CHAPITRE TREIZIEME
Depuis la mort de Turenne jujqu'à la paip de Nimègue en 1G78*
jla. PRES la mort de Turenne & la retraite du prince de ^ • Condé , le roi n'en continua pas la guerre avec moins d'avantage, contre l'Empire , l'Efpagne & la Hollande. H avait des officiers formés par ces deux grands hommes.
Il avait Lauvois , qui lui valait plus qu'un général , parce que fa prévoyance mettait les généraux en état d'entreprendre tout ce qu'ils voulaient. Les troupes, Iong-tems vi&orieufes , étaient animées du même efprit, qu'excitait encor la préfence d'un roi toujours heureux.
Il prit en perfonne , dans le cours de cette guerre , Condé, Bouchain , Valenciennes , Cambrai. On l'accufa, au fiége de Bouchain , d'avoir craint de combattre le prince d'Orange , qui vint fe préfenter devant lui avec cinquante mille hommes, pour tenter de jeter du feçours dans la place. On reprocha auffi au prince d'Orange , d'avoir pu donner bataille à Louis XIV, & de ne l'avoir pas fait. Car tel eft le fort des rois & des généraux , qu'on les blâme toujours de ce qu'ils font & de ce qu'ils ne font pas; mais ni lui ni le prince d'Orange n'étaient blâmables. Le prince ne donna point la bataille quoi-
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