pas permis i Tbomme de s'exposer au danger ; les serpents sont auss'v nuisibles et malfaisants que les bëtes fauves et les caroasùers, cela est incontestable ; on connaît l'antipathie et la répulsion qui existent chez l'homme pour les reptiles qui ont aussi des dénis carnassières.
Moharacd-bcn-lbrahim-ben-lhia, connu sous le nom du Ouarrak (papetierj, a dit dans son ouvrage intitulé : Maba- HSDj EL-FiKAR et Manahedi-el-Ibar (agréments de l'imagination et voies des exemples), sur l'étymologie du nom du serpent, en arabe Hatafi, qui dérive du verbe Haotia (renfermer), car cet anima! renferme en lui des points de ressemblance avec plusieurs animaux ; on donne le nom de Haïah au mâle et à la femelle. Il y a d'innombrables espèces de serpents ; la plus dangereuse est celle appelée Lefàd, qui se trouve généralemeot dans les sables et les mootagnes.Le Lefââ, du pays de Sidjistan, est proverbial.
(Ici l'auteur entre dans des détails concernant la reproduction de ces reptiles qui sont intraduisibles.)
Les œufs du lefâi sont oblongs ; il y en a des gris, des verts, des jaunes, des noirs, des blancs et des marbrés; ils sont tantôt mats et tantôt luisants ; ils renferment une matière très-épaisse.
On tue le lefàA en le frappant avec la canne de Perse : il . est le plus fort de tous les reptiles qui existent sur la terre, il craint l'eau et l'évite, on dit qu'il résiste longtemps à la faim et que faute d'élément il se nourrit de l'air; il craint l'homme nu et il fuit à son approche. Il y a une grande variété de lefâi : le gris, le rougect le noir, ce dernier est le plus rapide. Il m'est arrivé un jour, dans ma jeunesse, d'en chassw un; j'étais monté sur mon vaillant coursier, le sabre en main, j'ai couru pendant longtemps à sa poursuite sans pouvoir l'atleindrc, il a fini par m'écliapper en se fauQIant entre les rochers. Les plus mauvais de cetle espèce se trouvent dans les champs, ils atteignent des dimensions monstrueoses: une variété qu'on nomme oslate, est énorme; ils
ont une Bgure humaine et ils vivent des milliers d'années ; ils sont Wllement venimeux qu'ils tuent un homme par l'effet seul de leur regard, d'autres prétendent que c'est par leur approche ; notre prophète, que les prières et saints de Dieu soient sur lui, a dit : f Je demande l'aide de Dieu et w protection contre les plus méchantes de ses créatures. >
I<e PaoB et son oaractâre.
L'auteur dit: j'ai vonlu mentionner le paon car c'est un oiseau qui se compte parmi le gibier.
Il y en a des verts, des gris et des blancs, on le trouve aui Indes, dans le pays nommé Zabh et au-delà; cet animal est prétentieux et infatué de sa personne, il est parmi les oiseaux ce qu'est le cheval parmi les quadrupèdes, beau et superbe, mais les hommes le trouvent de mauvais augure et ne veulent pas en avoir dans ieursmalsoos ; il estsobreet orgueilleux; la femolte ne pond qu'à la troisième année et en deux périodes par ao, elle fait à peu près une douzaine d'œots chaque période. Le paon s'accouple au commencement du printemps et change son plumage au commencement de l'automne ; le mâle est très-malveillant pour la femelle : pcndaot qu 'elle couve ses œufs il la taquine et souvent il casse les œufs, c'est pour celaqu'on les fait souvent caav^ par une poule; mais celle-ci ne peut en coHver que deux à fa fois et les poussins produits par cette opération sont toujours chétifi et imparfaits.
Aristotedit que le paon vit environ vingt-cinq ans. Abon- Es-Selte, fils d'Âhdul-Aziz, poète de l'Andalousie, a dit les vers suivants :
La vue du paon est admirable,
Jamais mon œil n'a joui de plus beau spectacle;
DaDB chaque plume on voit l'or se môler
Aux belleii plumes transparentes eu velours vert.
