Chapitre mur le faucon Saber le (beau
Ce faucon est une variété de faucon qui a les ailes trèsallongées, l'haleiae plus loDgue que les autres faucons, il est rapide à s'élever de terre à la poursuite du gibier, à cause de ses reins courts, de sa queue longue et de ses pattes élevées mais, à ta pouisuite de sa proie, il s'engage dans des endroits périlleux, et il disparaît à la vue de son maître, si celui-àneluia pas mis des clochettes. Cette variétê,diteSaber, est supérieur pour chasser la caille, le francolin, la perdrix et les autres gibiers de la môme famille. Le mâle a le vol plus rapide que celui de sa femelle, et peut-être même a-t- 11 la même force qu'elle. Sa méthode de dressage est celle que l'on emploie pour les autres faucons. Il est. l'oiseau le plus facile à dresser, le plus aisé à conserver en bonne santé et à éduquer, i moins qu'il ne s'enfuie ou qu'il ne s'égare.
Dans ce livre je ne parlerai point des oiseaux rares, des espèces peu communes que pour augmenter la science du lecteur, et Dieu seul sait.
Chapitre dans lequel on parle de celui qoi, le premier, a chasaë an fonoon.
Od raconte qu'un roi de Perse sortit un jour en promenade pour se divertir par l'exercice du cheval et qu'il arriva sur
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te bord d'une rivière dans un lieu entouré â'ari)re8. Comme cet«Ddreit étùt endianteur, les tentea y furent dressées el une eollalion, et tout ce qui était nécessaire fut préparé. Pendant ces préparatifs, voici que le roi aperçut un oiseau qui Tenait, et tout à l'entour — les autres oiseaux se sauvaient, s'enfuyaient à son approche el le suivaient de loiu. L'oiaeau arriva aux arbres, entra entre les branches, et alors tous les «seaux qui se trouvaient sur ces arbri^s s'envolèrent et s'enfuirent, mais lui se posa sur t'un d'eux avec la tenue d'un souverain sur son trône, et attendit qu'un oiseau étourdi vint à se percher. L'oiseau le saisit dans ses serres, le transptffta sons l'arbre aQu de ne pas être aperçu, se mit sur lui et commença k le plumer. Ensuite il en mangea sa sufGsance s'approcha de la rivière, se mit à boire et à se baigner. Après il sortit de l'eau, vola jusqu'à son arbre, et à la Bn de la journée, il recommença, prit un autre oiseau et en mangea ce qu'il en voulut. Le roi dit à ses principaux ofliciers qui l'entouraient, j'ai vu l'action de cet oiseau et il m'a étonné par la majesté de sa contenance, les oiseaux le craignent et «eUennent loin de lui, mais lui se divertit d'eux, il ne tes craint point ; il m'a fait voir la force de son pouvoir, la grandeur de son &me, la longanimité de si patience et la majesté desa puissance, tout cela m'a jeté dans une grande admiralion, et je suis po3-=édé du désir de le faire prendre par ruse. Sur cet ordre, on se mit à le poursuivre jusqu'à ce que l'on s'en empara et qu'on le portât au roi qui ressentit une grande joie de sa capture. Ce prince ordonna alors qu'on attacb&t l'oiseau et qu'on le plaçât près de lui, mais, dès lors, l'oiseau fnt inquiet et ne put être tranquille Le roi Ht observer que son oiseau avait perdu sa galté et qu'il devenait plus farouche On ne savait plus que faire, lorsqu'un savant, ayant reconnu que l'oiseau s'effrayait dès qu'il avait les yeux ouverts, et qu'il se tranquillisait du moment qu'il les fermait, recommanda qu'on lui fermât les yeux afin qu'il s'apprivoisât et qu'il redevint tranquille et rassuré Ainsi fut fait, et après, cet oiseau fut nommé le roi des oiseaux. Depuis lors, les
ftttcwu tarent conoue sous ce nota, et rurent employés pour
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ïr. Ce souverain ordoona dès lors qu'on lui apportu tous les oiseaux chasseurs de cette espèce et d'autres espèces et il réunit un grand nombre d'oiseaux de proie. On prétend que ce souverain qui était d'un naturel violent devint, par la leçon que lui donna ce faucon, meilleur admioistratear et meilleur prince.
