Chapitre IV
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heureux prêtre avertit le coadjuteûr , perfécuteur en ce temsrlà du grand Condé. L'entreprife échoua p r la révélation de la confeffion fi ordinaire dans les guerres civiles.
On voit par les mémoires du confeiller d'état Lenct% plus curieux que connus , combien dans ces tems de licence effrénée, de troubles , d'iniquités, & même d'impiétés , les prêtres avaient enccr de pouvoir fur les efprits. Il rapporte qu'en Bourgogne le doyen de la fainte chapelle attaché au prince de Condé , offrit pour tout fecours de faire parler en fa faveur tous les prédicateurs en chaire , & de faire manœuvrer tous les prêtres dans la confeffion.
Pour mieux faire connaître encor les mœurs du tems, il dit que lorfque la femme du grand Condé alla fe réfugier dant Bordeaux , les ducs de Bouillon & de la Rochefoucault allèrent au-devant d'elle à la tête d'une J-} foule de jeunes gentilshommes , qui crièrent à fes oreilles, ; j? vive Condé , ajoutant un mot obfcène pour le Ma%arin , & la priant de joindre fa voix aux leurs.
Un an après , les mêmes frondeurs qui avaient vendu le grand Condé & les princes à la vengeance timide de Maiarin., forcèrent la reine à ouvrir leurs prifons & à chafler du royaume fon premier miniftre. Malaria alla lui-même au Havre où ils étaient détenus ; il leur rendit leur liberté , & ne fut reçu d'eux qu'avec le mépris qu'il en devait attendre ; après quoi il fe retira à Liège. Condé revint dans Paris aux acclamations de ce même peuple qui l'avait tant haï. Sa préfence renouvella les cabales , les diflentions , & les meurtres.
Le royaume refta dans cette combuftion encor quelques années. Le gouvernement ne prit prefque jamais que des partis faibles & incertains : il femblait devoir fuccomber : mais les révoltés furent toujours défunis % & c'eft ce qui fauva la cour. Le coadjuteûr , tantôt ami , tantôt ennemi du prince de Condé , fufcita contre lui
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Siècle de Louis XIV. QS
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une partie du parlement & du peuple : il ofa en même tems fervir la reine en tenant tête à ce prince , & l'outrager en la forçant d'éloigner le cardinal Ma^arin, qui fe retira à Cologne. La reine , par une contradiction trop ordinaire aux gouvernemens faibles , fut obligée de recevoir a la fois fes fervices & fes offenfes , & de nommer au cardinalat ce même coadjuteur, l'auteur des barricades , qui avait contraint la famille royale à forcir de la capitale , & à l'aïïiéger,