‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 107 sur 189 · Chapitre XVI · texte numérisé non relu

Chapitre XVI

obligés de tuer des ennemis de leur moin , ce qui n'arrive aujourd hui prefque jamais anx officiers généraux^ depuis que le feu décide de tout dans les ba:ail!es.

Le maréchal de Luxembourg fe figriala «5c s'ëxpofa plus que jamais : fou fils le duc de Monîmorcnci "fe mit au-devant de lui lorfqu'on le tirait , & reçut le coup porté à fon père. Enfin le général & les princes reprirent le village une troifième fois & la bataille fut gagnée.

Peu de journées furent plus meurtrières. Il y eut environ vingt mille morts , douze mille du côté des alliés , & huit de celui des Français. C'eft à cette occafion qu'on difait qu'il fallait chanter plus de De prçfondis que de Te Deum.

Si quelque chofe pouvait confoler des horreurs attachées à la guerre , ce ferait ce que dit le comte de Sa/m bleiTé & prifonnier dans Tirlemont. Le maréchal de Luxembourg lui rendait des foins aflidus : Quelle nation |-fc êtes vous ? lui dit ce prince : il n'y a point d'ennemis plus à craindre dans une bataille, ni de plus généreux amis après la victoire.

Toutes ces batailles produifaient beaucoup de gloire, mais peu de grands avantages. Les alliés, battus à Fleurus, à Steinkerque , à Nervinde , ne l'avaient jamais été d'une manière complette. Le roi Guillaume fit toujours de belles retraites ; & quinze jours après une bataille , il eût fallu lui en livrer une autre, pour être le maître de la campagne. La cathédrale de Paris était remplie des drapeaux ennemis. Le prince de Conti appellait le maréchal de Luxembourg , le tapijfier de JNotre-Dame. On ne parlait que de victoires. Cependant Louis Xi V. avaic autrefois conquis la moitié de la Hollande & de la Flandre , toute la Franche-Comré , fans donner un feul combat; & maintenant, après les plus grands efforts & les victoires les plus fanglantes, on ne pouvait entamer \ | les Provinces-Unies : on ne pouvait même faire le fiége de Bruxelles.

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