CHAPITRE XXI II
tonips. Les Romains, les Golhs, les Vandales, les Sarrasins, les conquirent.
Ils secouèrent le joug des Sarrasins, et se mirent sous la protection de Charlemagne. Ils appartinrent à la maison d'Aragon, et ensuite à celle d'Autriche.
jXous avons vu^ que sous Philippe lY, poussés à bout par le comte duc d'Olivarès, premier ministre, ils se donnèrent à Louis XIII en lô'iO. On leur conserva tous leurs privilèges; ils furent plutôt protégés que sujets. Ils rentrèrent sous la domination autrichienne en 1652, et, dans la guerre de la succession, ils prirent le parti de l'archiduc Charles contre Philippe V. Leur opiniâtre résistance prouva que Philippe V, délivré même de son compétiteur, ne pouvait seul les réduire. Louis XIV, qui, dans les derniers temps de la guerre, n'avait pu fournir ni soldats ni vaisseaux à son petit-fils contre Charles, son concurrent, lui en envoya alors contre ses sujets révoltés. Une escadre française bloqua le port de Barcelone; et le maréchal de Berwick l'assiégea par terre.
La reine d'Angleterre, plus fidèle à ses traités qu'aux intérêts de son pays, ne secourut point cette ville. Les Anglais en furent indignés; ils se faisaient le reproche que s'étaient fait les Romains d'avoir laissé détruire Sagonte. L'empereur d'Allemagne promit de vains secours. Les assiégés se défendirent avec courage.
Ils arborèrent sur la brèche un drapeau noir, et soutinrent plus d'un assaut. Enfin les assiégeants ayant pénétré, les assiégés se battirent encore de rue en rue; et, retirés dans la ville neuve, tandis que l'ancienne était prise, ils demandèrent en capitulant qu'on leur conservât tous leurs privilèges (12 septembre 1714). Ils n'obtinrent que la vie et leurs biens. La plupart de leurs privilèges leur furent ôtés ; Philippe V avait traité plus durement la petite ville de Xativa^ dans le cours de la guerre : on l'avait détruite de fond en comble, pour faire un exemple ; mais si l'on rase une petite ville de peu d'importance, on n'en rase point une grande qui a un beau port de mer, et dont le maintien est utile à l'Etat.
Cette fureur des Catalans, qui ne les avait pas animés quand Charles VI était parmi eux, et qui les transporta
1. Dans ['Essai sur les mœurs , cha- gura, fut rascJe eu 1707, aprôs la bapitre CLXXVli. taillu d'Aluianza. Philippe V fit bàlir
2. Cotte ville de Xativa, dans le sur ses ruines uae autre ville, qu'où royaume de Valence, province de Se- nomme à présent San tulipe, [v.]
quand ils furent sans secours, fut la dernière flamme de l'incendie qui avait ravagé si longtemps la plus belle partie de l'Europe, pour le testament de Charles II, roi d'Espagne.