‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 111 sur 189 · CHAPITRE DIX-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIEME

Traité avec la Savoie, Mariage du duc de Bourgogne, Paix de Bifide k. Etat de la France & de l'Europe. Mort & tejîament de Chartes IL roi d'Efpagna

A France confervait encor fa fupériorité fur tous fes ennemis, Elle en avait accable quelques-uns , comme la Savoie & le Palatinat. Elle faifait la guerre fur les frontières des autres. C'était un corps puiffant & robufte, fatigué d'une longue réiiflance, & épuifé par fes victoires. Un coup porté à propos l'eût fait chanceler. Quiconque a plufieurs ennemis à la fois, ne peut avoir, à la Ion- v £$ Aa 1 Q

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gue , de falut que dans leur divifion ou dans la paix ; Louis XIV. obtint bientôt l'un & l'autre.

Victor- Amédét duc de Savoie estait celui de tous les princes , qui prenait le plutôt fon parti , quand jLs'agiffait de rompre fes engagemens pour fes intérêts^Ce fut à lui que la cour de France s'adreffa. le comte de Tejfé , depuis maréchal de France , homme habile & aimable , d'un génie fait pour plaire , qui eft le premier talent des négociateurs , agit d'abord fourdement à Turin. Le maréchal de Catinat, auiïi propre à faire la paix que la guerre , acheva la négociation. Il n'était pas befoin de deux nommes habiles , peur déterminer le duc de Savoie à recevoir fes avantages. On lui rendait fon pays : on lui donnait de l'argent : on propofair le mariage de fa fille avec le jeune duc de Bourgogne, fils de Monfeigneur , héritier de la couronne de France. On fut bientôt d'accord : le duc & Catinat conclurent le traité à Notre - Dame de Lorette , où ils allèrent fous prétexte d'un pèlerinage de dévotion, qui ne fit prendre le change à perfonne. Le pape ( c'était alors Innocent XII.) entrait ardemment dans cette négociation. Son but était de délivrer à la fois l'Italie, & des invafions des Français , & des taxes continuelles que l'empereur exigeait pour payer fes armées. On voulait que les Impériaux laifTafTent l'Italie neutre. Le duc de Savoie

s engageait par

le traité à obtenir

cette

neutralité.

L'empereur répondit d'abord par des refus ; car la cour de Vienne ne fe déterminait guère qu'a l'extrémité. Alors le duc de Savoie joignit ïes troupes à l'armée Françaife. Ce prince Revint en moins d'un mois , de généraliflime de l'empereur, généralifîime de Louis XIV* On amena fa filie en France , pour époufer à onze ans le duc de Bourgogne qui en avait treize. Après la défection du duc de Savoie, il arriva, comme à, la paix de Nimègue, que chacun des alliés prit le parti de traiter. L'empereur accepta d'abord la neutralité d'Ita-^

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