CHAPITRE 111. MINORITE DE LOOIS XI
prince de cette branche d*une maison si féconde en homme» illustres et dangereux. Celui-ci , qui ne passa que pour uq aventurier audacieux , parce qu'il ne réussit pas, avait eu du moins la gloire d'aborder seul dans une barque au milieu de îa flotte d'Espagne, et de défendre Naples sans autre secours que son courage*.
A voir tant de malheurs qui fondaient sur la maison d'Autriche, tant de victoires accumulées par les Français, et secondées des succès de leurs alliés , on croirait que Vienne et Madrid n'attendaient que le moment d'ouvrir leurs portes, et quo l'empereur et le roi d'Espagne étaient presque sans Ëtats. Cependant cinq années de gloire, à peine traversées par quelques revers, ne produisirent que très peu d'avantages réels, beaucoup de sang répandu^ et nulle révolution. S'il y en eut une à craindre, ce fut pour la France; elle touchait à sa ruine au milieu de ces prospérités apparentes.
I. I^s Napotitaîns s'étaient révoltés contre l'Espagne , en 1647, sons la conduite du pécheur Masaniello (Thomas Aoiello). Après avoir renversé 'eur idole d'un juur, ils se donnèrent au duc deGuibe, qui remporta d'abord quel>
3UCS succèa sur le vice-roi duc d'Arcos. et finit par des revers son expéition aventureuse : il resta cina ans pnsonnier en F.spa{;ne. On disait, en )e voyant passer avec le prince de Condé : Voilà les héros de la fable et de l'hiitoire.
CUAPITRE IV.
Guerre civUe.
/• La reine Anne d'Autriche, régente absolue, avait fait du cardinal Mazarin le maître de la France et le sien. Il avait sur elle cet empire qu'un homme adroit devait avoir sur une femme née avec assez de faiblesse pour être dominée, et avec assez de fermeté pour persister dans son choix.
On lit dans quelques Mémoires de ces temps-là que la re^n« ne donna sa confiance à Mazarin qu'au défaut de PoUer, évéque de Beauvais, qu'elle avait d'abord choisi pour son ministre. On peint cet évoque comme un homme incapable: il est à croire qu'il l'était , et que la reine ne s'en était servie quelque temps que comme d'un fantôme, pour ne pas effaroucher d'abord la nation par le choix d'un second cardinal et