‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 100 sur 189 · Chapitre XV. 3 51 O · texte numérisé non relu

Chapitre XV. 3 51 O

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attendait aux côtes de Normandie. D'Eftrées arrivait du port de Toulon avec trente autres vaiffeaux. S'il y a des malheurs caufés par la mauvaife Conduite , il en eft qu'on ne peut imputer qu'à te fortune. Le vent d'abord favorable à i'efcadre de d'Efîrées , changea ; il rie put joindre Tourville. Ses quarante-quatre vaiffeaux furent attaqués par les flottes d'Angleterre & de Hollande , fortes de près de cent voiles. La fupériorité du nombre ï'em~ porta. Les Français cédèrent , après un combat de dix heures. Rujfel amiral Anglais les pourfuivit deux jours. Quatorze grands vaiffeaux , dont deux portaient centquatre pièces de canon , échouèrent fur la côte , & les capitaines y firent mettre le feu , pour ne les pas laiiièr brûler par les ennemis. Le roi Jacques, qui du rivage avait vu ce défaftre , perdit toutes fes efpérances.

Ce fut le premier échec que reçut fur la mer la puiiTance de Louis XIV, Seigndai , qui après Colbert fon père avait perfectionné la marine , était mort à la fin de 1690. Pcntchartrain, élevé de la première préfidence de Bretagne à l'emploi de fecretaire d'état de la marine , ne la laiffa point périr. Le même efprit régnait toujours dans le gouvernement. La France eut , dès l'année qui fuivit la difgrace de la Hogue, des flottes auîïï nombreufes qu'elle en avait eu déjà ; car Tourville fe trouva à la tête de foixante vaiffeaux de figne , & d'Eftrées en avait trente , fans compter ceux qui étaient dans les ports ; & même quatre ans après , le roi fit encor un armement plus confidérable que tous les précédens , pour conduire Jacques en Angleterre à la têre de vingt mille Français : mais cette flotte ne fit que fe montrer • les mefures du parti de Jacques ayant été aufîi mal concertées à Londres , que celles de fon protecteur avaient été bien prifes en France.

Il ne refta de reffource au parti du roi détrôné , que dans quelques confpirations contre la vie de fon rival. $r Ceux qui les tramèrent , périrent prefque tous du der-

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