‹ Siècle de Louis XIVChapitre 18 sur 266 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

la France plus que n'eussent fuit les plus signalées victoires. Le ministère français, qui n'avait contribué en rien à cet événement, en relira sans peine le plus grand avantage quoa puisse avoir contre son ennemi, celui de le voir attaqué par une puissance irréconciliable^.

Le Portugal, secouant le joug de l'Espagne, étendant son commerce et augmentant sa puissance, rappelle ici l'idée de la Hollande, qui jouissait des mêmes avantages d'une manière bien différente.

DES PROVINCES-UMES

Ce petit Etat dos sept Provinces-Unies, pays fertile en pâturages, mais stérile en grains, malsain, et presque submergé par la mer, était depuis environ un demi-siècle un exemple presque unique sur la terre de ce que peuvent l'amour de la liberté et le travail infatigable. Ces peuples pauvres, peu nombreux, bien moins aguerris que les moindres milices espagnoles, et qui n'étaient comptés encore pour rien dans l'Europe, résistèrent à toutes les forces de leur maître Philippe II, éludèrent les desseins de plusieurs princes qui voulaient les secourir pour les asservir, et fondèrent une puissance que nous avons vue balancer le pouvoir de l'Espagne même '2.

Cet Etat, d'une espèce si nouvelle, était depuis sa fondation attaché intimement à la France : l'intérêt les réunissait ; ils avaient les mêmes ennemis; Henri le Grand et Louis XIII avaient été ses alliés et ses protecteurs.

DE l'.VNGLETERRE

L'Angleterre, beaucoup plus puissante, affectait la souveraineté des mers, et prétendait mettre une balance entre les dominations de l'Europe; mais Charles I'^''", qui régnait depuis 1625, loin de pouvoir soutenir le poids de cette balance, sentait le sceptre échapper déjà de sa main; il avait voulu rendre son pouvoir en Angleterre indépendant des lois, et changer

1. Richelieu, (1<"'S 1030, avait en Por- moins de mots et jjlns éloquents Ihistugal des agents qui fomentaient le toire des origines de laliberté et de la mécontentement contre la domination puissance d'un peuple. Voir Prescott, .espagnole. Histoire de Philippe II; L. Motley,

2. Il est diflicilc de résumer eu Histoire du soulèvement des Pays-Bas.

la religion en Ecosse. Trop opiniâtre pour se désister de sesdesseins, et trop faible pour les exécuter, bon mari, bon maître, bon père, honnête homme, mais monarque mal conseillé, il s'engagea dans une guerre civile qui lui fit perdre enfin, comme nous l'avons déjà dit*, le trône et la vie sur un échafaud, par une révolution presque inouïe.

Cette guerre civile, commencée dans la minorité de Louis XIV, empêcha pour un temps l'Angleterre d'entrer dans les intérêts de ses voisins : elle perdit sa considération avec son bonheur ; son commerce fut interrompu ; les autres nations la crurent ensevelie sous ses ruines, jusqu'au temps où elle devint tout à coup plus formidable que jamais, sous la domination de Cromwell, qui l'assujettit en portant l'Evangile dans une main, l'épée dans l'autre, le masque de la religion sur le visage, et qui, dans son gouvernement, couvrit des qualités d'un grand roi tous les crimes d'un usurpateur 2.

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