‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 120 sur 189 · Chapitre XVII · texte numérisé non relu

Chapitre XVII

Ceux qui efliment plus le mérite d'avoir défendu fa patrie^, & l'avantage d'avoir acquis un royaume fans aucun droit de la nature, de s'y être maintenu fans être aimé, d'avoir gouverné fouverainement la Hollande fans la fubjuguer, d'avoir été l'ame & le chef de la moitié de l'Europe , d'avoir eu les reiîburces d'un général & la valeur d'un foldat , de n'avoir jamais perfécuté perfonne pour la religion , d'avoir méprifé toutes les fuperititions des hommes , & d'avoir été fimple & modefte dans fes mœurs; ceux-là fans doute donneront le nom de grand à Guillaume plutôt qu'à Louis. Ceux qui font plus touchés des plaifirs & de l'éclat d'une cour brillante , de la magnificence, de la protection donnée aux arts, du zèle pour le bien public, de la paflion pour la gloire , du talent de régner ; qui fonp. plus frappés de cette hauteur, avec laquelle des minières & des généraux ont ajouté des provinces à la France , fur un ordre de leur roi ; qui s'étonnent davan- § tage d'avoir vu un feui état réfiiter à tant de puiffancës ; ceux qui eïtiment plus un roi de France qui fait donner l'Efpagne à fon petit-fils, qu'un gendre qui détrône fon beau-père ; enfin ceux qui admirent davantage le protecteur que le pefécuteur du roi Jacques , ceux-là donneront à Louis XIV. la préférence.

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