II. Plan du Siècle de Louis À IV
Voltaire commence ainsi son ouvrage : « Ce n'est pas seulement la vie de Louis XIV qu'on prétend écrire : ,on se propose un plus grand objet. On veut essayer de peindre à la postérité, non les actions d'un seul homme, mais l'esprit des hommes dans le siècle le plus éclaire qui fut jamais. >» Quand on lit sa correspondance dans les années qui ont précédé ou suivi la publication du Siècle de Louis XI Y ^ on est frappé de le voir revenir sans cesse sur cette idée, qui fait, à ses yeux, la nouveauté et l'originalité de son livre. « On n'a fait que l'histoire des rois, écrit-il au marquis d'Argenson \ mais on n'a pas fail celle de la nation. H semble que, pendant quatorze cents ans, il n'y ait eu dans les Gaules que des rois, des ministres et des généraux : mais nos mœurs, nos lois, nos coutumes, notre esprit, ne sont-ils donc rien? » Il dit encore à l'un de ses amis^ : « Vous avez ranimé dans moi cette ancienne idée que j'avais d'un essai sur le siècle de Louis XIV. S'il n'y avait que l'histoire d'un roi à faire, je ne m'en donnerais p{îs la peine; mais son siècle mérite assurément qu'on en parle. »
C'était la première fois qu'un écrivain, cessant de se borner au récit vulgaire des batailles et à l'histoire convenue des rois , cherchait dans les annales du passé les manifestations variées et multiples de la pensée humaine. C'était la première fois qu'on essayait de