Le roi disait ensuite : cet oiseau m'a appris la manière de gouverner. Il m'a enseigné la force, la conciliation, la nécessité Se se faire respeder, de se garer de la familiarité de la populace, de faire semblant de ne pas s'apercevoir de manque d'égards pour conserver l'ascendant, de se taire devant les trahisons, et de réfléchir pour faire cesser les actes barbares. II m'a appris la rapidité du coup qui eSraye les ennemis, la longueur des repas pour bien digérer, la petitesse des bouchées pour le repos de l'estomac, et la propreté en relevant ses vêtements ; enfln cet oiseau réunit en lui, avec tous les principes in ta Luiiuu éilucatioo, une raison parfiiite. Les savants de la Grèce prétendent que c'est en Grèce que l'on a commencé à dresser les faucons, mais Mohamed bes Mangali dit et penche à croire, et Dieu seul le sait^ que c'est en Perse que l'on a inventé te dressage des faucons. En effet, comme je ne trouve pas une seule preuve décisive que ma raison accepte, et Je pense qu'il est inutile de relater ici cette histoire. On diffère aussi pour savoir s'il est plus rapide lorsqu'il foad sur sa proie et qu'il la brise, ou bien lorsqu'il saute sur elle. Des savants disent qu'il est plus rapide que la Sèche dans le choc, car il a, outre l'élan, une' force vitale qui l'anime, force que n'a point la flèche. Un savant rapporte que Eosroè Noncherouau ayant reçu ud faucon ayant l'aile cassée, dit : ce faucon s'est bien brisé l'aile, et comment se l'est-il brisée? On lui répondit : il s'est élancé sur un oiseau plus grand que lui, il l'a attaqué et l'a tué ; je suis allé pour lui prendre l'oiseau et j'ai vu qu'il avait Taile cassée. Eosroèlui dit : Comment volait-il? L'autre lui répondit : quand il était plus élevé que sa proie, il planait, quand il était en dessous, il rasait le sol de ses ailes, s'il frappait, il redoublait ses coups; s'il s'élauçait, il atteignait ;
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s'il voyait, il enlevait. Eosroë dit : c'est un héros qui ne s'arrête que lorsqu'il arrive et qui n'est au repos que s'il devient illustre. Ensuite il remit le faucou a son Qls D&d, ûis de Kosroe qui s'en servait avec d'autres faucoas de diverses races. C'est ce fils qui a donné s'>n nom à Bigdad, car Bagdad tire son nom d'un mot persan Bag, qai veut dire jardin, et le nom du flis ne Kosroe était Dad. Dieu a permis que ce jardin devint uoe ville florissant'; qui fut nommée Bagdad (Jardins de Dad).
On lit dans l'ouvrage dfi«iVo«('e/iej et des faits qae l'émir des croyants Ali — que Dieu honore son visage — passant par Bagdad, lieu brûlant, séjour des lions et des bétes îéroces, s'arrêta à regarder la ville, et dit:
• 0 fausse idoli', comme si je pouvais être avec toi, toi repaire des lions, reine des Qlles de joie, et chenil des chiensl »
Combien Âli a démasqué de menteurs et tué d'hypocrites en religion, que Dieu soit satisfait de lui et de ses compagnons.
Dad, flIs de Kosroès, a été le premier qui ait fait !es grillapres en fer pour tenir les faucons, qui ait façonné la monture pour la chasse au faucon; il est le premier qui ait fait voir le tambour au faucon, le premier qui ait choisi le gant pour le porter et qui l'ait inventé; il est le premier qui ait dressé le faucon â revenir A l'appel ; le premier qui ait porté le faucon étant à cheval, qui ait honoré celui qui le porte, qui ait loué le fauconnier qui embrasse son faucou en disant : < Mon faucon I mon faucon I >
Chsipltre sur le pi'emleF homme qui se soit diverti avec les foucona blancs.
Les anciens disent que le premier homme qui se soit diverti avec 1« faucon blanc est Constantin, roi d'Amouria, et, ils ajoutent que lorsqu'il montait à cbevaT, les faucons vo-'
- ,"2 laieot au-dMsus de loi josg^'A ce qa'41 ifàl pied A t^iro, qnll employa des stratagèmes pour tes prendre et qu'il les i^bessa à la chasse.
On dit qu'uD roi du nom de Redik étant an jour monté i dieval, an oiseau se leva devant lui et différents faucons l'ayant attaqué, le roi s'empara de plusieurs de ces faucons et les dressa à chasser. Il donna ensuite l'ordre de conserver tons les ^cons que l'on prendrait, et cela fut connu de tous.
Le nom de Ghahia a été donné à ces oiseaux à cause des ronds qu'ils font en volant au-dessus de la tête de leur maître ou de la cavalcade. Les anciens prétendent que c'est Ismall — que sur lui soit le salut — qui a donné leur nom i tons les oiseaux. On dit aussi que le premier homme, qui se soit diverti à la chasse au ^ucon est Ebakan, roi des Turcs.
