SITUATION DE LA FRANCB
La France, alliée à la Suède, à la Hollande, à la Savoie, au Portugal, et ayant pour elle les vœux des autres peuples de meures aans l'inaction, soutenait contre l'Empire et l'Espagne une guerre ruineuse aux deux partis, et funeste à la maison d'Autriche. Cette guerre était semblable à toutes celles qui se font depuis tant de siècles entre les princes chrétiens, dans lesquelles des millions d'hommes sont sacrifiés et des provinces^ ravagées pour obtenir enfin quelques petites villes frontières dont la possession vaut rarement ce qu'a coûté la conquête.
Les généraux de Louis XIII avaient pris le Roussillon ; les Catalans venaient de se donner à la France, protectrice de la liberté qu'ils défendaient contre leurs rois; mais ces succès n'avaient pas empêché que les ennemis n'eussent pris Corbie en i 636 et ne fussent venus jusqu'à Pontoise. Lu peur avait chassé de Paris la moitié de ses habitants, et lo cardinal de Richelieu, au milieu de ses vastes projets d'abais-
I. Rt Ikrahim. t C'est lui dont Racine dit avec juste raison :
» L'imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance, » Traîne, exempt de péril, une ëtemelie enfance. »
« Tiré de sa prison ponr rëipier aorès la mort d'Amnrat, son frère. Tout imbécile qu'il était, les Turcs conquirent Ttle de Candie sous son règue. Etranglé en 1648. » (Voltaire, LitU des iouveraini contempcraint.)