CHAPITRE PREMlEa
Ce chapitre traite de co qui est licite et prohibé et des condilioQS nécessaires pour rendre licite (ce qui est défendu) d'après le théologue l'Imau Ebra Hanira, que Dieu l'ait en sa miséricorde!
Dieu, qa'il soit gloriUé, a dit : quand ou t'interrogera sur ce que je leur permets, réponds : « je vous permets toutes les t>onncs choites et ceux des oiseaux de proie que vous avez dressés à poursuivre une proie, en leur eoseigoant ce que Dieu vous a fait connaître. Man^z de ce qu'ils peuvent prendre, après avoir proooacé le nom de Dieu (1). t
Commeutaire : par les bonnes choses, on entend du gibier. Oiseaux de proie s'applique à tous les animaux, chasseurs, oiseaux de proie, chiens et autres. Par poursuivre une proie tous ceux des animaux qui sont dreesés pour la chasse. Par en leur oiseignant ce que Dieu vous a fait connaitre, cela veuf dire en les apprivoisant en les dressant k la chasse suivant l'iutelligence que Dieu vous a départie. Par Mangez de ce qu'ils peuvent prendre, c'esl-â-dire mangez de tout co qu'ils peuvent vous rapporter en chassant pour vous. Par après avoir prononcé te nom de Dieu, c'est prescrire de dire ; au nom d« Dieu, en lançant l'animal chasseur et de le dire aussi en soignaat le gibier blessé, presque mourant. Voici comment ce verset a été donné : Oudey ben Hatcm
U) Coran.
(A^èid béa/é ^j&Nl'el, tous deux de la tribu des Tays, Ainreol ^Qyyer lé proj'Ijètc et lui dirent : () envoyé de Dieu l ^iiwiHt'îBïipni^diÀheiiiipes qui chassons avec des cliieas et des faucons. Les chiens de Abou-Aididj et ceux d'Abou-Djarir preouent les taureaux sauvages, les onagres, les gazelles, es taupes. Une partie du gibier qu'il-* prennent, nous pouvons le saigner pour que sa chair soit licite, maiâ uue partie anitsi meurt avant que nous puissions le saigner; Dieu a prohibé la chair des animaux morts, que nous est-il licitu de manger. C'est alors que le verset cité a été inspiré au prophète, pour répondre a ces chasseurs.
La béte fauve qui a des gniFes, soit bêle <l poil, soit béte à plume, est prohibée; est licite, au contraire, le gibier que Dieu nous a donné dans sa munificence et il est licite et Juste de le manger, mais sous certaines conditions :
1° Il faut que l'animal chasseur qui sert pour prendre le gibier, oiseau de proie, chien ou juguar, ou autre, aitélé bien dressé, il faut le priver de nourriture a trois reprises différentes, d'après le conseil d'Abou Youssefet de l'iniam. D'après le conseil d'autres Ihéologues cela est laissé à l'appriïcialion du chasseur expérimenté. Si ce dernier juge que l'animil chasseur est bien dressé, le gibier pris est licite; si non ? Non. Le faucon dressé est celui qui vient à l'appel. Le gibier pris par tout animal dressé est liciie, soit qu'il appartienne aux animaux à crocs, soit qu'il appartienne aux ciseaux de proie. Tout autre gibier pris dillicilement, par un animal non dressé est dôi'endu, à moins que l'on ne puisse arriver à temps pour le saigner avant sa mort.
L'Imam Schelli a excepté du nombre des animaux autorisés, tous ceux que d'habitu le on ne dresse point, mais Abou Youssef n'a excepté que le lion, l'ours et l'hyène, tous les auteurs sont d'accord pour exclure le sanglier.
2° Le chasseur doit s'abstenir de manger le gibier si le chien ou l'animal chasseur quel qu'il so'l, goille au gibier avant de le rapporter à son maître, ou bien si le chien a
maDgé d'une chair dérendue. Le faucon est excepté de cette règle et s'iJ ne fait que boire le sang du gibier, le gibier est licite.
Si le faucon lancé mange une partie de sa première pro'e et s'il vient  en saisir une seconde dans te même lancrr, cette seconde proie n'est plu» licite, car le jeiine du faucon a été rompu ; mais ce qui reste de sa première proie, quard même ce ne serait qu'un lambeau de chair, est licite.
Quand on juge que l'animal est bien dressé on ne doit pas manger du gibier autiuel il a guillé, ni de celui pris ensuite et il faut recommencer son dressage. Le gibier pris par cet animal mal dressé et celui qui resie de la chasse précédente devient chair prohibée, si le ftucon échappé pendant uu moment ne répond pas à l'appel et que revenu, il chasse encore, le gibier qu'il prend est prohibé,
3° Quand vous lancez votre animal chasseur sur un gibier vu ou découvert par une piste, la chair de ce gibier est licite ^ ce gibier appartient aux espèces d'animaux dont il est permis de manger; mais si vous avez lancé votre animal chasseur, pejisant le lancer sur une hâte impure et que le gibier pris, vous le reconnaissez pour licite, sa chair cependant vous est prohibée et vous n'en mangerez point. Abou You'isef ne reconn ilt comme illicite que le sanglier, et Safer dit i^néralement tout animal dont la chair est défendue.
