‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 48 sur 189 · Chapitre VI. m · texte numérisé non relu

Chapitre VI. m

& des villes impériales , les privilèges des moindres^ gentilshommes Allemans furent confirmés. Le pouvoir de l'empereur fut reftreint dans des bornes étroites , & les Français joints' aux Suédois devinrent leslégiilateurs de l'Empire. Cette gloire de la France était au moins en psrtie due aux armes de la Suède. Gufiave- Adolphe avai: commencé d'ébranler l'Empire. Ses généraux avaient encor poufïr aiïez loin leurs conquêtes fous le gouvernemeut de fa fille Chrijîine. Son général Vrangel était prê1: d'entrer en Autriche. Le comte de Kamigfmarck était maître de la moitié de la ville de Prague , & allégeait l'autre , lorfque cette paix fut conclue. Pour accabler ainfi l'empereur , il n'en coûta guère à la France qu'environ un million par an donné aux Suédois.

Audi la Suède obtint pas^ces traités de plus grands avantages que la France ; ellç.ëiit la Pcméranie, beaucoup de places , Se de l'argent. Elle força l'empereur de faire parier entre les mains des luthériens des bénéfices qui ^ appartenaient aux catholiques romains. Rome cria à l'impiété , & dit que la caufe de Dieu était trahie. Les proteftans fe vantèrent qu'ils avaient fan&ifié l'ouvrage de la paix , en dépouillant des papilles. L'intérêt feul fit parler tout le monde.

L'Efpagne n'entra point dans cette paix , & avec aflez de raifon ; car voyant la France plongée dans.les guerres civiles , le miniflère Efpagnol efpéra profiter des divifions de la France. Les troupes Allemandes licenciées devinrent aux Efpagnols un nouveau fecours. L'empereur depuis la paix de Munfler fit pafTer en Flandre , , en quatre ans de tems , près de trente mille hommes. C'était une violation manifefte des traités • mais ils ne font prefque jamais exécutés autrement.

Les mmiitres de Madrid eurent dans le commencement de ces négociations de Vefrphalie , l'adrefle de faire une paix particulière avec la Hollande. La monarchie Efpagnolefut enfin trop heureufe de n'avoir plus pour enne- \Ô^ P3

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mis , & de reconnaître pour fouverains , ceux qu'elle avait traités fi long-tems de rebelles , indignes de pardon. Ces républicains augmentèrent leurs richefïès , & affermirent leur grandeur & leur tranquillité, en traitant avec l'Efpagne , fans rompre avec la France. Ils étaient fi puifTans , que dans une guerre qu'ils eurent quelque tems après avec l'Angleterre , ils mirent en mer cent vaiffeaux de Ijgne ; & la vi&oire demeura fouvent indécife entre Black l'amiral Anglais , & Tromp l'amiral de Hollande , qui étaient tous deux fur mer ce que les Condé & les Turenne étaient fur terre. La France n'avait pas en ce tems dix vaiffeaux de cinquante pièces de canon qu'elle pût mettre en mer ; fa marine s'anéantiffait de jour en jour.

Louis XIV, fe trouva donc en 1653, maître abfoîu d'un royaume encor ébrafclé des fecouffes qu'il avait ^ reçues; rempli de défordres en tout genre d'adminiflration, mais plein de reffources ; n'ayant aucun allié , excepté la Savoie, pour faire une guerre orfenfive, & n'ayant plus d'ennemis étrangers que l'Efpagne , qui était alors en plus mauvais état que la France. Tous les Français , qui avaient fait la guerre civile , étaient fournis , hors le prince de Condé & quelques-uns de fes partifans , dont un ou deux lui étaient demeurés fidèles , par amitié & par grandeur d'ame, comme le comte de Coligni & Bcuteville ; & les autres , parce que la cour ne voulut pas les acheter affez chèrement.

Condé y devenu général des armées Efpagnoles , ne put relever un parti qu'il avait affaibli lui-même par la deftruâion de leur infanterie aux journées de Rocroi & de Lens. Il combattait avec des troupes nouvelles . dont il n'était pas le maître , contre les vieux régimens Français, qui avaient appris à vaincre fous lui, & qui étaient commandés par Turenne.

Le fort de Turenne & de Condé fut d'être toujours vainqueurs, quand ils combattirent enfemble à la tête

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