‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 29 sur 168 · CHAPITRE li. L'EUROPE AVANT LOUIS XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE li. L'EUROPE AVANT LOUIS XIV

chrétienne (à la Russie près ' ) comme une espèce de grande république partagée en plusieurs États , les uns monarchiques, les autres mixtes, ceux-ci aristocratiques, ceux-là populaires, mais tous correspondants les uns avec les autres; tous ayant un même fond de religion , quoique diviisés en plusieurs sectes , tous ayant les mêmes principes de droit public et de politique, inconnus dans les autres parties du monde. Cest par ces principes que les nations européanes* ne font point esclaves leurs prisonniers, qu'elles respectent les ambassadeurs de leurs ennemis, qu'elles conviennent ensemble de la prééminence et de quelques droits de certains princes, comme de femporeur, des rois et des autres moindres potentats, et qu'elles s'accordent surtout dans la sage politique de tenir entre elles, autant qu'elles peuvent , une balance égale de pouvoir, employant sans cesse les négociations, même au milieu de la guerre , et entretenant les unes chez les autres des ambassadeurs ou des espions moins honorables, qui peuvent avertir toutes les cours des desseins d'une seule, donner à la fois l'alarme à TEuropc, et garantir les plus faibles des invasions que le plus fort est toujours prêt d'entreprendre '. "^

encore rindépendance de l'Europe; l'Espagne l'amène à parler do Portugal et des Provinoes-Unies, qui s'étaient séparés d'elle ; la Hollande, déjà redoutable par ses flottes, est une ïmtme alTaiblie de l'Angleterre qui aSectaii la souveraineté des mers; l'An{ileterre, qui avait coni^ervé la vieille devise de Henri VUI : M Qui je défends est maître.» lui rappelle l'idée de la cour de nonie, cette médiatrice touio-puissante des peuples et des rois au moytM) à^: enfin il termine par la France, dont il va raconter l'histoire pendant le siècle de Louis XIV.

i. Ala Bussie jjrès. On avait longtemps regardé la Bussie comme un pays barbare et appartenant à l'Asie plutôt qu'à l'Europe. Ce fut Pierre le Gratid qui la fit connaître, on peut le dire^ aux nations plus civilisées de l'Occident : sous son règne, en i7t6, la Russie commença h figurer dans VAlmanach royale au nombre des puissances européennes.

3. Europcanes. Voltaire avait proposé et défendu, avec la vivacité et l'esprit qu'il mettait en toutes choses, un nouveau système d'orthographo et une réforme partielle de nuire langue. Il trouvait ridicule, par exemple, qu'on dise aou«(, quand nous avons le mot harmonieux û*auguste ; qu'on écrive François^ lorsque nous prononçons Français, « Quand nous cX)m mençàmes, ait-il, à pai-ler la langue des Romains, nos vainqueurs, nous la corrompîmes. D^augustus nous fîmes aoûsl, aoiU : de pavo, paon : de Cadomum, Caen ; de jwiiuSf juin ; d'unctuê, oint. C'est une propriété des barbares d'abréger tous les mots. La plupart des lettres que nous avons retranchées et aue nous prononcions durement sont nos anciens habits dr sauvages : chaque peuple en a des magasins. »— m L'orthographe de la plupai i des livres français, ait-il ailleurs, est ridicule. » (Dictionnaire p/u7o«opAtfue, articles Franc, Français^ Ortkogranhe.) Européen est un de ces mots auxquels Voltaire fit une guerre acharnée, parce qu'il le trouvait sec ^ dur; il dit toujours: Européan^ Européane. Nous écrivons aujourd'hui Françaii^ comme il le demandait; mais nous avons conUnné à dire août et européen : l'usage a prévalu.

V Prit de est aujourd'hui peu usité; nittis on en trouve de nombreux

Depuis Gharles-Quint la balance penchait du côté de la maison d*Âutrîche. Cette ntaison puissante était, vers Tan 4 S30, maîtresse de TEspagne , du Portugal , et des trésors de TAmérique; les Pays-Bas, le Milanais, le royaume deNaples, la Bohême, la Hongrie, TÂUemagne même (si on peut le dire), étaient devenus son patrimoine, et si tant d'Ëtats avaient été réunis sous un seul chef de cette maison , il est à croire que TEurope lui aurait enGn été asservie.

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