Si vous avez un doute et que vous puissiez soupçonner que le(! traces soient celles d'un homme ou d'un animal domestique, il est défendu de lancer l'animal chasseur.
Quand vous Uncez te faucon sur un oiseau, sans bien en connaître l'espèce et ayant même des doutes, s'il se trouve que cet oiseau pris appartient à une espèce permise, il vous ej>t licite d'en manger.
Si, pensant lancer l'animal chasseur contre un homme, il prenait un gibier bon à manger, ce gibier serait licite. Il n'est pas nécessaire de désigner m;!Utalement l'esiièce de l'animal sur lequel ou lance l'animal chasseur, et si l'animal pris, il se trouveétred'une autre espèce que celle que l'on a supposé
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cet aDimal, cependant, [louira être mangé. Si vous lancez le jaguar et qu'il se rase jusqu'au momeat favorable pour l'attaque, qu'il prenne ensuite la proie chassée et la lue, il est iicite de manger de cette proie. Il en est de mOme pour lo chien qui est dressé comme le jaguar.
Si l'animal chasseur, dans le mf^me lancer, prend plusieurs pièces de gibier, elles sont toutes licites, à moins qu'il n'y ait un trop long intervalle de la première â la dernitro, et dans ce cas, le premier gibier pris ayant attendu trop de temps, devient prohibé et est réputé mort. Cette règle s'applique également au faucon quand, après avoir pris une première proie, il en saisit une seconde et ce gibier est réputé licite, Â moins qu'il oe soit écoulé un long intervalle de temps entre la prise du premier et celle du second.
Lorsque le faucon dre.'^sé prend wn gibier et que l'on ignore s'il a été lancé ou non, le gibier est prohibé. Si un musulman lance son chien et qu'un idol&tre ou un renégat, ou bien un fidèle qui accomplit la retraite du pèlerinage ou quelqu'un qui a omis , esprës , de prononcer le nom de Dieu e.'icite ce chien et que cependant le musulman continue à poursuivre le gibier, celui-ci est licite. — Dans le cas contraire, le gibier devient défendu. Lorsiue le gibier est dépisté par le chien d'un musulman et qu'il est pris par e chien d'un étranger, ce gibier revient au musulman.
Lorsque le gibier pris est encore en vie, il faut l'égorger, si on en a le temps, mais si on néglige de le faire et .qu'il meure, il devient prohibé. Si l'on ne peut égorger le gibier avant qu'il ne meure et s'il lui reste encore un peu plus de chaleur vitale que n'en a ordinairement la bote égorgée, ce gibier, paraît-il, est prohibé; mais, d'après les deux scheiks savants Abou Yousser et Mohammed, ce gibier peut être mangé si le retard apporté à l'égorger est causé par l'absence d'un couteau ou bien parce que l'on n'en a pas eu le temps. Suivant l'Imam, au moment où on le prend, quand même il ne lui resterait pas un peu de chaleur, il faut cependant
l'égorger. Les deux savants cbciks susnommés pnïtODdent que cela est inutile.
La quatrième condUion pour rendre le gibier licite se rapporte à l'invocation du nom de Dieu au moment de lancer l'animal chasseur ou ta flëcbe ou tout autre instrument propre à tuer le gibier. Si le nom de Dieu est prononcé après le jet de l'instrument ou le lancer de l'animal chasseur, il est défendu de manger de ce gibier; si, avec intention, on n'a pas invoqué le nom de Dieu, le gibier pris est dëren(]u;il est licite, au contraire, si c'est par simple oubli. La cinquième condition, c'est de ne point perdre de vue le gibier poursuivi et de ne point négliger de le poursuivre en a'occupant d'autre chose, même après avoir atteint le gibier de sa tlèche et que le gibier fuit en l'emportant jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue. Si le chasseur continue sa poursuite et qu'il le trouve, alors le gibier est licite; mais s'il néglige de le suivre et qu'ensuite il le retrouve mort et atteint par d'autres blessures que celle faite par sa (lèche, sa chair sera défendue, à moins que ces blessures ne proviennent de la piqûre d'insectes. Il en est de môme pour le gibier pris par un chien ou par tout autre moyen. Il est bien entendu que la llëche doit avoir uQ tranchant et si, pur hasard, elle venait à tuer le gibier par un choc, sans pénétrer dans son corps, le gibier serait prohibé ; mais si, au contraire, la flèche pénètre, le gibier est licite. — Tout gibier tué par un instrument contondant, soit une balle d'arbalète, soit une pierre non aiguo, soit un bâton sans pointe piquante et pénétrante, est prohil>é. Toutefois, si la mort est causée par une blessure pénétrante,, quoique ne saignant pas, le gibier est licite. Certains théologiens esigent que la plaie soit saignante, d'autres ne l'exigent que pour une légère blessure. Il en est de même pour la bëtc que l'on doit égorger, si la llècbe a blessé l'animal au-dessus du sabot ou aux cornes et si la blessure saigne, la cliair est licite ; sinon, non. Si le gibier blessé tombe daus l'fau et se noie, s'il tombe sur uu arbre ou un rocher et, qu'en se débattant, il retombe et meure par
suite du choc de celte seconde chule, sa chair est défendue, De même, sa chair est défendue s'il tombe sur un objet aigu et qu'il vienne à mourir du coup de celle chule. Cepenilant, s'il tombe direclemeut à terre, après avoir été alleiut par la flèche, il est licite. Si le gibier tombe mort dans l'eau, et qiiu sa blessure n'ait pas été pénétrée par l'eau, il est licite; mais si, au contraire, l'eau a pénétré dans la blessure, il devient prohibé.
