‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 26 sur 189 · Chapitre IL · texte numérisé non relu

Chapitre IL

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Le Dannemarck , autrefois formidable à la Suède , ne l'était plus à perfonne; & fa véritable grandeur n'a commencé que fous {es deux rois Frédéric 111. & Frédéric IV. La Mofcovie n'était encor que barbare.

Dbs Turcs.

Les Turcs n'étaient pas ce qu'ils avaient été fous les Sélims y les Mahomets , & les Solimans : la mollefle corrompait le ferrail , fans en bannir la cruauté. Les fultans étaient en même tems , & les plus defpotiques des fouverains dans leurs ferrails , & les moins allures de leur trône & de leur vie. Ofman & Ibrahim venaient de mourir par le cordeau.

Mufiapha avait été deux fois dépofé. L'empire Turc ébranlé par fes fecoufTes, était encor attaqua par les Perfans; mais quand les Perfans le biffaient refpirer, & que les révolutions du ferrail étaient finies , cet empire redevenait formidable à la chrétienté v car depuis l'embouchure du Boriflhène jufqu'aux états de Venife, on voyait la Mofcovie , la Hongrie, la Grèce, les ifles, tour-à-tour en proie aux armes des Turcs ; & dès l'an 1644 ils faifaient confkrnment cette guerre de Candie fi funefte aux chrétiens. Telles étaient la fituation , les forces, & l'intérêt des principales nations Européanes, Yers le tems de la mort du roi de France Louis ±111. *

Situation de la France.

La France alliée à la Suède, à la Hollande, à la Savoie , au Portugal , & ayant pour elle les vœux des autres peuples demeurés dans l'inaction , foutenait contre l'Empire & l'Efpagne , une guerre ruineufe aux deux partis, & funefte à la maifon d'Autriche. Cette guerre était femblable à toutes celles qui fe font depuis tant de fiècles entre les princes chrétiens , dans lefquelles des millions

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d'hommes font facririés, & des provinces ravagées pour obtenir enfin quelques petites villes frontières , dont la poiTeffion vaut rarement ce qu'a coûté la conquête.

Les généraux de Louis XI • . avaient pris le Rouffillon; les Catalans venaient de fe donner à la France , protectrice de la liberré qu'ils défendaient contre leurs rois ; mais ces fuccès n'avaient pas empêché que les ennemis n'euiîent pris Corbie en 1637, & ne fuifent venus jusqu'à Pontoife. La peur avait chailé de Paris , la moitié de fes babitans ; & le cardinal de Richelieu, au milieu de fes vaftes projets d'abaifTer la puiiTance Autrichienne, avait été réduit à taxer les portes cochères de Paris , à fournir chacune un laquais pour aller a la guerre , & pour repoufler les ennmris ces portes de la capitale.

Les Français avaient donc fait beaucoup de mal aux Efpsgnols & aux Allemans , & n'en avaient pas moins eiluyé.

Forces de la France après la mort de Louis XIII. et mœurs du tems.

Les guerres avaient produit des généraux ilîufîres , tels qu'un G ufl ave- Adolphe, un Yalflein un duc de Vdmar , Picolomini, Jean de Vert, le maréchal de Guébriant , les princes $ Orange, le comte à'Earcourt. Des miniflres d'état ne s'étaient pas moins fignalés. Le cnancelier Oxenjliern , le comte duc à'Glivarés, mais fur-tout le cardinal de Richelieu avaient attiré fur eux l'attention de l'Europe. Il n'y a aucun fiècle qui n'ait eu des hommes d'état & de guerre célèbres : la politique & les armes femblent malheureufement être les deux proférions les plus naturelles à l 'homme : il faut toujours ou négocier , eu fe battre. Le plus heureux pafTe pour le plus grand, & ie public attribue fouvent au mérite, tcus les fuccès de la fortune.

La guerre ne fe f'aifait pas comme nous l'avons vu Lire du tems de Louis X1K les armées n'étaient pas

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