‹ Siècle de Louis XIVChapitre 19 sur 266 · DE ROME · texte numérisé non relu

DE ROME

Cette balance que l'Angleterre s'était longtemps flattée demaintenir entre les rois par sa puissance, la cour de Rome essayait de la tenir par sa politique. L'Italie était divisée, comme aujourd'hui, en plusieurs souverainetés : celle que possède le pape est assez grande pour le rendre respectable comme prince, et trop petite pour le rendre redoutable^.

Jamais cour ne sut mieux se conduire selon les hommes et selon les temps. Les papes sont presque toujours des Italiens blanchis dans les affaires, sans passions qui les aveuglent; leur conseil est composé de cardinaux qui leur ressemblent,, et qui sont tous animés du même esprit. De ce conseil émanent des ordres qui vont jusqu'à la Chine et à l'Amérique : il embrasse en ce sens l'univers ; et on a pu dire quelquefois ce qu'avait dit autrefois un étranger du sénat de Rome : « J'ai vu un consistoire de rois. » La plupart de nos écrivains se sont élevés contre l'ambition de cette cour; mais je n'en vois point qui ait rendu assez de justice à sa prudence. Je ne sais

1. Essai sur les mœurs, ch. CLXXX. — reine d'Angleterre de Bossiiot et dans Voir Vllistnirc de la révolution d'An- V Histoire de la civilisation en Europe glcterre do Guizot. de Giiizot, k'çon 1.3.

2. Comparer le portrait do Crom- 3. Voiv le llcsumc d'histoire d'Italie ■\vcll daus l'Oraisiin funèbre de la do J. Zollor.

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