Ou ne doit pas non plus manger l'animal mort dans un combat avec un autre animal, ni le reste d'une proie d'urjo bêle fauve, à moins qu'on ne la prenne encore en vie do l'dçon a pouvoir l'égorger, ni le gibier pris par deux animaux chasseurs dont l'un serait dressé et l'autre non ; ni le gibier atteint par un animal chasseur lancé sans que le nom de Dieu n'ait été invoqué. Quand le gibier est mutilé, on peut mauger du morceau le plus grus, mais la partie détachée est prohibée, soit qu'elle soit une patte de devant, ou une suisse ou mémo un tiers attenant aux pattes; mais si c'est la tôte qui est mutilée, il faut qu'il reste à la bêle plus de la moitié de sa tète pour qu'elle soit licite. Quand le morceau n'est pas entièrement séparé de l'animal, il est licite d'en manger, si on peut le réunir au corps de la béte; sinon, no:i. Si le gibier est partagé en deux ou trois morceaux par un instrument tranchant que le plus gros morceau fasse partie do l'arriére ou qu'il ait perdu la moitié ou plus de la tète, ce gibier est toujours licite.
Le gibier appartient A celui qui l'a fjit sortir de son gllc. S'il vient â être blessé grièvemeut par un chasseur, mais qu'il puisse encore faire quelques pas et qu'un autre l'achève, il devient prohibé et celui qui l'a achevé doit en payer la valeur au premier chasseur, en tenant compte de la dépréciation causée par la blessure ; mais si la première blessure était légère, il appartient au chasseur qui l'aura achevé et il e^t licite. Si la première blessure est jugée mortelle, le ^bicr est licite. Si le gibier est pris blessé et qu'il puisse vivre encore un jour il n'est pas prohibé du fait de sa seconde Lies-
sure, d'après l'avis du théologien Abou Youssef, mais le théologien Mohamed est d'un avis opposé. Que l'on sacbo ou que l'on igQore si la mort est causée par les deux blessures, le second chasseur doit toujours payer au premier le préjudice causé par la ble.'^siire qu'il a faite et lui donner la valeur de la moitié d'un animal blessé, ainsi que la moitié du prix de sa viadde. Si le gibier succombe à la dernière blessure, il est licite comme s'il avait succombé à la première
Il en ost de même lorsque le chien do second chasseur arrive avant le chien du premier chasseur, mais si le chien du iiecoiid chasseur prend le t'ibier sans avoir été lancé [wr son propriétaire, celui-ci n'est plus responsable du lort fuit au premier chasseur.
La propriété du gibier et le fait que sa chair est liciie s'établit par l'acte de lancer le chien, et non poiut par la prise d'uQ chien qui serait parti sui' le gibier sans être lanré. Si un second chasseur lance son ciiieu avant que celui -J'on premier chasseur n'ait atteint le gibier, ce sibier appartient au propriétaire du chien qui le prend et il est licite. Si le chien du seœnd chasseur n'atleiut le gibier qu'après qu'il a élë rejoint pat celui du premier chassiur, et si celui-ci iic l'a pas grièvement blessé et que le second chien l'achève, le gibier appartient aus deux chasseurs, car ils sont associés dans la capture- Si un premier chien lancé attrape un oiseau, qu'il lui casse une aile el qu'un second chien, en le lui disputant, lui c-isse l'autre aile, et que le chasseur néghge de l'égorger, cet oiseau est réputé mortel il est défendu d'en manger, et le propriétaire du second chien doit à celui du premier la valeur de l'oiseau en vie, diminuée du prix des deux ailes casséts. L'oiseau est également censé mort s'il u'a pas été possible de l'éiiorger à temps. Si la première blessure était mor.elle, le gibier serait, cependani, licite. Lorsque deux chasseurs lancent leurs floches ensemule, o-i l'un après l'autre, et que l'un d'eux a atteint mortellement le gibier, qui est légèrement blessé par l'autre, le gibier c>t à celui qui a fait la blessure mortelle, qu'il soit le premier
ou le second à avoir lancé sa flâche. Le gibier, daos ce cas, est licite, et le dcuiième chasseur n'a aucua dédommagement à donner au premier. Si tous deux l'ont atteint eosemble, i! leur appartient en association et il est permis de manger sa chair.
Bins la cbaHsc, Taite en commun avec des cbiens, des faucons ou tout autre animal chasseur, la règle est la même, saur lorsque le premier chien qui attrape l'animal n'a pas été lancé expressément, elle propriétaire du chien est responsable envers son compagnon, car ou esig:e que le chien soit lancé sur le gibier afin de rendre son propriétaire responsable. Quand un faucon lancé en premier prend le gibier dans ses serres sans le blesser mortellement et qu'il en survient un second qui prend le gibier et le tue, le gibier revient au propriétaire du second faucon. Lorsqu'un musulman lance une flèche ou une balle d'arbalète ou tout autre projectile sur un gibier et que le hasard fait rencontrer à ce projectile une flèche qui tue un gibier, ce gibier est licite.