ClMVUi'C MiF le premier homme qnl m ohaasé »vec le Saiimr
On dit que El-Hareth-Ben-Maaouïa-Ben-Thflr-Ben-Kenda est le premier qui ait chassé avec le Sakar. Un jour qu'il était i la chasse, il avait disposé un filet pour prendre les oiseaux, nu faucon s'abattit sur un de ces oiseaux qui s'était pris au filet et se mit à le dévorer.
Le roi s'amusait à le regarder et alla près de lui, mais son idle étant hlessée, il le prit et le mit dans une chambre de son palais. Quelques jours après il vit qu'il était guéri, qu'il n'était point Ëirouche, qu'il ne fuyait point et que lorsqu'on lui jetait quelque chose k manger il le prenait, et que si on lui présentait un morceau de viande, il se dressut pour le saisir. Alors il l'appela, le Ëtucon répondit et il le fit manger sur le poing.
D^ lors le roi donna des ordres de prendre, des bacons, et de chasser ftvec.
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Do jour, k la chasse, ayant avec lui son bucon, no lièvre putit, te «akar s'^Hça sur le lièvre et le prit ; éepiàB km, il chassa le lièvre et les oistaax. Les Arabes easnite imitèrent son exemple.
Les anciens disent que le ]H«mier qui ait {^assé an sakar est Handhar. Ou demanda à ce roi ce qu'il admirait dans ctt oseau, et il répondit : ■ Tous les oiseaux de proie qoi se tiOttïeBt sur cette terre sont vaiocus par cet oiseau, et la preave c'est que toutes les fois qu'il a pris un gibier et qn'oB aotie oiseau arrive, il le lui abandonne et va en chasser ua aetre qu'il abaadoimera encore s'il survient un autre oiseaa, et eela, il le fera une journée entière •
— Quel est, lui dit-on alors, la preuve de sa gân&Y>sîtét
— Cette preuve, répondit le roi, e'est qu'il chasse et qa'il ne mange point ce qu'il a chassé, et qu'il abandonoe aux Mitres sa proie sans la regretter, sans se retourner. (Wui qui regrtite ne peut pdnt, saas se retouroer, abandoiflor quoi que ce soit. Cest là la preuve de sa gtaôrouté, de wa courage et de la rapidité de S(hi vol.
Pendant que le roi devisait ainsi, un faucon prenait une proie et au montent où il allait la manger il survint «d aigle qui lahii prit. Le roi et seïcoartIsansTegardaient, et leroi dit :
— Quelle injQ^ice de la part de cet oiseau i
Tandis qae le Roi s'exprimait ainsi, le faucon s'était élevé dans les airs si haut qu'il disparut et ensuite, fondant sur l'aigle, il le frappa d'un seul coup si violent qu'il le taa. Ensuite il lui reprit ce qui restait de sa proie et se mit à la maageF.£e que voyant, le Eoi dit :
— Par Dieu I Y a-t-il m oiseau > ^ias vaillant ! Il n'a cessé d'être généreux que devant l'iDJustice qu'il a puole par sa puissance !
adannaaU)rs l'ordre qu'on luiitrit cet oiseau, auquel il donp des compagnons. Quand il fut pris et remis au Roi, le roi cbassa avec lui, <^ ce .%t le premier qui fut dressé à la cfiasse de. la gazelle et à celle du lièvre.
Chmpltre bot le premier homme qal m chmssé ftvec le zabft^j*
On prétend que ce sont les Persans qui, les premiers, se servirent de cet oiseau qui est une des variétés des faucons originaires de la Perse. Les Persaus blftmeat ceux qui n'emploient point le zabadj et disent de lui qu'il est un amateur manqué. Des savants de la Perse racontent qu'un roi du nom d'Izdachir, regardant un jour des faucons et des zdbadt et leur trouvant une ressemblance, les associa dans leur emploi. L'iiumble auteur du livre afûrme que les zabadi entraînent peu de frais par leur facilité de les nourrir, carils mangent de tout et prennent quel que soit le gibier sur lequel on les lance, et enfin qu'ils offrent de nombreux avantages.—Ils chassent tout ce que chasse le faucon, et si on se trouve dans )a plaine, ils chassent le gibier qui répugne aux autres oiseaux de proie, tels que les Medjerida (?) (animaoi dépouillés de poils), ils cbassent la grue, les oiseaux d'eau, les ootirdes, las oies, le lièvre et le renard.
Izdacbir le préférait aux antres oiseaux et le cfaoisissait à l'égal du faucon. Le zabadj ressemble au coléreux (hard] nom d'un oiseau que les Persans nomment barasdan.