Une particularité du paon est de s'agiter, de battre des ailes et de paraître joyeux lorsqu'il sent te poison dans noe
fiourriture ; sa fiente Tail tomber les excroissaaœs de cliair qai poussent sur l'épiderme.
Le Crocodile.
Il fait partie des animaux nuisibles ; il vit dans le Nil d'Egypte ; il y en a également dans Ë'Oxus. Le crocodile est féroce; il n'est vulnérable qu'au poitrail, les sabres n'entament point sa peau II atteint une taille énorme, environ vingt coudées de longueur sur deux de largeur ; il attaque les hommes et les chevaux. Pour l'acte de copulation il renverse la Temelle sur le dos -, l'acte accompli, il l'aide à se relever, ce qu'elle ne saurait faire seule par suite de l'exiguïté do ses pieds. Elle pond sur terre : les œufs qui tombent à l'eau produisent le crocodile amphibie, ceux qui restent sur le sol produisent le crocodile terrestre. On dit qu'il n'a pas d'issue et que lorsque son ventre est plein il ouvre sa gueule, qu'un oiseau y pénétre et lui vide le ventre. Le crocodile a, dit-on, soixante dents, soixante veines, il s'accouple soixante fois, pond soixante œufs et vit soixante ans. Il a sous la peau, près du ventre, une glande ovale coatenant du musc.
En mêlant sa graisse avec de la cire et en l'allumant sur un cuurs d'eau on empoche le coassement des grenouilles ; si ou ^it le tour d'un village arec sa peau et qu'on l'accrocbe à l'entrée de ce village, le froid n'y pénétrera pas. Sa flente est un remède contre l'ophtalmie ; elle sent le musc et les Ciophtes prétendent qu'elle est le musc même. Son œil, suspendu et porté par une personne atteinte de maladie de peau, guérit avec l'aide de Dieu ; ses dents augmentent les furets de l'homme marié
Le plus curieux des animaux aquatiques est le dauphin : sa tftte est petite ; on le dit sans poumons et c'est pour cela qu'on l'entend toajours respirer et souffler. S'il rencontre un homme dans l'eau, il le sauvera et le traînera au rivage. C'est le plus fort des animaux de mer ; il n'est pas nuisible
Le LiézftFd aqa*tique.
Il y en a plusieurs espèces, parmi lesquelles od cite l'indien Kl l'égyptien. Il naît eD Abyssiaie; la femelle pond vlDgt œufs qu'elle eofouil dans le sable. El-Temaïni dit daos Eoo livre, El-Mourehoud, que cet animal est hermaphrodite. Il est l'eanemi des serpents.
Les œufs qui éclosent sur le sol produisent les tortues. Bile atteint des proportions telles qu'on a de la peine à la porter.
nippopotame.
On ne le trouve que dans le Nil égyptien. Il ressemble au cheval ; il a la figure plus large, les pieds comme ceux des bœufs et la queue semblable à celle du porc. Il hennit. Il a des défenses avec lesquelles il perce les navires. Il mange les semailli s et tue le crocodile. Lorsque les Egyptiens voient son empreinte sur le sol, ils présagent que la récolta sera bonne.
Le Castor.
Les savants disent que Dieu a honoré cet animal parce que ses dépouilles servent à orner les couronnes dés rois et leurs vêlements. Il y a parmi eux des seigneurs et des esclaves. Ils conslruisent des habitations comme les hommes : les seigneurs occupent les étages et les esclaves les rei-dochaussée. Ces habitations ont des portes. Les seigneurs ne travaillent pas et leur fourrure est plus belle, plus brillaote que celle des esclaves. Les gens du pays se servent des cartilages faciaux pour en faire une monnaie sur laquelle on
grave les armes du roi
Telle est la fin du volume que nous copions et auquel il manque quelques pages.
T,Goo(^lc
Introduction 1