Si deux chasseurs tancent leurs flèches, et que celte qui a étù lancée la dernière vienne à heurter la premièi'e de façon à lui faire atteindre et abattre le gibier visé, ce gibier revient de droit à celui des deux qui a tiré la première flèche, si, toutefois, il est constaté que cette flèche aurait pu, sans le secours de l'autre, atteindre le gibier. Bans le cas contraire, le gibier devient la propriété du second chasseur. Ce gibier est licite, à moins que le second chasseur ne soit ou un infidèle ou un musulman eu cours de pèlerinage, toutefois ce point do la loi est contestable.
Observation : Si la flèche de l'inlldôle vient à détourner celle du musulman, et atteint le gibier, celui-ci appartient k l'infidèle; mais, aussi, dans le cas contraire, il appartiendrait au musulman.
Un gibier chassé en compagnie par un inSdële et un musulman, soit à l'arc, soit avec des chiens, est licite si le mulsulman le lue avec sa flèche ou son chien, mais il faut cependant qu'il soit tué, la flèche de l'inlidèle étant déjà tombée à
terre, ou après le retour de son chien, car sans cela, ce gibier quoique non prohibé, est cependant peu agréé, le cas étant jugé douteux.
Quand le vent détourne une flèche lancée par un musulman ellui Tait, par hasard, tuer un gibier autre que celui qu'il avait visé, ce gibier est défendu.
Sont comptés comme gibier permis, toutes les hôtes à poil qui n'ont pas de dents canines luis que le lièvre, l'àne et le bœuf sauvages, l'antilope, la gazelle, le mouflon et le bouquetin; tous les oiseaux qui n'ont point de serres tels que les poules, les perdrix, !cs pigeons, les tourterelles, les oies, les canards, les cailles, tous les petits oiseaux. L'hirondelle, la tourterelle domestique, la petite outarde, l'élourneau sont liciies aussi. Abou-Youssef repousse et tous les Imam soDt d'accord pour ne pas considérer comme gibier licite, la houppe, l'outarde, l'alouette, et le paon.
Tout ce qui se prend dans l'eau ainsi que les oiseaux aquatiques, est licite.
Uo poisson, avalé par un autre poisson plus gros, est licite et l'on peut manger des deux.
Un poisson mort, dont plus de la moitié est hors de l'eau, ne se mange pas.
Un poisson trouvé sur le bord de i'cau est licite, si, rejeté dans l'eau il conserve ta position du poisson qui nage, mais s'il revientsur l'eau, couché sur le flanc, il n'est plus permis d'en manger.
On range, au nombre des viandes défeudues, celles des hôtes féroces à dents canines, tels que le lion, le tigre, le léopard, le guépard, la hyène, le renard, le chien, le chat sauvage et le chat domestique, le lynx, la martre zibeline, Tours, le singe, la taupe, le chacal, l'éléphant, le sanglier, la cliauve-souris et celle de tous les oiseaux k serres, tels que le faucon, l'aigle, le tiercelet, le vautour, la buse, le griflon et ceux qui y ressemblent, comme le corbeau, le liibou, la chouette, le chat huant, ^es rongeurs, les reptiles et les insectes sont également prohibés et sont classés comme défen-
dus, la souris, le rat, le rat pharaoD, le caméléon, le porcépic, la grenouille, la tortue, le crabe, le scarabée; tous les animaux a saDgrroiJ, tels que tes guêpes, les poux, les puces, les mouches, les moustiques, les tics, les vers, les serpeuls, les scorpions et, enQa toutes les bâtes qui se nourrisseot de bêles mortes, Culs que les vautours, les corbeaux, le putois, etc.
Il est nécessaire, pour rendre licite la chair d'un animil que l'on tue, de le saigner et l'on peut manger de tout animal tué par un musulman qui n'a pas omis avec intention de prononcer le nom de Dieu.
Il est licite aussi de manger d'un animal saigné par un individu qui croit aux livres révélés (I), quand même cet individu appartient à une nation en guerre avec les musulmans et quand même il serait arabe Thatabi, ne connaissant point les livres révélés.
Les animaux égorgés en holocauste aux idoles par un mage, un musulman renégat, un idolâtre ou un musulman en cours de pèlerinage, ne sont pas licites.
Les paroles consacrées pour l'invocation du nom de Dieu sont : 1' Au nom de Dieu; 2' Dieu est le plus grand.
Il n'est pas admis de dire : au nomde Dieu, Mahomet est l'envoyé de Dieu. Il est expressément défendu de dire : au nom de Dieu et de Mahomet, l'envoyé de Dieu avec la conjonction tt.
La saignée doit être pratiquée â la gorge, entre le cou et les mâchoires, on doit trancher la gorge entièrement jusqu'à la trachée artère et la carotide. Quelques Imam piétendenL qu'il sudlt de trancher Tune des deux et l'Imam alBrme qu'il faut au moins couper deux des trois, c'est-àdire, lagurgeet la veine carotide, la gorge et la trachéearlère.
On peut saigner avec tout instrument pointu ou tranchant qui peut faire couler le sang, fusse une corae, une griffe ou une dent arrachée. Tt n'est pis admis que l'on fas^^e souffrir l'animal en le décapitant, ou en lui enlevant la moelle épiiiiére. Il n'est pas admis no.j plus de le traîner pour le coD-
(1) Chrétiens et Israélites.
