‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 51 sur 189 · Chapitre VI · texte numérisé non relu

Chapitre VI

Cromwell ; tandis que fes enfans allaient dans l'armée de Condê & de i^o/72 Juan d 'A utriçhe apprendre le métier de la guerre contre la France qui les abandonnait.

Les enfans de Charles I. chaffés de France fe réfugièrent en Efpagne. Les miniftres Efpagnols éclatèrent dans toutes les cours , & fur-tout à Rome , de vive voix , & par écrit , contre un cardinal , qui facrifiait , difaient-ils , les loix divines & humaines , l'honneur & la religion , au meurtrier d'un roi, & qui chaflait de France Charles II. & le duc &Yor:k , confins de Louis Xiv. pour plaire au bourreau de leur père. Pour toute réponfe aux cris des Efpagnols, on produifit les offres qu'ils avaient faites euxmêmes au protecteur.

La guerre continuait toujours en Flandre avec des fuccès divers. Turenne ayant afliégé Valenciennes , avec le maréchal de la Ferté, éprouva le même revers que Condé avait effuyé devant Arras. Le prince, fécondé alors de & Dom Juan d'Autriche, plus digne de combattre à fes côtés que n'était PArchiduc, força les lignes du maréchal delà Fertéy lepritprifonnier, & délivra Valenciennes. Turenne^ fît ce que Condé avait fait dans une déroute pareille. Il fauva l'armée battue , & fit tête par-tout à l'ennemi ; il alla même un mois après afîiéger & prendre la petite ville de Capelle. C'était peut-être la première fois qu'une armée battue avait ofé faire un liège.

Cette marche de Turenne fi eftimée, après laquelle il prit la Capelle, fut éclipfée par une marche plus belle encor du prince de Condé. Turenne afîiégeait à peine Cambrai, que Condé fuivi de deux mille chevaux perça à travers l'armée des ailiégeants , & ayant renverfé tout ce qui voulait l'arrêter , il fe jeta dans la ville. Les citoyens recurent à genoux leur libérateur. Ainfi ces deux hommes oppofés l'un à l'autre , déployaient les refTources de leur génie. On les admirait dans leurs retraites, comme dans leurs vidoires , dans leur bonne conduite , & dans leurs fautes même , qu'ils favaient toujours réparer. Leur

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