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îi nombreufes : aucun généaî, depuis le fie'ge de Metz par Charles- (<hiint , ne s'était vu à la tête de cinquante mille hommes : on afïiégeait & on de'fendoit les places avec moins de canons qu'aujourd'hui. L'art des fordrîcations était encor dans fon enfance. Les piques & les arquebufes étaient en ufage ; on fe fervait beaucoup de l'épée, devenue inutile aujourd'hui. Il reftait encor , des anciennes loix des nations, celle de déclarer la guerre par un héraut. Louis XIII. fut le dernier qui obferva ce te coutume : il envoya un héraut-d'armes à Bruxelles, déclarer la guerre à l'Efpagne en 1635. Vous favez que rien n'était plus commun alors que de voir des prêtres commander des armées : le cardinal infant, le cardinal de Savoie , Richelieu , la Vallette , Sourdis archevêque de Bordeaux , le cardinal Théodore Trivulcey commandant de la cavalerie Espagnole, avaient endcffé la cuirafTe , & fait la guerre eux-mêmes. Un évêque de Mendes avait été fouvent intendant d'armée. Les papes me- Ij nacèrent quelquefois d'excommunication ces prêtres guerriers. Le pape Urbain FUI. fâché contre la France, fit dire au cardinal de la Vallette, qu'il le dépouillerait du cardinalat, s'il ne quittait les armes; mais réuni avec la France, il le combla de bénédictions.
Les ambaffadeurs , non moins minières de paix que les eccléfiaftiques, ne faifaient nulle difficulté de fervir dans les armées des puiffmces alliées , auprès defquelles ils étaient employés. Charnacéy envoyé de France en Hollande, y commandait un régiment en 1637, & depuis même, l'ambaffadeur d'Efi rades fut colonel à leur fervice.
La France n'avait en tout qu'environ quatre - vingt mille hommes effectifs fur pied. La marine anéantie depuis des fiècles, rétablie un peu par le cardinal de Richelieu y fut ruinée fous Ma^rin. Louis XIII. n'avait qu'environ quarante- cinq millions réels de revenu ordinaire; mais l'argent était à vingt-fix livres le marc : ces
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quarante-cinq millions revenaient à environ quatre-vingtcinq millions de ce tems , où la valeur arbitraire du marc d'argent eft pouffée jufqu'à quarante- neuf livres & demie ; valeur numér .ire exorbitante , & que l'intérêt public & la juftice demandent qui ne foit jamais augmentée.
Le commerce , généralement répandu aujourd'hui , était en très-peu de mains ; la police du royaume était entièrement négligée , preuve certaine d'une adminiftration peu heureufe. Le cardinal de Richelieu , occupé de fa propre grandeur attachée à celle de4'état , avait commencé à rendre la France formidable au-dehors, fansavoir encor pu la rendre bien florirTante au-dedans. Les grands chemins n'étaient ni réparés , ni gardés : les brigands les infeftaient ; les rues de Paris , étroites , mal pavées, & couvertes d'immondices dégoûtantes, étaient remplies de voleurs. On voit par les regiftres du parlement, que le guet de cette ville était réduit alors à quarante-cinq hommes mal payés, & qui même ne fervaient pas.
Depuis la mort de François II. la France avait été toujours ou déchirée par des guerres civiles , ou troublées par des factions. Jamais le joug n'avait été porté d'une manière paiûble& volontaire. Les feigneurs avaient été élevé dans les confpirations ; c'était l'art de la cour , comme celui de plaire au fouverain l'a été depuis.
Cet efprit de difcorde & de faction avait pafFé de la cour jufqu'aux moindres villes , & poffédait toutes les communautés du royaume : on fe difputait tout , parce qu'il n'y avait rien de réglé: il n'y avait pas jufqu'aux paroifTes de Paris qui n'en vinfïent aux mains ; les procédions fe battaient les unes contre les autres, pour l'honneur de leurs bannières. On avait vu fouvent les chanoines de Notre-Dame , aux prifes avec ceux de la Sainte-Chapelle: le parlement & la chambre des comptes s'étaient battus pour le pas dans Péglife de Notre-
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