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iluire à l'abaltoir, d'i de lui tordre le cou, ni de l'écorchcr avant la cessation complète de la vie, ni de le frapper aur Je tlo3. T(mt animal domestique doit Ctre saigné à la gorge ; les liètes de véoerie et les moutons vivant libres au dteert, ainsi que les autres animaux, doivent être tu6s par un coup p>^iiôhant au défaut de l'épaule, et pour tuer le chameau, il faut le percer au haut de la poitrine, sur le devant, quint aux bœufs et aux moutons, on les égorge.
Il n'est pas admis de dresser un faucon avec un animal vivant.
Il est préférable, si un animal, boa à' manger, vient k être mutilé ou blessé, de le tuer el de le manger plutôt que de lu soigner; mais l'on doit soigner, au contraire, ceux dont la chair est défendue.
Dovoipa den chasseups et oniciers de chasse
Le chasseur à cheval ne doit monter à cheval que dans l'état de pureté. 11 doit, pendant la chasse, respect aux personnes plus âgées que lui ou d'un grade, civil ou religieux, supérieur au sien et aux princes, car respect est dû à S. M. le Roi.
Il ne doit pas cherchera chasser un gibier poursuivi par un grand, ni le lui disputer, ni lancer sa flèche avant lui, à [Lioins qu'il n'en soit requis, soit parce que le chasseur, son supérieur, s'aperçoit de la fatigue de sa monture, soit parce qu'il craint de voir le gibier s'échapper. Dans ce cas, son devoir est de le poursuivre. Pendant la chasse, il doit éviter de se vanter et de se poser en rodomont, en bravache, car la hablerieet la fanfaronade sont vite reconnues par les gens d'expérience, le vrai courage est toujours modeste.
L'Imam Fakber Eddin Er'Razi,dans son livre sur la science du physionomiste dit : quand vous voyez un homme insolent,
soyez cerlaÏD qu'il est lâche et malhonnête, car ua malhonnête homme doit avoir de l'audace, et un lÂche ne mt pas vivre avec les hommes libres — l'insolence est donc la caractéristique de ces deux défauts. Le poète dit eo faisant le portrait d'un vrai brave ;
« Sa figure est aussi tendre que le cœur d'un amoureux ; mais au jour du combat on le dirait de roc. >
Nous citerons encore, à rc propos, les paroles d'Ali, prince des fidèles, que Dieu fasse honorer sa mémoire ! « Doux en- • vers ses inférieurs et digne auprès de ses -lupérieurs. ■
Ici se termine le passage que nous citons d'après Fakher Eddin Er-Razi, cela nous a éloigné peut-être de notre sujet, mais il vaut mieux dire ce que l'on pense que de le garder au fond du cœur.
L'auteur de ce traité, Mabommed el Mangati, que Dieu le protège ici-bas et dans la vie future, assure que le premier devoir qu'impose au chasseur la civiliLé, est de ne point lancer sa flèche en môme temps qu'une autre personne, à moins que cette autre personne n'ait manqué son but. Souvent on a vu émettre de sottes prétentions par des gens orgueilleux qui affirment avoir atteint le gibier si la flèche qui l'a tué ressemble, par son fer ou ses barbes, aux siennes. J'ai entendu dire à un cheikh que Dieu fasse miséricordo à son âme ! qu'un archer doit empenner sa flèche avec des plumes de la queue d'un vautour si bon arc est flexible, mais avec des plumes de la queue d'un aigle si son arc est dur. Cette observation est subtile, mais juste.
Il est bon que le chasseur se précautionne du sel, d'un bidon, d'aiguilles et d'une broche en fer pour faire rôlir les viandes. J'ai vu une personne, prendre dans sou carquois une flèche, et s'en servir après l'avoir amincie, pour faire r6tir son gibier, mais il avait, en le faisant, manqué aux convenances, que Dieu lui soit en aide ! J'ai entendu raconter par l'émir Beder-Eddin-Massaoud que, se trouvant dans une plaine, il a vu un turcoman, qui avait tué un gibier en chassant, le faire rétir en l'embrochant sut une
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branche de laurier rose. Cet homme mourut après cd avoir mangé, car le poison de la braocbc de laurier rose avait pénétré la viande.
On trouve dans un recueil de bons conseils ce trait qu'un chasseur, après avoir mangé sa viande, s'est essuyé les mÙDs sur ses bottes, cet acte est on ne peut plus malséant et ne peut le comparer qu'ù ce que font les idulâtres.
Il est de bonne précaution d'avoir avec soi une lime et un marteau pour arranger les pointes des flèches. J'ai rencontré, une fois, un soldat expérimenté qui avait, à demeure, sur i'arçon de sa selle, uoe petite enclume pour réparer ses flèches en les frappant dessus avec un marteau. Cela m'ayant semblé ingénieux, je l'ai expérimenté.
Le chasseur fera bien, également, de se préGiutionner de deux couteaux bien alTilés pour saigner le gibier, et d'un troisième pour lé dépouiiler Avoir deux couteaux est une bonne précaution parce que l'un des deux peut se briser en égorgeant le gibier, et qu'alors on peut, en se hâtant, se servir du second, de telle sorte que le gibier soit licite et ne paisse être réputé mort. Pour que le gibier soii licite, lorsque le premier couteau vient à se briser, il faut mettre le doigt sur ta plaie, en attendant que l'on puisse prendre en maio le deuxième couteau et achever d'égorger la bêle.
