DE L'ALLEMAGNE
L'empire d'Allemagne est le plus puissant voisin qu*ait la France: il est d*une plus grande étendue, moins riche peutêtre en argent , mais plus fécond en hommes robustes et patiente dans le travail. La nation allemande ^t gouvernée, peu s'en faut, comme l'était la France sous les premiers rois Capétiens, qui étaient des chefs , souvent mal obéis , de plusieurs grands vassaux et d'un grand nombre de petits. Aujourd'hui soixante villes libres et qu'on nomme impériales, environ autant de souverains séculiers, près de quarante princes ecclésiastiques, soit abbés, soit évoques, neuf électeurs, parmi lesquels on peut compter aujourd'hui quatre rois ', enfin l'empereur, chef de tous ces potentats , composent ce grand corps germanique, que le flegme allemand a fait subsister jusqu'à nos jours , avec presque autant d'ordre qu'il y avait autrefois de confusion dans le gouvernement français.
Chaque membre de l'Empire a ses droits, ses privilèges, ses obligations; et la connaissance difficile de tant de lois; souvent contestées , fait ce que l'on appelle en Allemagne Vétude du droit public f pour laquelle la nation germanique est si renommée.
L'empereur , par lui-même, ne serait guère à la vérité plus
exemples, au xvii* et au xviii* siècle, dans Racine, Voltaire. Montesquieu, Veriot , etc. Nous disons aujoard'hai près de^ sur le point de.... et prit d, décidé à. ' . '^ «^
1. Les quatre rois dont U est parlé id étaient 1 electeur-roi de Bohème, le plus ancien de tous; l'électeur de Saxe, roi de Pologne depuis 1697 ; Télectenr de Brandebourg, roi de Prusse depuis iTOi ; et Télecteur de HanoTie, roi d'Angleterre depuis ni 4. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que depuis ia mort de Voltaire rctal politique de l'Allemagne est tout à Ikit changé. Les principautés ecclésiastiques ont élé sécularisées; les villes impériales et na grand nombre d'États secondaires ont disparu; l'Empire lui-même a été remplacé par la Confédération germanique, qui compte quarante souverains, dont un empereur et sept rois.