Il est boo, aussi, d'avoir avec soi deux courroies solides en plus de celles de la selle pour attacher le gibier après l'avoir saigné, sur la croupe du cheval. On ne doit pas compter sur les courroies du valet de chasse, c'est avoir de l'orgueil, et tout cavallier orgueilleux est un sot, l'homme intelligent n'éprouve pas ce sentiment, elles infidèles eus-mémes blâment ceux d'entre eux qui sont orgueilleux.
Il est indispensable à un chasseur d'avoir un bon arc, de bonnes flèches. Il doit laisser de côté celles qui sont en bois cassant ou en bois do pin, à moins qu'elles ne soient grosses; les flèches minces ne valent rien, surtout lorsque l'arc est peu flexible. Il est avantageux d'avoir à sa disposition, si on le peut, deux ou trois arcs, car si un arc vient à per-
dre de son élasticité, on peut le remplacer par un autre; oa ne doit pas se servir de cordes en boyeau ou en peau, cela ne vaut rien et si les tartares et d'autres personnes eu font usage, c'est qu'ils n'eu out pas d'autres à leur disposition. La flèche no se dégage pas facilement de oes sortes de cordes.
Avant de se mettre en chasse, on doit bien examiner les pennes des flèches, bien visiter son arc et tous les engins de chasse.
Le chasseur expérimenté doit savoir réparer son arc, quand'il se casse par l'endroit où on le tient ou par l'une dos extrémités; si l'arc se casse à un autre endroit, il est impossible de le réparer. La réparation, quand elle est possible, doit être exécutée en moins de demi-heure, de manière à remonter â cheval et à rejoindre les compagnons de chasse, sans rester dans une inaction honteuse. Cette habitude pourra servir à la guerre, car on pourra sortir de la mêlée, se tenir un instant à l'écart pour réparer son arc, remonter k clievai, retourner sur le champ de balaille et y combattre.
Si on me demandait comment on peut si rapidement répa rer un arc el s'en servir de suite, je répondrais que r- 1 vieux soldats le savent, car les vrais hommes de guene pensent toujours à leur métier de soldat et Dieu leur réserve de belles récompenses; et je dirais aussi que c'est long et dilTicile à expliquer par écrit, mais qu'il serait plus aisé de faire cette démonstration du vive voix et cependant il est plus facile qu'on ne le croit de faire une semblable réparalion.
Un bon chasseur doit avoir, de toute nécessité, un cheval bien exercé, rapide et léger, car le cheval est le complément du l'archer. Le vrai arclier chasseur, doit avoir deux chevaux, l'un solide pour les courses lointaines, l'autre léger et rapide pour la chasse, chacun de ces deux chevaux a son emploi particulier. Le premier, pour les longues poursuites des onagres et des gazelles à longue haleine, car les gazelles
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courent plus ou moins longtemps suivaDt le pays qu'elles habitent; par exemple, les gazelles d'Egypte sont plus rapides et plus légères que toutes les autres et l'on prétend même qu'elles ont une cOte de moins; les gazelles de Syrie ont une chair plus succulente, Â cause des gras pâturages qu'elles trouvent sur les montagnes. La gazelle fatiguée par la poursuite des chiens et des chevaux, ou par une course dans une plaine de sable, peut être prise par le premier cheval venu, s'il est frais ; mais cela n'ajoute rien au mérite du cheval, car cet exploit est des plus faciles.
Le second cheval léger et rapide s'emploie aux courses, aux jeux de carrousels, à la poursuite des vaches sauvages, à la première poursuite des gazelles que l'on débusque de leurs gîtes.
Il n'est pas commode à un archer de se servir de son arc et de ses flèches, lorsque son rapide coursier est lancé à toute vitesse, et surtout si sa selle est petite avec un troussequin très-haut. Cette sorte de selle est mauvaise, et cependant elle est très-commune en Egypte. C'est une invention persanne, elle est défectueuse, et si on en connaissait tous les défauts, on ne l'adopterait point. Elle peut être utile dans une lutte corps corps, à cheval, mais, dans mon opinion, le bon cavalier n'en a pas besoin pour lutter avec avantage. J'y ai découvert les sept défauts que j'énumère ici :
De fatiguer le cavalier ;
De l'empCcher de se rejeter en. arrière pour éviter un coup de lance qui menacerait sa poitrine, mouvement qui pourrait le sauver s'il le faisait, et qui lui faciliterait de parer une semblable attaque avec son fouet, sa main, son sabre ou son poignard.
De l'empêcher de se pencher en arrière pour éviter le choc contre une porte basse, ou une branche d'arbre;
De gêner l'archer dans le tir de sa flèche au galop, car lorsque l'archer tend son arc il est obligé de rejeter son corps en arrière, en poussant en avant ses pieds et en s'appuyantsurles étriers;
De g^Der I9 cavalier qoi vent descendre de sm chevtd en se laissant glisser sur la croupe; maateuvre qui peut être Béeessaire dans certaines circonstaaces. Je me sois trouvé dans le cas de le foire, mais j'avais une selle basse de l'arrière, comme celle des anciens et je la conserve encore.
De mettre en péril le cavalier surpris par une attaque venant de derrière lui, car son ennemi peut, en prenant ua point d'appui sur le troussequin de la selle, le saisir et l'enlever de sondievai.
L'adversaire peut donc l'enlever de dessus sa selle, s'il o'eat pas solide cavalier, en un mot, ces selles sent uuc aide à l'ennemi qui peut appuyer le pied sur leur troussequin ^evé.
Dans le cas où le cavalier aurait besoin de mettre son cheval au galop, de lancer le javelot ou l'oiseau, de se renverser en arrière pom tirer une flèche sur un gibier qui passerait au-dessus de lui, ce troussequin lui devient un obstacle.
Cette selle gène te cavalier pour monter à cheval, car pour se mettre en selle, il doit nécessairement lever la jambe droite.
BUe «npëche enfin le cavalier qui a l'habitude, au moment d'enfourcher son cheval de s'aider du troussequin, delà faire convenablement; car s'il est trop haut, il ne peut s'y appuyer comme lorsqu'il est bas. La plupart dos personnes qui montent à cheval ue s'aident donc plus en saisissant de la main l'arrière de la selle.
D'après les anciens et d'après ceux qui ont suivi leurs leçons, l'usage n'est pas de saisir de la main droite le troussequin, mais de prendre de la main gauche l'arçon de la selle, et il a à cela avantage, et votre serviteur se conforme à cette coutume.
Cela a été dit par le maître Eln EU El Khataii dans son livre connu par les belles notions qu'il donne sur la science de l'équitatiou, du carrousel, des maladies des chevaux et de leur guérison ; et il n'est pas permis au cavalier, s'il le lit, d'avoir recours à un autre livre, car cet ouvrage si complet
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a Téuûi différentes scimces ; le nom de son auteur s'écrit avec un kha ponctué, et un zein avec le redoublement, mais beaucoup de personnes disent El Ebal AU et El DJebali; mais c'est une faute, son nom est Et Kbatali,da nom de Ebatat, ville près de Bagdad, Dieu le sait t
Sache que l'équitatiou et la Chasse à courre ont pour pr&miers éléments l'agilité, l'art de lancer l'arme de jet et l'assiette à cheval. Combien de personnes montent à cheval, courent dans les hippodromes, tirent de l'arc et qui, cependant, ne comptent ni comme écuyers, ni comme connaissaot le cheval et ce qui le coucerne. La science de la chasse donne, à elle seule, matière à uo grand ouvrage et celui qui y est babile est un homme accompli.
Il convient que le chasseur examine son cheval avant de le monter pour cbasser, guerroyer ou pour tout autre but. S'il est doué de perspicacité, en regardant la physionomie de son cheval, il reconnaîtra s'il est malade ou indisposé, uousméme en avons fait rexpérience.
Reccmunandation spéciale au chasseur : il ne faut pîs tenir la bride lâche à son cheval, pour éviter qu'il n'en soit tourmenté lorsqu'il galope, et afin que le mors ne joue point trop sur les barres. Celte faute est commise par les cavaliers ignorants, et combien de chevaux de pur sang se sont laissé dépasser dans les courses à cause de cela. Donc la bride doit être maintenue juste dans la bouche du cheval, la gourmette et la tètlère ne doivent pas être trop serrées, car il y a des chevaux qui, pour ce motif, se sentent gênés et comme étranglés, et leur rapidité â la course peut en être diminuée. Pour cette raison, il y a eu des chevaux qui ont été battus dans les courses.
Le chasseur, le guerrier et l'écuyer qui font des exercices de carrousel, doivent éviter d'employer des mors très-légers, mais ils doivent adopter des mors d'un poids moyen.
Akecdotb, — J'ai entendu dire qu'une fois une favorite avait demandé à son roi d'assister à une de ses chasses et que sa demande lui avait été accordée. Pendant la chasse on
vit passer un troupeau de gazelles et comme le prince était très-habile tireur, il demanda à sa favorite commeDt elle voulait qu'il atteignit le gibier. Celle-ci lui répondit : je veux que tu rendes les mâles comme des femelles, et les femelles semblables aux mAles. Le roi pensa qu'elle désirait le mettre au défi et jouir de sa confusion, et il lui répondit : tu n'exiges pas trop de moi. Il tira alors sur les mâles,en les visant aux cornes qu'il abattit, et ainsi il les rendit, en apparence, comme des femelles, ensuite il tira sur les femelles, en leur plantant ses llèches sur leurs têtes comme des cornes. Après avoir accompli de cette façon les désirs de sa favorite, et craignant, qu'en une autre circonstance, elle en vint à lui demander une chose qu'il n'aurait pu accompUr,aQn de pouvoir se moquer de lui, il se retourna de son côté et la tua.
On raconte également que cette favorite avait prié ce roi de tirer ses flèches de telle sorte qu'il réunit par une flèche les pieds de derrière aux cornes et que le roi tira, alors, avec une arbalette, des bâties de terre glaise sur les gazelles en les atteignant aux oreilles, que les gazelles levaient la patle pour se gratter et qu'alors il leur envoyait sa flèche qui les perçait et réunissait ensemble la patte de derrière à l'oreille. Je n'ai raconté cette prouesse que pour exciter l'émulation des chasseurs et aGn qu'ils ne soient pas trop orgueilleux de leur adresse au tir; du reste, ces anecdotes font le bonheur des chasseurs.
L'auteur, le serviteur de Dieu Mohammed Ben Mangali ajoute, je t'ai raconté, 6 mon auguste Seigneur, une histoire merveilleuse, rarement on en a entendu une semblable, Dieu seul sait si elle est vraie, mais elle fait partie de la bonne éducation du chasseur.
Quand tu lances ton cheval bien dressé, ô mon seigneur, à la poursuite d'un gibier, aie soin que ton sabre soit libre dans le fourreau, car s'il t'arrivait de manquer le gibier et qu'il revienne sur toi, sans que tu aies le temps de tendre à nouveau ton arc pour lui lancer une flèche, tu lui assèneras d'abord un coup de masse d'arme et si tu le manquais en-
cote, tu pourrais alors te servir de ton sabre, mais ^3 attention de ne point blesser ton cheval aux jambes. Si le gibier est une gazelle, il faut lui donner le coup de masse d'arme sur la tête. Agir de même pour i'onagre et pour le taureau sauvage et l'hyène. Si tu te sers de Ion sabre contre un loup ou un renard, aies soin, en frappant, de tourner le sabre dans la main, le coup sera plus efficace et la jambe de ton cbeval ne courra aucun danger. Cette recommandation nous vient de nos maîtres, que Dieu les aie en sa miséricorde ! et fait partie de la bonne éducation du chasseur.
Si je voulais m'étendre sur tout ce qui concerne l'éducation du chasseur au point de vue moral, physique, rehgieux et usuel, cet ouvrage 'serait bien long et bien volumineux, mais l'aperçu que je donne ici suIGt a ceux que le Très- Haut a doué de la faculté d'agir avec adresse et intelligence. Je prie le généreux créateur de nous accorder à tons la grâce de nous conformer à ses commandements et à tout ce qu'il a prescrit et j'invoque pour cela sa bonté et sa générosité.
Devoir» des princes en chasse, en route et aux étapes.
Une des premières conditions de sécurité, c'est qu'un prince ne doit pas exposer sa personne en s'écartant de sa suite, car il pourrait être surpris par trahison et l'on rapporte que le kalife Ilicham, passionné pour lâchasse, s'étant un jour séparé des siens, rencontra une tente de bédouin auprès de laquelle était attaché un cheval ; une discussion s'étant élevée entre le kalife et le bédouin, celui-ci se montra tellement insolent que le kalife ût un geste menaçant. Le bédouin s'élança sur son cheval, prit sa lance et en frappa le
kalife à la t£le et le blessa légèrement. La suite «n^at benreusemeot, s'empua du bédouin et le conduisit au campoà il fit ses excuses, ensuite il fut relâché. L'anecdote est longue, mais ceci en est le résumé. Le malheur survenu an roi El Acliraf, fils du roi El Mansour Kalaoun, que Dieu les aie en sa miséricorde, est célèbre. Le roi Achraf, kalife, monta sur un bidet, sans autre arme qu'une baguette de tambour et il lui est arrivé ce que l'on sait à Touroudja, C'était écrit dans une des pages de la destinée I....
L'auteur dit que la loi religieuse défend au prince de s'exposer en s'isolant et de compromettre ainsi la dignité de rang et de se fier à la destinée, car s'il lui arrivait malheur, le repentir serait vain.
Nos ulémas nous enseignent que l'on doit croire au destin sans s'en prévaloir pour se justifier d'une imprudence. Le prince ne doit donc s'écarter de sa capitale pour chasser que lorsqu'il est sûr de la fidélité et du dévouement de ses compagnons. Il doit se faire suivre par ceux de ses ofiQciers en qui il a le plus de confiance et par ceux qui lui sont réellement affectionnés. Il ne doit pas témoigner de préférences pour un nouveau favori au détriment des anciens, car cela peut devenir un péril pour sa couronne. Il ne doit pas louer un nouveau favori en présence d'un ancien, les âmes ont des passions, des rancunes el des Intérêts matériels et des sentiments d'amour-propre et d'orgueil qu'il faut ménager. En voyage le sultan ne doit manger ni boire avec excès et sa suite doit l'imiter. Le sultan est une tête à un corps. On ne doit pas le n^audire quand il est despote, ni appeler sur lui la colère divine, mais prier Dieu de le corriger et de lui donner le repentir. On doit, dans toutes les occasions, lui donner de bons conseils. Toi, son serviteur, tu le nommeras père, si tu veux ou bien encore Mattre et même frère en Dieu, mais toujours le bien conseiller, lui être dévoué, fidèle et le servir du mieux possible pour lui être agréable. 0 mon Dieu! accordez vos bontés â notre Roi, faites réussir les désirs de nos princes, donnez la science à nos ulémas, et, k
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Dousy rùtas-noH8 la gr&ee de leur obâie, afin de Eaire ce qui peut vous pfaùpe et de ooiu eoilormer k \m sainte cemutuideiaeDlà ! Amen.
Observation. — La chasse est. de tous les exercices, celai qui convient le pins aux gentilshommes, et ies princes et ceux qni sont placés sous eux, en ont également besoin. La chasse offre les dix avantages suivants :